Jeudi, Justin Verboomen avait fait plier Isabell Werth. Vendredi, l’Allemande a remis les pendules à l’heure. Avec son jeune Viva Gold OLD, elle s’impose dans le Grand Prix Freestyle de la Coupe du monde à Equita Lyon, décrochant au passage une huitième victoire record dans l’épreuve lyonnaise. Le Belge et Zonik Plus doivent cette fois se contenter de la deuxième place. Derrière, Larissa Pauluis and Flambeau confirment leur abonnement à la troisième marche du podium. Et avec Wim Verwimp quatrième, la Belgique place trois cavaliers dans le Top 4. On a connu des défaites plus difficiles à avaler.
Werth, huitième merveille de Lyon
Il ne fallait quand même pas croire qu’Isabell Werth allait se contenter de regarder Justin Verboomen lui voler la vedette deux jours de suite.
Jeudi, le Belge avait frappé fort. Avec Zonik Plus, il s’était offert le Grand Prix avec 79,065 %, laissant l’Allemande et son prometteur Viva Gold OLD à la deuxième place avec 77,587 %. Un premier round remporté par le champion d’Europe en titre, qui semblait bien décidé à reproduire son doublé lyonnais de 2025.
Mais Isabell Werth n’a pas traversé quatre décennies de sport de haut niveau pour apprendre à se satisfaire des places d’honneur.
Vendredi, la cavalière allemande a sorti sa partition. Et avec elle, un étalon Oldenbourg de dix ans qui commence sérieusement à faire parler de lui.

Sur une reprise construite autour des musiques de Neil Diamond, Werth a déroulé un Freestyle aussi ambitieux que maîtrisé, terminant son dernier travail au piaffer sur les notes de Sweet Caroline. Le public était debout, l’Allemande affichait un large sourire et les juges n’allaient pas tarder à confirmer ce que tout le monde venait de comprendre.
87,890 %. Nouveau record personnel pour le couple. Et huitième victoire pour Werth dans l’étape lyonnaise de la Coupe du monde.
La reine du dressage allemand venait de reprendre les commandes.
Le plus impressionnant, c’est peut-être que Viva Gold OLD découvrait encore ce niveau d’ambiance dans une étape de Coupe du monde. Petit-fils de Weihegold OLD, l’une des plus illustres partenaires de Werth, le jeune étalon possède manifestement quelques prédispositions familiales.
Depuis ses débuts internationaux en mars, il compte déjà neuf victoires. Pas mal pour un cheval qui découvre encore les exigences du très haut niveau.
Et pourtant, tout n’était pas gagné d’avance. Après sa victoire, Werth reconnaissait avoir été quelque peu inquiète de la réaction de son cheval face à des tribunes remplies. Viva Gold se montrait particulièrement électrique avant d’entrer en piste.

Une fois dans le rectangle, l’électricité s’est transformée en spectacle.
« Je suis tellement heureuse et fière de lui. Il a été fantastique », confiait l’Allemande.
Viva n’est pas un cheval qui promet. Il tient déjà ses promesses.
Verboomen, une revanche à encaisser, un statut à assumer
Pour Justin Verboomen, cette deuxième place aura forcément un petit goût d’inachevé.
Après avoir dominé le Grand Prix, le Belge avait toutes les raisons de croire à un nouveau doublé. D’autant qu’avec Zonik Plus, il avait déjà remporté l’étape lyonnaise de la Coupe du monde en 2025, confirmant alors son installation parmi l’élite mondiale.

Vendredi, le duo a une nouvelle fois proposé une reprise de haut niveau. Les notes artistiques et techniques ont suivi, et le score de 85,810 % lui a permis de prendre largement la tête du classement provisoire.
Mais cette fois, la mécanique n’était pas aussi fluide que la veille.
Zonik Plus s’est montré un peu plus tendu, rendant certaines connexions plus difficiles à retrouver. Le Brabançon reconnaissait lui-même que les sensations avaient été moins bonnes.
À ce niveau, les petits détails finissent toujours par peser lourd. Et lorsqu’une certaine Isabell Werth attend encore son tour, mieux vaut éviter de lui laisser la moindre ouverture.
L’Allemande ne s’est pas fait prier.
Avec 2,080 points de pourcentage d’avance, elle a inversé le scénario de la veille et décroché une victoire incontestable.
Reste que cette deuxième place confirme une chose : Justin Verboomen n’est plus l’outsider qui vient bousculer les grandes nations du dressage.
Depuis ses titres européens à Crozet, le Belge a changé de dimension. Il est désormais celui que tout le monde observe, analyse et cherche à battre.

Jeudi, il a dominé Werth. Vendredi, Werth a pris sa revanche.
Un partout. Et quelque chose nous dit que ce duel n’a pas livré son dernier épisode.
Larissa Pauluis, troisième étage, vue imprenable
Pendant que Werth et Verboomen se disputent les sommets, Larissa Pauluis semble avoir trouvé une adresse qui lui convient particulièrement bien à Lyon.
La troisième marche du podium.
Jeudi, elle y était. Vendredi, elle y est retournée. À ce rythme, les organisateurs pourraient presque lui attribuer un emplacement réservé.
Blague à part, la performance de la Belge et de Flambeau mérite bien plus qu’un simple sourire.
Après avoir signé un nouveau record personnel dans le Grand Prix avec 74,630 %, le couple a confirmé dans le Freestyle en obtenant 80,530 %. Une note qui lui a permis de devenir le premier duo de l’après-midi à franchir la barre symbolique des 80 % et de prendre provisoirement la tête de l’épreuve.

Il aura fallu attendre le passage des deux monstres sacrés pour voir Pauluis reculer au classement.
La troisième place était acquise.
À seize ans, Flambeau continue donc de tenir tête à une concurrence toujours plus relevée. Le partenaire olympique de Larissa Pauluis semble même avoir trouvé une forme de seconde jeunesse, fruit d’une complicité construite au fil des saisons.
La cavalière belge ne manque pas de souligner que son cheval continue de progresser malgré son âge. Un partenaire pas toujours facile dans ses jeunes années, mais avec lequel la relation n’a cessé de se renforcer.
Et c’est peut-être là que réside la véritable performance.
Car dans une discipline où les chevaux arrivent souvent à maturité tardivement, où la confiance se construit dans la durée et où chaque détail technique compte, la régularité devient une arme redoutable.
Pauluis et Flambeau ne réalisent pas simplement un bon concours. Ils enchaînent les résultats solides et confirment leur capacité à se maintenir parmi les meilleurs.
Deux épreuves, deux troisièmes places.
Larissa Pauluis, semble avoir décidé de collectionner les podiums lyonnais.

Wim Verwimp, l’invité qui a failli s’incruster sur le podium
Et puisqu’on parle de Belgique, il serait injuste d’oublier celui qui a bien failli transformer le podium en réunion de famille.
Dernier concurrent à entrer en piste, Wim Verwimp avait une mission compliquée avec Jedai de Massa : faire mieux que ses compatriotes déjà confortablement installés aux avant-postes.
Le Belge a livré une reprise convaincante, marquée notamment par la qualité du piaffer et du passage de son partenaire. Résultat : 80,455 %, un nouveau record personnel.
Et une quatrième place.
À seulement 0,075 point de pourcentage de Larissa Pauluis.
Autant dire que la troisième marche du podium a échappé à Verwimp pour presque rien. Mais cette quatrième place constitue elle aussi une performance de premier ordre.
D’autant qu’elle donne une tout autre dimension au résultat collectif belge.
Derrière Werth, on retrouve Verboomen, Pauluis et Verwimp. Deuxième, troisième, quatrième.
Trois Belges dans les quatre premiers d’une épreuve de Coupe du monde.
Il fut un temps où placer un seul cavalier belge sur le podium d’une grande compétition internationale de dressage suffisait à faire événement.
Aujourd’hui, la Belgique peut presque se permettre de regretter de ne pas avoir monopolisé les trois marches.
Avec les cavaliers de Jeroen Van Lent, le dressage belge a changé de dimension.
Et il commence sérieusement à prendre de la place.
La prochaine grande échéance du circuit sera Stuttgart, le 14 novembre, avant une finale de Coupe du monde programmée à Göteborg en mars 2027. Après Lyon, Werth occupe la sixième place de la Ligue d’Europe occidentale, dont le classement est actuellement emmené par le Français Alexandre Ayache.
Retrouez les résultats complets du Grand Prix Freestyle de Coupe du monde here

(Photos ©FEI/Lucasz Kowalski)



