La France remet La Baule à l’endroit, quand la Belgique souffle le chaud et le froid.

Publié par Sébastien Boulanger le 12/06/2026

Neuf ans après, la France a de nouveau remporté sa Coupe des Nations à La Baule. Au terme d’un après-midi à rebondissements, les Bleus ont devancé l’Allemagne et l’Irlande, portés par un Julien Épaillarddécisif avec Fringan de Vesquerie et un Antoine Ermann au sommet avec Floyd des Prés. Dans le stade François-André, le public a rugi, et La Baule a retrouvé son accent tricolore.

(©Rolex Series)

Une victoire qui ne s’est pas offerte toute seule

À La Baule, les Coupes des Nations ont rarement le bon goût d’être linéaires. Elles commencent souvent avec des certitudes, se poursuivent avec des mines crispées, et se terminent parfois avec des cavaliers qui découvrent qu’un après-midi peut basculer sur une barre, un point de temps ou un cheval qui décide de devenir très grand au bon moment.

Vendredi, pour le troisième escale du calendrier des Rolex Series, la France n’a pas juste gagné. Elle a construit, résisté, attendu son heure, puis sauté sur l’occasion quand l’Allemagne a commencé à ouvrir la porte.

Car pendant un moment, les Allemands semblaient installés dans le fauteuil du patron. Le genre de fauteuil large, confortable, avec vue sur la victoire. Sauf que la deuxième manche a rappelé une vieille règle du sport : quand tout paraît sous contrôle, c’est souvent là que le scénario commence à écrire tout seul. Hinners double sans faute avec Iron Dames Singclair, Idem pour Thieme avec DSP Chakaria.

Puis ça s’est compliqué pour la Mannschaft…

Sans faute en première manche Daniel Deusser ne parvient pas a rééditer en deuxième manche avec Otello de Guldenboom. 4 points. Et il ne fallait pas compter sur le champion d’europe et son prodige United Tuch S pour rattraper le coup aujourd’hui. Le Couple vainquer du GP d’Aix il y a quelques semaines ne fait pas mieux que 12 et 4 points. Il y a des jours comme ça.

La France, elle, a su rester debout. Et à La Baule, devant un public français qui n’attendait que ça depuis neuf ans, debout, c’était déjà beaucoup. Gagnante, c’était énorme.

Épaillard, l’homme qui ne cligne pas

Dans cette victoire, il y a un nom qui ressemble à une garantie bancaire : Julien Épaillard. Associé à Fringan de Vesquerie, le Normand a signé le double sans-faute dont rêve toute équipe dans une Coupe des Nations. Deux passages propres, deux réponses nettes, deux fois la même impression : celle d’un cavalier qui sait exactement ce qu’il est venu faire.

Pas besoin d’en rajouter. Pas besoin de faire semblant. Épaillard a simplement posé deux tours de patron sur la pelouse bauloise. Dans une compétition où les fautes se sont invitées un peu partout, ce genre de prestation ne vaut pas seulement zéro au tableau d’affichage. Elle vaut de l’air pour les coéquipiers, de la confiance pour le chef d’équipe et quelques décibels supplémentaires dans les tribunes.

Fringan de Vesquerie, lui, a répondu comme un cheval qui n’avait pas trop envie de participer au débat. Là où d’autres hésitent, lui saute.

Antoine Ermann, le deuxième acte en grand format

Et puis il y a Antoine Ermann. Avec Floyd des Prés, le Français avait laissé un petit point de temps en première manche. Rien de dramatique, mais dans une Coupe des Nations, chaque détail se range dans la colonne des choses qui peuvent finir par coûter cher.

En deuxième manche, il n’a pas laissé de place au suspense. Sans-faute. Propre. Précieux. Le genre de tour qui ne fait pas forcément exploser le classement tout seul, mais qui change la température d’un après-midi. Dans une équipe, il y a les locomotives, les sécurités, les soldats et les accélérateurs de momentum. Vendredi, Ermann a été un peu tout cela à la fois.

« Remporter la Coupe des Nations à La Baule est quelque chose de très spécial », confiait-il ensuite. « Le faire devant le public français rend ce moment encore plus mémorable. »

La phrase est simple, mais elle dit tout. La Baule, pour les Français, ce n’est pas une étape comme les autres. C’est une maison de famille avec des tribunes, une piste en herbe et une mémoire parfois un peu encombrante. Neuf ans sans victoire à domicile, ça finit par peser. Vendredi, Antoine Ermann et Floyd des Prés ont contribué à retirer le sac du dos.

Perreau solide, Mallevaey dans le dur

Olivier Perreau a lui aussi joué un rôle important dans le retour français. Avec Dorai d’Aiguilly, il avait concédé quatre points en première manche avant de remettre les pendules à l’heure au second passage. Sans-faute. Travail terminé. Le genre de correction qui compte dans une Coupe des Nations, parce qu’elle empêche la journée de basculer du mauvais côté.

Nina Mallevaey et Dinastie de Beaufour ont connu un scénario invers (0-4 pts). Mais c’est aussi la loi de ces compétitions par équipes : personne ne traverse toujours deux manches sans une secousse. L’essentiel, pour la France, est ailleurs. Quand il a fallu serrer les rangs, les Bleus ont trouvé les épaules pour le faire.

Et c’est précisément ce qui a fait la différence.

L’Irlande ressuscite

L’Irlande, elle, a signé le mouvement inverse à l’Allemagne. Après une première manche loin d’être idéale, les Irlandais ont redressé la barre avec trois sans-faute lors du deuxième passage. Du très irlandais, au fond : pas toujours impeccable au départ, rarement largués à l’arrivée. Ils complètent le podium avec cette capacité à transformer une mauvaise histoire en résultat respectable.

La Belgique cinquième, entre regrets et préparation

Côté belge, la journée s’est terminée sur une cinquième place. Un résultat mitigé pour les Red Musketeers, capables de bonnes choses mais trop irréguliers pour viser le podium. La première manche avait mal commencé avec les 16 points de Nicola Philippaerts et Katanga van het Dingeshof, avant un meilleur deuxième passage à quatre points.

La vraie satisfaction belge est venue de Pieter Devos et Casual DV Z, auteurs du seul double sans-faute de l’équipe. « Je suis super content de ma jument », résumait le cavalier belge. « Elle a sauté deux tours vraiment très bien. Avec une équipe tellement forte, tu espères toujours mieux, mais ce n’était pas si facile. Il y avait des fautes partout. »

Gilles Thomas et Ermitage Kalone ont également laissé une impression positive, avec un sans-faute et un point de temps. Pour le cinquième cavalier mondial, l’essentiel était surtout de voir son cheval revenir dans le bon rythme après une période plus calme.

Même logique pour Grégory Wathelet et Bond Jamesbond de Hay, encore en manque de condition, mais rassurant dans l’attitude.

Peter Weinberg, le chef d’équipe belge, ne tirait d’ailleurs pas de conclusion définitive. La sélection pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle se jouera plus tard, après Rotterdam et Valkenswaard. « Le plus important, c’est août », rappelait-il. Et à deux mois d’un championnat du monde également qualificatif pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, la Belgique sait que le vrai verdict n’était pas celui de La Baule.

Find les résultats complets de la Coupe des Nations de La Baule ici

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