Christian Kukuk et Checker 47 : Londres leur appartient toujours

Publié par Sébastien Boulanger le 09/08/2026

Un an plus tard, même ville, même décor et même patron. Christian Kukuk et Checker 47 ont remporté pour la deuxième année consécutive le Grand Prix 5* du Longines Global Champions Tour de Londres. Dans un barrage à quatorze et face à un Scott Brash poussé par tout Royal Hospital Chelsea, le champion olympique allemand a encore trouvé quelques dixièmes cachés sous le tapis. Victoire pour seulement 18 centièmes. Londres espérait un héros britannique. Elle a encore eu droit à Kukuk.

Quatorze au barrage, et pas vraiment le temps de réfléchir

Il fallait déjà avoir les nerfs bien rangés pour sortir indemne de la première manche. Mais ce dimanche à Londres, être sans faute ne suffisait même pas à éclaircir franchement le paysage.

Ils sont quatorze couples à décrocher leur billet pour le barrage de ce Grand Prix 5* à 1,60 m doté d’un million d’euros. Autrement dit : beaucoup de monde, beaucoup de chevaux capables d’aller vite et assez peu de place pour calculer.

Dans les tribunes combles du Royal Hospital Chelsea, les Britanniques ont en plus de sérieux arguments pour rêver d’une victoire à domicile.

Et notamment un certain Scott Brash.

Avec Hello Folie, l’Écossais signe un barrage qui ressemble longtemps à celui d’un vainqueur. Rapide, propre, efficace. Le chrono tombe. 42.32

Scott Brash & Hello Follie

Il ne reste alors plus qu’à attendre.

Les tribunes commencent à y croire. Mauvaise idée quand Christian Kukuk et Checker 47 sont encore dans les parages.

42’’14 : merci, au revoir

Kukuk connaît le scénario.

Mieux : il l’a déjà joué ici.

Douze mois plus tôt, l’Allemand et Checker 47 s’étaient déjà imposés dans la capitale britannique. Cette fois, le champion olympique sait exactement ce qu’il doit faire. Scott Brash vient de placer la barre très haut ? Parfait. Il faut donc aller la chercher.

Christian Kukuk & Checker 47

Et Checker adore manifestement ce genre d’idées.

Le couple allemand attaque. Pas dans la précipitation, mais avec cette impression assez désagréable pour les adversaires que tout peut encore être gratté : une foulée ici, une trajectoire là, quelques centimètres avant le dernier.

À l’arrivée : 42’’14.

Scott Brash est battu de 18 centièmes.

Dix-huit.

Le temps de cligner des yeux un peu trop lentement.

« I’m so, so, so happy », lâchera Kukuk après sa victoire, avant de souligner combien Checker 47 devient exceptionnel lorsque la pression monte. L’Allemand insiste notamment sur son abord du dernier obstacle, où son cheval parvient encore à produire le saut nécessaire malgré une attaque maximale.

Christian Kukuk

Ce n’est plus vraiment une surprise. C’est devenu une spécialité maison.

Checker 47, option mode avion

Il y a les chevaux rapides. Les chevaux respectueux. Les chevaux capables de gagner un Grand Prix 5*.

Et puis il y a ceux qui, lorsqu’un barrage commence à sentir la poudre, semblent comprendre qu’on vient précisément de changer de sport.

Checker 47 appartient depuis longtemps à cette dernière catégorie.

Christian Kukuk & Checker 47

Le fils de Comme Il Faut, avec Come On du côté maternel, champion olympique, n’a évidemment plus grand-chose à prouver au plus haut niveau. Mais Londres rappelle surtout ce qui rend son association avec Kukuk aussi redoutable : lorsque le cavalier décide d’ouvrir les gaz, le cheval ne donne jamais l’impression de subir la décision.

Au contraire.

Kukuk expliquera après l’épreuve que son cheval semble pouvoir « sentir » ces moments particuliers. Une manière assez élégante de résumer le problème posé aux autres : plus l’enjeu grimpe, plus Checker semble apprécier la conversation.

Et dimanche, l’enjeu était plutôt correctement dimensionné.

Brash et Charles avaient pourtant sorti l’Union Jack

Le public londonien pourra toujours se consoler : les Britanniques n’ont franchement pas raté leur Grand Prix.

Brash ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction après la prestation de sa jument, qu’il décrit comme particulièrement à l’aise lorsqu’il faut jouer contre le chronomètre.

Derrière, Harry Charles complète le podium avec Ballypatric Tiberius.

Ballypatrick Tiberius & Harry Charles,

Et là aussi, la performance mérite quelques lignes.

Pour leur premier Grand Prix 5* et leur premier barrage à ce niveau ensemble, Charles et le hongre de dix ans signent un double sans-faute en 43’’29. Troisième place, à un peu plus d’une seconde de Kukuk.

Deux Britanniques sur le podium d’un Grand Prix de Londres : sur le papier, la journée avait tout de la petite fête nationale.

Mais finalement Brash et Charles font un peu figure d’intrus.

Car derrière c’était le championnat d’Allemagne avec Auffarth, Weishaupt et Ahlmann.

Sans oublier un sérieux détail.

L’Allemand sur la première marche.

Londres, épisode II

Cette victoire n’est d’ailleurs pas seulement une jolie ligne supplémentaire au palmarès.

En conservant son titre londonien, Christian Kukuk décroche également son ticket pour le Longines Global Champions Tour Super Grand Prix des GC Prague Playoffs.

Un billet que l’Allemand avait clairement dans un coin de la tête. Troisième précédemment à Riesenbeck, il avait vu l’occasion lui échapper. À Londres, Checker 47 s’est chargé de régler le dossier.

Le voilà donc qualifié.

Et la manière compte presque autant que le résultat.

Car gagner un Grand Prix du Global à un million d’euros c’est déjà faire une bonne affaire. Le gagner deux années consécutives, dans le même décor, face à quatorze barragistes et avec Scott Brash lancé à domicile devant des tribunes pleines, commence à ressembler à une prise de propriété.

Royal Hospital Chelsea est toujours à Londres.

Mais pour la deuxième année consécutive, les clés du Grand Prix repartent en Allemagne.

Christian Kukuk et Checker 47, propriétaires non officiels des lieux.

Christian Kukuk

Retrouvez les résultats complets du Grand Prix LGCT de Londres ici

(Photos © LGCT/juba Buzzola)

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