Grégory Wathelet : « Le public nous a suivis »

Publié par Sébastien Boulanger le 13/07/2026

L’heure du bilan a sonné pour les co-organisateurs du Jumping International de la Province de Namur. Après cinq années à Courrière, cette première édition à Gesves a réussi son pari : le public a répondu présent et le concours a trouvé un nouveau terrain de jeu. Reste désormais à corriger quelques détails et à définir jusqu’où l’événement veut grandir. Si le triumvirat à la tête du JIPN et en parfait accord, sur ce point, les visions divergent légèrement. Ugo Berrittella et Vincent Braeken se verraient bien ajouter une étoile. Grégory Wathelet, lui, préfère d’abord consolider le format actuel et développer toutes les catégories qui font l’identité du concours. Sans pour autant fermer définitivement la porte.

Pour Grégory Wathelet, cette première édition à Gesves a validé l’essentiel : le concours a changé de décor, mais il n’a pas perdu son public.

« Le bilan est excellent. Une réussite totale… même si on ne va pas dire totalement totale, parce qu’il y a toujours des choses qu’on peut améliorer. On en a identifié certaines, assez simples à corriger, et on va se réunir pour les mettre en place. »

Gesves passe son premier grand test

Le changement de site constituait forcément le principal point d’interrogation. Courrière avait son histoire, ses habitudes, son âme. Gesves devait encore faire ses preuves. En quelques jours, le lieu a montré qu’il avait des épaules. Et surtout qu’il savait également endosser une autre identité.

« L’endroit s’y prête. Il a été habillé d’une façon qui a surpris beaucoup de monde. Beaucoup de personnes nous ont félicités et remerciés d’avoir remis cet événement en place ailleurs, avec le même concept. »

Jumping International de la Province de Namur Grégory Wathelet
(Grégory Wathelet et l’un de ses deux acolytes sur le JIPN, Ugo Berrittella.)

Le cavalier organisateur insiste surtout sur la réponse du public. Malgré la chaleur, malgré le football, malgré les habitudes à déplacer de quelques kilomètres, les spectateurs ont rempli les abords de la piste.

« Le public nous a suivis. C’était très important pour nous. Il y avait beaucoup de monde le samedi soir et, le dimanche après-midi, c’était bondé. C’est difficile à quantifier parce que l’endroit est grand, mais cela veut dire que les gens adhèrent, qu’ils ont envie de venir, de revenir et que l’événement continue à exister. Donc, on continue. »

Tout n’était pas parfait. Et personne, dans l’équipe, ne cherche à raconter le contraire. La deuxième piste et le paddock font partie des points déjà identifiés.

« Dès l’année prochaine, la deuxième piste sera entièrement ouverte et le paddock qui emputait celle-ci, sera déplacé. Cette année, ce n’était pas possible, nous le savions. Ce sera corrigé. La grande piste est superbe, grande et espacée. Il reste deux ou trois petites choses à travailler, mais la base est là. »

Jumping International de la Province de Namur
(À l’extrême gauche, Vincent Braeken, l’autre cheville ouvrière de ce JIPN.)

Une troisième étoile ? Pas à n’importe quel prix

Reste l’éternelle question : après une première réussie, faut-il déjà voir plus grand ? Ajouter une étoile, attirer davantage de grands noms et transformer le rendez-vous namurois en demi mastodonte du calendrier ?

Grégory Wathelet ne ferme aucune porte. Mais il ne veut pas non plus sacrifier l’identité du concours sur l’autel de la surenchère.

« Je n’ai pas spécialement envie de plus d’étoiles. Cela ne veut pas dire que cela n’arrivera jamais, mais mon idée est vraiment de conserver ce format et de l’améliorer. »

Le projet passe notamment par les jeunes chevaux. Une place plus importante, des finales mieux construites, mieux dotées et davantage identifiées par les éleveurs et les professionnels.

« On veut vraiment développer les finales des six, sept et huit ans. En faire de vraies finales internationales, avec une ambition, un format mieux calibré et mieux doté. C’est là que je veux développer le concours. »

Monter en gamme aurait aussi une conséquence immédiate : réduire l’accès à certains cavaliers et à certaines familles.

Jumping International de la Province de Namur Grégory Wathelet

« Quand on augmente le nombre d’étoiles, la place n’est pas illimitée. Cela veut dire qu’on prive des gens d’un niveau inférieur de la possibilité de venir. J’ai envie que cela reste ouvert, régional et familial avec le CSI1*, tout en étant plus professionnel avec le CSI2*. »

Autrement dit : grandir, oui. Se renier, non.

Le Jumping de Courrière a déménagé à Gesves. Sa base, elle, n’a pas bougé d’un centimètre.

Jumping International de la Province de Namur

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