À Rotterdam, il faisait 31 degrés, les tribunes cherchaient l’ombre et la Longines League of Nations avait sorti la marmite à pression. Soleil de plomb, piste signée Bart Vonck, rivière piégeuse et dix nations venues jouer gros : l’après-midi avait tout d’un barbecue international. Sauf qu’ici, ce sont surtout les espoirs qui ont grillé.
La fournaise avant la bataille
D’entrée, Karl Cook a donné le ton avec Caracole de la Roque. Propre, net, clinique. Une formalité pour l’Étasunien, comme si la chaleur ne concernait que les autres. Giulia Martinengo Marquet l’a imité, Martin Fuchs aussi, Roy van Beek encore, puis Pieter Devos avec Primo DV. La Belgique pouvait alors se dire que l’affaire commençait plutôt bien. Deux sans-faute dans la musette, un Peter Weinberg pas encore obligé de sortir la calculette.
La rivière sort les crocs
Mais Rotterdam n’a pas tardé à rappeler que la Coupe des nations n’est jamais une balade à vélo, même aux Pays-Bas. Sanne Thijssen et Cupcake Z ont lancé les Oranje avec deux fautes, Ben Maher a mis un pied dans la rivière, Michael Duffy a laissé une barre, Nina Mallevaey a pris huit points avec Destine To Be, tandis que le Brésil s’est mis à collectionner les quatre points comme des timbres. Une faute sur le dernier pour Marlon Modolo Zanotelli, puis Yuri Mansur. Le dernier obstacle avait visiblement des airs de videur de boîte.
La Suisse joue les premiers de classe
La Suisse, elle, a longtemps joué les élèves modèles. Martin Fuchs, Gaetan Joliat, puis Alain Jufer ont signé trois parcours clairs. Joliat, 27 ans, a même profité de l’occasion pour envoyer un CV en recommandé aux sélectionneurs en vue des Mondiaux. Les Pays-Bas ont aussi redressé la barre grâce à Bas Moerings, Willem Greve et Harrie Smolders. Les Britanniques, eux, ont attendu Harry Charles pour respirer enfin. Un sans-faute avec LT Holst Freda, montée depuis quelques semaines seulement, et l’Union Jack reprenait des couleurs.
Les Bleus restent à quai
Pour la France, l’histoire s’est arrêtée trop tôt. Jeanne Sadran et Dexter sortaient avec 12 points, Antoine Ermann ajoutait 4 points, Kevin Staut ne parvenait pas à effacer tout ça malgré son expérience (9pts). Même punition pour l’Allemagne et le Brésil : 12 points au compteur. Mais au jeu cruel du chrono, ce sont les Brésiliens qui ont sauvé leur place, laissant Français et Allemands au vestiaire pour le 2ème round.
La Belgique prend l’eau

La deuxième manche a ensuite fait tomber les masques. Seulement 8 formations reviennent en piste. Karl Cook, lui, a remis le couvert : deuxième sans-faute avec Caracole, double zéro et copie parfaite. Maher redresse la barre et montre l’exemple à la benjamine de le Famille Charles dans cette CDN.

Sienna qui ne tremble pas avec Chawton. Quand au frangin, après un léger rappel à l’ordre sur le numéro 1, il déroule le double sans-faute. Marilyn Little l’imite pour les US avec La Contessa. Martin Fuchs a rejoint le club des doubles sans-faute. Pendant ce temps, les Belges ont vu l’après-midi tourner au vinaigre. Roy van Beek, si brillant en première manche, a explosé avec 13 points. Pieter Devos passe à côté de sa deuxième manche, pas de la rivière. Grégory Wathelet, déjà à quatre points en première manche, a tenté de sauver les meubles avec Bond Jamesbond de Hay. Mais l’agent spécial trébuche avant la rivière. Conséquence ou non, Bond met le pied dans l’eau (aussi) puis emmène la dernière barre avec lui. Huit points lourds. Très lourds.
Rotterdam 2026 ne sera pas Rotterdam 2019 pour la Belgique. La madeleine de Proust avait cette fois un goût de sable chaud et d’occasion manquée.
Harry Charles remet le thé sur le feu
Devant, tout s’est joué sur un dernier frisson. Les Pays-Bas pouvaient encore s’inviter au barrage, mais Mr. Tac a laissé une barre. Une de trop là aussi. Les Oranje glissaient hors du podium et échouait à la 5ème place pour une question de temps alors que trois équipes à 8 points restaient à s’expliquer : Grande-Bretagne, États-Unis, Suisse.

Di Lampard a envoyé Harry Charles au feu. Bon choix. Sans-faute, 31’’18, avec sa jument néo-zélandaise LT Holst Freda. Marilyn Little a répondu pour les États-Unis : sans-faute aussi, mais 31’’25, avec une foulée de plus dans la dernière ligne. Il restait Jason Smith et Picobello van’t Roosakker pour la Suisse. Un seul parcours dans les jambes (le couple avait fait l’impasse après les 3 sans-futes des collègues), une barre qui tremble, le suspense qui tient debout sur un cure-dent. Mais le chrono dit non : 31’’64.
Victoire britannique.
Sous le soleil de Rotterdam, la Grande-Bretagne de Di Lampard, épaulée par Stanny Van Paesschen, a donc fini par mettre tout le monde à l’ombre. Les Américains prennent la deuxième place, la Suisse complète le podium. Et la rivière, elle, pouvait retrouver son calme plat : elle avait largement fait sa journée.
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Photos © FEI/Leanjo de Koster





