Avant les notes, les pourcentages et les calculs de médailles, il fallait passer par les derniers rituels. Inspection vétérinaire au petit matin, familiarisation dans le grand stade ensuite : les quatre dresseurs belges ont vécu un lundi encore relativement tranquille à Aix-la-Chapelle. Justin Verboomen concentré, Wim Verwimp tout sourire et une équipe qui a choisi de rester groupée jusqu’au bout. Comme le résume le chef d’équipe Jeroen Van Lent : « Tout le monde est cool, relax et on est prêts. » Mardi, changement de décor.
Première victoire : tout le monde est « fit to compete »
La journée avait commencé tôt. Pas encore de piaffer, de passage ou de changements de pied à compter, mais le traditionnel rendez-vous de l’inspection des chevaux.
Et dès le matin, les attitudes contrastaient.

Justin Verboomen affichait un visage fermé, déjà dans sa bulle. À quelques mètres de là, Wim Verwimp avait choisi une autre école : grand sourire, détendu, visiblement décidé à profiter de l’instant.
Deux manières d’aborder un Championnat du monde. Même verdict au bout du compte.
Pour le clan belge, l’inspection n’a été qu’une formalité : tout le monde est déclaré « fit to compete ».

Premier obstacle franchi. Sans toucher une barre. Oui, on sait, mauvais sport.
Surtout, le constat du chef d’équipe Jeroen Van Lent est rassurant : « Les chevaux sont en pleine forme. Parfait. »
Voilà pour le bulletin médical.
Quinze minutes pour montrer les fleurs

Une fois les formalités terminées, direction le grand stade.
Les différentes équipes se sont partagé la fin de matinée et l’après-midi par créneaux de quinze minutes. Un quart d’heure pour tâter l’atmosphère du gigantesque écrin d’Aix-la-Chapelle et présenter aux chevaux le rectangle sur lequel les médailles vont bientôt se jouer.

Les tribunes étaient encore vides. Le décor, lui, était déjà bien là.
L’objectif n’était évidemment pas de dérouler le Grand Prix avant l’heure. Il fallait laisser les chevaux regarder, sentir, comprendre. Une entrée, une tribune, un panneau et jusqu’à la moindre fleur potentiellement suspecte : à ce niveau, mieux vaut faire les présentations avant que les juges ne commencent à disséquer.

Les Suédois, les Britanniques, les Allemands et les autres nations se sont ainsi succédé. Patrik Kittel, Isabell Werth et compagnie : chacun son créneau, chacun sa méthode.
Une répétition générale. Sans public. Sans notes. Sans médailles.
Pour l’instant.

Ensemble, jusqu’au bout
Les Belges, eux, ont fait un choix : rester groupés (comme la plupart, pour ne pas dire quasi tout le monde).
Justin Verboomen, Larissa Pauluis, Wim Verwimp et Jeroen Devroe ont effectué leur familiarisation ensemble. Et ce n’était pas simplement le fruit du hasard ou d’un planning bien aligné.

Le choix était assumé.
« On a décidé de prendre tout le monde ensemble parce qu’on pouvait aussi décider de faire cinq minutes, cinq minutes », explique Jeroen Van Lent.
Le chef d’équipe précise d’ailleurs que les Belges avaient déjà effectué une première familiarisation la veille, dans un groupe plus large. Cette fois, en revanche, les quatre représentants étaient bien réunis dans le grand stade.

Parce qu’on est Red Musketeer ou on ne l’est pas.
Et à écouter Van Lent, la stratégie collective semble plutôt bien fonctionner.
« Jusqu’à maintenant, ça se passe bien. On est très contents. Je trouve que tout le monde est cool, relax et on est prêts. »

Sur la piste aussi, rien n’est venu troubler le calme belge. Les quatre couples ont pu découvrir leur futur terrain de jeu sans incident notable. Sans incident du tout même.
Bref, exactement le genre de séance dont on ne parle presque plus une fois le championnat terminé. Et c’est généralement bon signe.

« La tension, ça doit être un peu comme ça »
Évidemment, derrière les sourires et l’apparente tranquillité, le curseur commence doucement à monter.
Parce qu’on peut montrer toutes les fleurs du stade aux chevaux, répéter les entrées et prendre ses repères : à un moment, quelqu’un finit toujours par sonner la cloche.

Et ce moment arrive mardi.
Jeroen Van Lent ne cherche d’ailleurs pas à faire croire que son équipe traverse Aix-la-Chapelle avec le rythme cardiaque d’un cheval au paddock.
« La pression monte quand même. Mais c’est normal, c’est un Championnat du monde. La tension doit être un peu comme ça, ils sont motivés. »
Pas d’alerte rouge pour autant.
« Comparé à d’autres moments, c’est normal. Tout se passe normalement. »
Dans la bouche d’un chef d’équipe à quelques heures du début d’un Mondial, « tout se passe normalement » est probablement l’une des phrases les plus rassurantes que l’on puisse entendre.
Devroe et Verwimp ouvrent le bal
Mardi, donc, on arrête les reconnaissances.
La première partie de l’épreuve par équipes donnera véritablement le coup d’envoi sportif de ces Championnats du monde pour la Belgique.

Jeroen Devroe and Lestor seront les premiers Red Musketeers à entrer dans l’arène, à 11h40. Quelques heures plus tard, Wim Verwimp and Jedai de Massa s’élanceront à 17h20.
Deux passages et déjà deux scores qui commenceront à dessiner le championnat belge.
Il faudra ensuite patienter jusqu’à mercredi pour voir Larissa Pauluis et Justin Verboomen entrer à leur tour dans le rectangle.
Et mercredi soir, les comptes seront déjà faits. Les médailles par équipes seront distribuées.
Oui, déjà.
« Demain, c’est le grand jour. Ça commence », résume Jeroen Van Lent.
Ce lundi, les chevaux pouvaient encore regarder les fleurs, les cavaliers prendre leurs repères et les Belges traverser le stade ensemble.

Mardi, chacun entrera seul.
Et les juges, eux, auront sorti leurs notes.
Le programme du mardi 11 août here
Où suivre les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle ?

En Belgique, les Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle seront à suivre sur RTBF Auvio, qui ne diffusera toutefois pas l’intégralité des épreuves.
Pour ne rien manquer, FEI.TV via ClipMyHorse.TV proposera une couverture plus complète, en direct et à la demande.
Autre possibilité : profiter de l’importante couverture des chaînes allemandes ARD, ZDF et WDR, avec de nombreuses heures de direct et de streaming prévues pendant ces Mondiaux.






