Trois ans, trois victoires, trois chevaux différents. À ce stade, ce n’est plus une bonne habitude, c’est presque un abonnement premium. Comme l’an dernier, le Derby Laiterie de Montaigu a souri à Camille Condé Ferreira. Cette fois, la Française s’est imposée avec Kairos Romaneira Z, une jument de seulement sept ans, déjà assez grande dans la tête pour avaler les pièges du derby sans demander son reste.
Derrière, Margret Tangerino et Hors Série du Sol ont bien tenté de contester l’affaire, tout comme Marie Dagorne avec Elsa Gravelotte. Mais à l’arrivée, Camille Condé Ferreira a mis tout le monde à cinq secondes. Dans un derby, autant dire une petite éternité.
Kairos, petite jument, grosse réponse
Sur le papier, Kairos Romaneira Z avait tout de la candidate à qui il fallait laisser le temps de découvrir. Sept ans, encore verte pour ce genre d’exercice, un parcours fait de changements de terrain, de passages en extérieur, de talus, de contrebas, d’eau et de petites blagues propres aux derbies. Sauf que la jument a très vite compris le principe : avancer, jouer, sauter, recommencer.
« Je suis assez contente, elle a bien démarré son parcours. J’ai eu les deux premiers sauts assez bien, le troisième moins bien. Je me suis dit : OK, ressaisis-toi, gère-la vraiment correctement pour ne pas faire une faute bêtement », racontait Camille Condé Ferreira après sa victoire.
Et puis, une fois les réglages effectués, place au plaisir. Le vrai. Celui qui fait que les derbies restent des épreuves à part, un peu moins aseptisées, un peu plus vivantes, où le cheval doit autant lire le terrain que suivre la main.
« Après, je me suis régalée sur toute la partie extérieure, forêt, les talus, le contrebas et tout, parce que la jument se prend au jeu. C’est une chouette jument. Et pour s’amuser dans ce genre d’épreuve, c’est extra. »
Le derby, ce terrain de jeu qui ne pardonne pas
Un derby, ce n’est jamais simplement une épreuve avec quelques obstacles de plus. C’est un changement d’ambiance. On sort du cadre, on quitte les lignes bien sages, on traverse l’eau, on saute des profils différents, on demande aux chevaux de réfléchir sans trop ralentir. Bref, on teste la tête autant que les jambes.
Camille le savait, surtout dans la partie du passage d’eau, toujours un moment délicat pour les jeunes chevaux.
« Il y avait le gué. C’est un peu délicat, le changement de sol et le fait de passer dans l’eau. Je voulais quand même me méfier et faire attention à le traverser correctement », expliquait-elle.
La fin de parcours a aussi eu son petit supplément de suspense. Initialement, la cavalière avait envisagé six foulées dans la dernière ligne. Finalement, elle a préféré remettre la main pour en faire sept. Bonne décision, bon feeling, et ce petit brin de réussite qui accompagne souvent les grandes séries.
« J’ai eu un petit peu de chance avec moi. Il en faut des fois », souriait-elle.
Trois sur trois, mais jamais avec le même cheval
Ce qui rend la performance encore plus savoureuse, c’est la manière. Camille Condé Ferreira ne se contente pas de revenir chaque année avec le même cheval pour dérouler sa partition. Elle change de partenaire, remet les compteurs à zéro, et gagne quand même.
« J’arrive forcément avec un peu plus d’expérience que d’autres cavaliers, mais j’essaie de jouer le jeu en changeant de cheval à chaque fois. Et les chevaux me l’ont bien rendu à chaque fois, donc c’est chouette. »
Chouette, oui. Impressionnant, aussi. Car remporter trois fois consécutivement le Derby Laiterie de Montaigu avec trois chevaux différents, cela dit quelque chose d’une cavalière qui sait préparer, sentir et accompagner ses chevaux dans un exercice qui ne laisse pas beaucoup de place à l’approximation.
Un cadeau pour la maison Montaigu
Cette victoire avait aussi une saveur particulière pour Camille Condé Ferreira. L’épreuve portait le nom de son partenaire, La Laiterie de Montaigu, dont plusieurs salariés étaient présents pour l’encourager. Autant dire que le scénario avait tout du joli clin d’œil.
« C’est génial de gagner une fois encore et avec une autre jument. Kairos est une petite jument mais elle a de très belles capacités. Le Derby, c’est vraiment cool. Je m’éclate, surtout avec une jument qui joue le jeu et qui n’a pas du tout été impressionnée malgré ses sept ans. Je suis aussi très heureuse de gagner l’épreuve au nom de La Laiterie de Montaigu, mon partenaire. Les salariés étaient présents aujourd’hui, c’est un beau cadeau pour eux qui nous encouragent toujours beaucoup. C’est aussi une belle récompense pour Caroline Sablereau et son équipe, qui s’investissent beaucoup. »
Troisième victoire d’affilée, troisième cheval différent, et une jument de sept ans qui découvre déjà qu’un derby peut être un immense terrain de jeu. Pour Camille Condé Ferreira, Montaigu commence sérieusement à ressembler à une résidence secondaire.
Et comme elle le glissait avec le sourire, la suite est déjà cochée dans le carnet de route : « Prochaine étape, c’est le gros derby. »
À ce rythme-là, autant prévenir les autres tout de suite.
Find les résultats complets du Derby Laiteriue de Maontaigu à La Baule ici



