Justin Verboomen remet Lyon à ses pieds, la Belgique s’offre le podium

Publié par Sébastien Boulanger le 29/10/2026

Deux mois et demi après les Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, Justin Verboomen et Zonik Plus ont retrouvé les rectangles de compétition avec une victoire dans le Grand Prix de Lyon. Un succès à 79,065 %, devant Isabell Werth, qui confirme que le couple belge n’a rien perdu de son efficacité. Mais l’autre belle histoire du jour porte le nom de Larissa Pauluis. Troisième avec Flambeau et un record personnel à la clé, la cavalière contribue à une performance collective plutôt réjouissante : avec Wim Verwimp cinquième, trois Belges figurent dans le top 5. De quoi envisager le Freestyle de vendredi avec quelques ambitions.

Zonik Plus retrouve ses bonnes habitudes

Lyon et Justin Verboomen commencent à entretenir une relation assez particulière. En 2025, le Brabançon avait quitté Equita avec les deux victoires du week-end, un Grand Prix à 81,195 % et un Freestyle à 87,075 %. Douze mois plus tard, le décor est identique, mais le contexte a changé.

Entre les deux éditions, Verboomen et Zonik Plus ont découvert une nouvelle forme de pression. Celle qui accompagne les couples dont on n’attend plus simplement une belle performance, mais une médaille à chaque sortie. Aux Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, en août dernier, le Belge avait terminé deuxième du Grand Prix avec 80,885 %, avant de manquer de peu le podium du Freestyle, quatrième avec 88,439 %.

Un résultat qui aurait ressemblé à un aboutissement pour beaucoup. Pour un couple devenu champion d’Europe l’année précédente, il laissait forcément un goût un peu différent.

Lyon marquait donc le retour à la compétition de Zonik Plus après cette campagne mondiale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’étalon de dix ans n’a pas eu besoin d’une longue remise en route.

Avec 79,065 %, Verboomen remporte le Grand Prix devant Isabell Werth et Viva Gold OLD, crédités de 77,587 %. Près d’un point et demi d’avance sur l’Allemande, cavalière la plus médaillée de l’histoire olympique du dressage. On vous laisse juger la référence.

Le score reste inférieur à celui de l’an dernier, mais la victoire possède une autre valeur : celle d’un retour maîtrisé après une échéance mondiale particulièrement exigeante.

Verboomen avait d’ailleurs évoqué, avant son arrivée à Lyon, sa volonté de retrouver davantage de plaisir et de décontraction avec son cheval. Une manière de remettre la relation au centre du travail, loin de la mécanique parfois étouffante des grandes compétitions.

Le résultat donne déjà quelques arguments à cette approche.

Larissa Pauluis et Flambeau, la performance qui mérite qu’on s’y attarde

Si la victoire de Verboomen attire naturellement les projecteurs, la troisième place de Larissa Pauluis raconte une histoire tout aussi intéressante.

Avec Flambeau, son hongre de seize ans, la Belge signe un Grand Prix à 74,630 %. Un record personnel pour le couple dans cette épreuve en Coupe du monde, qui lui permet de devancer notamment la Néerlandaise Marieke van der Putten et Kuvasz RS2, quatrièmes avec 73,456 %.

Une performance d’autant plus appréciable que Flambeau n’en est plus à ses premières saisons internationales. À seize ans, le cheval continue d’évoluer à un niveau qui exige autant de qualités physiques que de disponibilité mentale. Et Pauluis semble avoir trouvé les moyens d’en exploiter encore davantage le potentiel.

Aux Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, le couple avait décroché sa qualification pour le Freestyle individuel, terminé à la quatorzième place avec 76,432 %. Deux mois et demi plus tard, le Grand Prix lyonnais confirme que le travail se poursuit dans la bonne direction.

La cavalière connaît d’ailleurs parfaitement le terrain. En 2025, elle avait déjà pris la troisième place du Freestyle de Lyon avec 79,560 %. La voilà de nouveau sur le podium, cette fois dans le Grand Prix, avec un record personnel.

La progression ne se mesure pas uniquement au nombre de victoires. Dans une discipline où les carrières se construisent sur des années et où chaque fraction de pourcentage se travaille parfois pendant des mois, ce genre de résultat mérite mieux qu’une simple ligne au classement.

Trois Belges dans les cinq premiers, une statistique qui commence à parler

Et puisque la journée avait décidé de sourire aux couleurs belges, Wim Verwimp a lui aussi apporté sa contribution.

Associé à Jedai de Massa, il prend la cinquième place avec 71,891 %, juste derrière Marieke van der Putten et devant la Portugaise Maria Caetano, sixième avec Hit Plus et 71,630 %.

Trois Belges dans les cinq premiers d’un Grand Prix de Coupe du monde. Le genre de classement qu’on aurait accueilli avec un certain étonnement il y a encore quelques saisons.

Les temps changent…

À Lyon, les résultats prolongent la dynamique d’Aix. Verboomen apporte les victoires et la visibilité. Pauluis installe une régularité de plus en plus convaincante. Verwimp démontre qu’il existe également des ressources derrière les deux couples les plus médiatisés.

Un cheval exceptionnel peut transformer la carrière d’un cavalier. Trois couples dans le top 5 d’une étape de Coupe du monde commencent à raconter quelque chose de plus collectif.

Isabell Werth n’a pas dit son dernier mot pour autant

Au milieu de cette ambiance de 21 juillet, Isabell Werth occupe une position qui mérite aussi l’attention.

Avec Viva Gold OLD, un étalon de dix ans issu de Vivaldi, l’Allemande termine deuxième avec 77,587 %. Une prestation qui confirme la montée en puissance de cette association, même si elle doit cette fois s’incliner devant Verboomen.

Et l’écart entre les deux premiers laisse présager un Freestyle intéressant.

Le Grand Prix et la Libre obéissent à des logiques différentes. Dans l’épreuve musicale, les difficultés techniques, leur agencement, la chorégraphie et l’interprétation artistique peuvent modifier sensiblement les rapports de force.

Verboomen possède déjà de solides références dans cet exercice. Sa victoire lyonnaise de 2025, obtenue avec 87,075 %, en est une. Son 88,439 % aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle en constitue une autre.

Mais Werth connaît suffisamment les grandes échéances pour ne pas considérer une deuxième place dans le Grand Prix comme une sentence définitive.

Et Larissa Pauluis, troisième du Freestyle l’an dernier, aura elle aussi des arguments à faire valoir.

Vendredi, la musique change la donne

Le rendez-vous est fixé à demain, à partir de 13 h 15, pour le Grand Prix Freestyle, épreuve qui distribuera les points de cette étape de Coupe du monde.

Pour Verboomen, l’objectif sera de prolonger cette rentrée victorieuse avec Zonik Plus. Pour Pauluis, de transformer son excellent Grand Prix en une nouvelle référence dans la Libre. Quant à Verwimp, il cherchera à confirmer sa place parmi les meilleurs du concours.

Le dressage belge a longtemps cherché un cavalier capable de regarder les Allemands et les Néerlandais dans les yeux. Il en a désormais plusieurs.

Et c’est peut-être cela, la véritable nouvelle de ce jeudi lyonnais.

(📷©️ Equita Lyon/GL Events)

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