Equita Lyon : les cadors du jumping, les cow-boys et un duel au sommet

Publié par Sébastien Boulanger le 29/10/2026

Steve Guerdat veut enfin cocher Lyon, Martin Fuchs connaît la maison par cœur, les Français rêvent de garder le podium pour eux et Thibeau Spits débarque avec son nouveau statut de vice-champion du monde. Mais du 28 octobre au 1er novembre, Equita Lyon ne se résume pas au saut d’obstacles. En dressage, Justin Verboomen retrouve Isabell Werth pour un duel qui sent la poudre. Ajoutez du western, de l’attelage et un salon XXL : Eurexpo va vivre cinq jours au rythme des sabots.

(Martin Fuchs et Clooney 51 victorieux en 2019. ©FEI/Eric Knoll)

Guerdat veut la totale, Fuchs a déjà les clés

Champion olympique, champion d’Europe, triple vainqueur de la finale de Coupe du monde et désormais champion du monde. À 44 ans, Steve Guerdat possède un palmarès qui ferait passer certaines armoires à trophées pour des meubles de rangement ordinaires. Pourtant, le Suisse n’a toujours pas remporté l’étape lyonnaise de la Coupe du monde. Il avait bien gagné le Grand Prix en 2008 avec Trésor V, mais depuis, il tourne autour. De quoi commencer à trouver la plaisanterie un peu longue.

Richard Vogel, lui, connaît la recette. Le numéro un mondial avait raflé la mise en 2024 et revient cette fois avec Cloudio. Daniel Deusser, vainqueur en 2016, tentera de célébrer les dix ans de son succès. Quant à Martin Fuchs, triple vainqueur en 2018, 2019 et 2021, il connaît tellement bien les lieux qu’on se demande si les organisateurs ne lui ont pas laissé un double des clés.

(En 2024, c’est avec United Touch S que Vogel s’imposait dans la capitale des Gaules. ©FEI Lukasz Kowalski)

Les Français veulent privatiser le podium, Spits n’est pas d’accord

L’an dernier, les Tricolores avaient transformé la Coupe du monde en championnat de France. Olivier Perreau devant Julien Épaillard et Antoine Ermann. Trois Français sur le podium, pas un strapontin pour les autres.

Les trois sont de retour. Perreau avec GL Events Dorai d’Aiguilly, la jument qu’il a fait naître et qui lui avait offert la victoire à domicile. Épaillard avec son habituelle capacité à négocier un barrage comme s’il avait un train à prendre. Et Ermann avec un statut qui ne cesse de grandir.

(©FEI/Lukasz Kowalski)

À surveiller également, Nina Mallevaey. À 26 ans, la Française pointe au huitième rang mondial et retrouve Dynastie de Beaufour, huitième des derniers Championnats du monde. Depuis Pénélope Leprévost en 2015, aucune femme n’a remporté l’étape lyonnaise. Voilà une statistique qui ne demande qu’à prendre sa retraite.

Et les Belges ? Thibeau Spits, évidemment. Vice-champion du monde individuel cet été à Aix-la-Chapelle, le vingtième mondial a changé de dimension. Terminé le costume du jeune talent prometteur. Désormais, il fait partie des types qu’on surveille au paddock. Reste à confirmer face à Ben Maher, Henrik von Eckermann, Piergiorgio Bucci ou encore José María Larocca.

Verboomen contre Werth : le patron face à la légende

En dressage, Lyon nous réserve un joli choc des générations. D’un côté, Isabell Werth, monument allemand de la discipline, cinq fois victorieuse à Lyon et dont le palmarès pourrait remplir un petit musée. De l’autre, pour la Belgique, le Justin Verboomen national, double champion d’Europe en titre, qui avait débarqué l’an dernier avec Zonik Plus pour rafler le Grand Prix et la Libre. Première participation, première démonstration. Pas mal pour un débutant sur la piste lyonnaise.

PC:LukaszKowalski.com

Cette fois, l’Allemande revient avec Wendy de Fontaine, tandis que le Belge retrouve Zonik Plus pour sa première sortie depuis les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Autrement dit, l’expérience XXL face à celui qui bouscule la hiérarchie du dressage mondial.

Derrière ce duel annoncé, la Belge Larissa Pauluis et Flambeau, troisièmes du Grand Prix lyonnais en 2025, auront aussi leur carte à jouer. Tout comme la Néerlandaise Marieke van der Putten et les Français Alexandre Ayache et Alizée Roussel.

Rendez-vous jeudi pour le Grand Prix et vendredi pour la Libre en musique. Avec quinze couples au départ, le dressage ne devrait pas manquer de répondant. Et pour une fois, les Belges auront deux excellentes raisons de suivre Lyon : Spits sur les barres, Verboomen sur le rectangle.

Du dressage aux cow-boys, il n’y a qu’un couloir

À quelques allées de là, changement de décor. Le dressage partage l’affiche avec la Coupe du monde d’attelage à quatre chevaux, où les meneurs doivent négocier des obstacles avec un équipage qui n’a rien d’une petite citadine.

Les poneys ont également leur rendez-vous international avec le FEI Jumping Ponies’ Trophy. Et au pôle western, les chapeaux remplacent les bombes. Au programme : reining, barrel racing, pole bending et notamment la finale du NRHA European Derby. De quoi rappeler que le cheval ne se pratique pas uniquement en pantalon blanc et veste de concours. 

Un salon pour refaire sa garde-robe. Ou vider son compte.

Parce qu’Equita Lyon, c’est aussi 140 000 m² de salon, 750 exposants et éleveurs annoncés et onze carrières. Du matériel dernier cri aux innovations en santé équine, en passant par l’élevage, les spectacles et les animations, il y a de quoi occuper ceux qui ne passent pas leur journée le nez collé aux chronomètres.

Et probablement quelques cavaliers venus « juste regarder » qui repartiront avec une nouvelle couverture, trois tapis et un découvert bancaire. 

Côté jumping, le Longines Grand Prix de vendredi ouvrira les grandes hostilités, les Equita Masters prendront le relais samedi et l’étape de Coupe du monde clôturera le bal dimanche. 

Guerdat, Vogel, Fuchs, Spits et les autres ont tous leurs raisons d’y croire. En dressage, Verboomen et Werth ont rendez-vous pour une confrontation entre deux générations.

Mais à Lyon comme ailleurs, les palmarès ne franchissent pas les obstacles et ne déroulent pas les reprises. Les chevaux, si.

Retrouvez le programme complet here

(Photo cover © FEI/Christophe Tanière)

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