Olivier Philippaerts et Miro, 65 secondes pour remettre les pendules à l’heure

Publié par Sébastien Boulanger le 29/08/2026

Partir deuxième, claquer 65’’40 et passer le reste de la soirée à regarder les autres se casser les dents sur votre chrono. Vendredi soir, Olivier Philippaerts et Miro ont choisi une méthode assez simple pour décrocher le 1,50 m au chrono du CSI 5* des Brussels Stephex Masters. Une victoire belge, la première de la semaine à ce niveau à Bruxelles, mais surtout une victoire qui tombe à point nommé pour un cavalier qui ne cache pas avoir trouvé le temps un peu long depuis son dernier succès.

Brussels Stephex Masters Olivier Philippaerts - Miro

65’’40. Merci, au revoir

Pas vraiment le temps de prendre des notes. Vendredi soir, Olivier Philippaerts est le deuxième à s’élancer sur la « Grand Place », après le forfait d’Andres Azcarraga. Autant dire qu’au moment de franchir la ligne de départ, le Belge navigue presque à vue.

Pas grave. Avec Miro, qu’il connaît par cœur, Philippaerts attaque son parcours sans calculer. Les virages sont courts, le galop file et le chrono tombe : 65’’40.

Brussels Stephex Masters Olivier Philippaerts - Miro

L’épreuve vient à peine de commencer que tout le monde sait déjà ce qu’il reste à faire : aller chercher Olivier.

Pour le Belge, une longue attente à suivre.

Car derrière, il restait du beau monde. Beaucoup de beau monde. Mais le chrono n’a pas bougé. Il a tremblé, certes. Surtout lorsque la Suissesse Nadja Peter Steiner, quasiment en fin d’épreuve avec Clearround Il Mondo Z, a arrêté le compteur à 65’’58.

Dix-huit centièmes.

À ce niveau-là, c’est moins un écart qu’un battement de cils.

Simon Delestre and Golden Boy DK ont terminé troisièmes en 66’’00, devant Rodrigo Pessoa et Hard’Rock Af en 67’’65, puis Harrie Smolders and Estrello EH Z en 69’’42. Huit couples seulement ont bouclé le parcours sans la moindre pénalité.

Et au milieu de tout ça, le 65’’40 de Philippaerts est resté debout.

Miro, le vieux copain qui répond toujours présent

Pour aller vite, encore faut-il avoir le cheval avec lequel on peut se permettre d’y aller.

À 14 ans, Miro n’a évidemment plus grand-chose d’un débutant. Le hongre BWP né en 2012, fils de Diamant de Semilly et d’une mère par Kannan, évolue avec Olivier depuis presque sept ans. Et l’histoire du couple a déjà produit quelques soirées sérieuses. Quatre victoires internationales pour le couple avant vendredi soir, dont le Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Stockholm en 2024.

Brussels Stephex Masters Olivier Philippaerts - Miro

Surtout, Miro semble avoir retrouvé une période où tout paraît plus facile.

« Miro, ça fait déjà un moment qu’il est vraiment en forme », nous explique Olivier Philippaerts après sa victoire. « J’ai eu de super beaux moments. J’ai gagné le Grand Prix à Stockholm, après les championnats d’Europe. […] Ces derniers temps, il est en super forme. »

Le Belge ne cache pourtant pas avoir fait évoluer le rôle de son complice. Longtemps poussé comme cheval de tête, Miro est désormais davantage utilisé comme deuxième cartouche.

« J’ai le sentiment que, comme premier cheval, c’est un niveau un peu trop haut en ce moment », reconnaît Philippaerts.

Pas vraiment une rétrogradation. Plutôt une nouvelle fiche de poste. Et visiblement, le salarié a bien lu son contrat.

« Ça marche un peu sur l’esprit »

Mais derrière le joli chrono et la victoire à domicile, il y avait aussi autre chose vendredi soir. Une forme de soulagement.

Parce que gagner reste la drogue légale du cavalier de haut niveau. Et lorsque les victoires s’espacent, même les plus expérimentés finissent par compter les jours.

« Ça fait un moment que je n’avais plus gagné une épreuve. Alors oui, ça fait plaisir », reconnait Philippaerts. « Gagner une épreuve le soir, avec tous les Belges ici à côté, ça fait énormément plaisir. »

Brussels Stephex Masters Olivier Philippaerts - Miro

Le contexte des derniers mois n’a pas forcément aidé. Plusieurs chevaux ont été vendus, il a fallu reconstruire une hiérarchie et préparer la relève. Miro a dû assumer le rôle de numéro un alors que son cavalier le juge aujourd’hui plus à l’aise dans une position de deuxième cheval.

Et forcément, lorsque les résultats tardent à se transformer en victoires, la petite musique commence à tourner.

« Comme athlète, tu viens en concours, tu fais des classements pour gagner des épreuves. Et quand tu ne gagnes pas pendant un moment, ça marche un peu sur l’esprit. »

Voilà peut-être pourquoi ce 65’’40 compte davantage qu’une ligne supplémentaire dans un palmarès.

Bruxelles attendait son Belge

Il y avait aussi le décor.

Le Brussels Stephex Masters avait beau se dérouler à domicile, aucune victoire belge n’était encore tombée cette semaine dans les épreuves du CSI 5*. Vendredi soir, Philippaerts a donc réparé l’anomalie.

Et il ne l’a pas fait dans un coin discret du programme : une 1,50 m au chrono, sous les lumières, devant un public largement acquis à sa cause et face à une liste de départ où se promenaient quelques noms capables de transformer n’importe quelle vitesse en règlement de comptes.

Le genre de victoire qui ne change peut-être pas une carrière, mais qui change franchement une soirée.

« Je suis super content. Je veux juste profiter d’aujourd’hui et après, on verra ce qui se passe demain. »

Programme raisonnable.

Brussels Stephex Masters Olivier Philippaerts - Miro

Maintenant, Hipster

Car pour le Grand Prix, Miro laissera la place à Hipster SV, que Philippaerts monte depuis janvier.

Le Belge avance prudemment avec ce cheval encore relativement neuf à ce niveau. À Dublin, le couple avait notamment signé un sans-faute en Coupe des Nations. À Bruxelles, Philippaerts estime que les choses commencent progressivement à se mettre en place.

« J’ai le sentiment que c’est en train de venir. On va faire le meilleur plan pour dimanche. »

Pas question, en revanche, de lui coller dès maintenant l’étiquette de cheval de championnat. .

« Aujourd’hui, le plus important, c’est qu’il commence à être régulier dans les Grands Prix cinq étoiles. C’est la première étape.  C’est trop tôt pour dire si c’est un cheval de championnat ou pas. »

Les championnats d’Europe de l’année prochaine sont forcément quelque part dans un coin de la tête — « un championnat que tous les Belges veulent », glisse Philippaerts, mais l’heure n’est pas encore aux grandes proclamations.

Vendredi soir, il y avait beaucoup plus simple à savourer.

Un vieux complice. Un public belge. Un chrono posé presque avant que la soirée ait commencé. Puis 35 autres concurrents pour essayer de faire mieux.

Personne n’y est arrivé.

Et parfois, après une période où gagner s’était fait un peu trop rare, 18 centièmes suffisent largement au bonheur.

Retrouvez les résultats complets de l’épreuve here

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