Une semaine après La Baule, ses tribunes en fusion et sa Marseillaise bien rangée dans la boîte à souvenirs, les Bleus remettent le casque. Direction Rotterdam, son grand rectangle de sable, son Kralingse Bos et son Officiel des Pays-Bas qui n’a rien d’une promenade à vélo. Cette fois, la Coupe des nations compte pour la Longines League of Nations. Traduction : les barres valent cher, les points encore plus.

Après La Baule, fini le champagne
La France arrive aux Pays-Bas avec le sourire de ceux qui ont gagné à domicile. À La Baule, les hommes d’Édouard Coupérie ont remporté la Coupe des Nations Barrière, le grand temps fort de l’Officiel de France, et ont signé leur premier succès dans l’épreuve depuis 2017. Parfait pour la confiance, dangereux pour l’excès de confort. Le sport adore remettre les compteurs à zéro quand on commence à se regarder dans le miroir.
À Rotterdam, l’enjeu change de costume. Ce n’est plus seulement un grand CSIO avec du standing et des habitudes de vieux monument européen. C’est la troisième étape qualificative de la Longines League of Nations 2026, programmée vendredi 19 juin, dans un circuit où la route vers Barcelone commence déjà à rétrécir sérieusement.
L’Allemagne devant, la France en chasse
Au général, l’Allemagne mène la danse avec 190 points, devant la France, deuxième avec 155 points, et l’Irlande, troisième avec 150. Autant dire que les Bleus sont bien assis, mais pas encore installés dans un canapé. Derrière, ça pousse. Rotterdam ressemble donc moins à une étape de transition qu’à un péage autoroutier : tu passes propre, ou tu commences à compter tes pièces.
Pour les Néerlandais, l’affaire est encore plus croustillante. Les Oranje jouent à domicile, dans un concours qui a toujours ce petit parfum de grand rendez-vous à l’ancienne. Avantage maison, oui. Garantie maison, non.

Et pour les Belges, la petite madeleine
Rotterdam, pour les Belges, ce n’est pas seulement un point GPS entre deux canaux et trois polders. C’est une madeleine de Proust. En 2019, c’est ici, aux championnats d’Europe, que Pieter Devos, Jos Verlooy, Jérôme Guery et Grégory Wathelet avaient offert à la Belgique le premier titre européen par équipes de son histoire en saut d’obstacles. L’or devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Pas exactement une anecdote de buvette.

Sept ans plus tard, le décor est différent, mais la mémoire colle encore aux bottes. Pour les Red Musketeers du jumping, revenir à Rotterdam, c’est toujours remettre un pied dans l’endroit où une génération a basculé du statut d’équipe dangereuse à celui de nation qui gagne. Et dans une Longines League of Nations où chaque point pèse comme un vertical en fin de parcours, ce genre de souvenir peut servir de carburant. Ou de pression supplémentaire. Souvent les deux.
Coupérie entre ambition et laboratoire

Côté français, Édouard Coupérie a posé le cadre : Rotterdam doit servir à performer, mais aussi à tester certains chevaux dans un format 5*. La France a gagné à Abou Dabi, terminé sixième à Ocala, et se présente donc aux Pays-Bas avec une marge intéressante mais un vrai besoin de confirmation. Le sélectionneur a beau avancer avec un matelas de points, il sait que dans ce circuit, les matelas peuvent vite se transformer en paillassons.

Le format, lui, ne pardonne pas grand-chose. Quatre cavaliers en première manche, trois scores retenus. Puis les huit meilleures équipes reviennent en seconde manche avec trois cavaliers seulement, et là, plus de joker. Chaque faute devient une petite bombe posée sous la table.
Rotterdam, test grandeur nature
À deux mois des grands objectifs de l’été, Rotterdam coche aussi une autre case : celle de l’observation. Les sélectionneurs regardent, les chevaux parlent, et les parcours trient.
La Baule a offert une émotion. Rotterdam demande une réponse. Moins romantique, plus comptable. Mais dans la Longines League of Nations, c’est souvent là que se dessinent les saisons : pas dans les grands discours, plutôt sur une palanque un peu large, un oxer un peu lourd, ou un dernier vertical qui décide qui ira à Barcelone avec des certitudes, et qui prendra l’avion avec une calculette.
La liste complète des cavaliers 5* du CHIO de Rotterdam:
🇦🇺 Australia
- Thaisa Erwin — Hialita B, Koberlina TN
🇧🇪 Belgium
Chef d’équipe : Peter Weinberg
- Pieter Devos — Jarina J, Primo DV
- Roy van Beek — Cavoiro – H Old, Charleston – H
- Annelies Vorsselmans — C. Kulottie W Z, Trezeguet
- Grégory Wathelet — Bond Jamesbond de Hay, Double Jeu d’Honvault
🇧🇷 Brazil
Chef d’équipe : Pedro Lacerda
- Yuri Mansur — Elano de Laubry Z, Vitiki
- Marlon Modolo Zanotelli — Dorette Old, Ilex
- Eduardo Pereira de Menezes — H5 Londontime, H5 Messentus PS
- Rodrigo Pessoa — Hard’Rock Af, Major Tom
🇩🇰 Denmark
- Laura Baaring Kjaergaard — Guppie VDL, Qarisma van’t Roosakker
🇫🇷 France
Chef d’équipe : Edouard Couperie
- Antoine Ermann — Jiamo VDS, Odin van ‘T Hanegoor
- Nina Mallevaey — Destine To Be
- Jeanne Sadran — Dexter de Kerglenn, Funky Boy Des Reves
- Kevin Staut — Feline de Hus HDC, Visconti du Telman
🇬🇧 Great Britain
Chef d’équipe : Di Lampard
- Harry Charles — LT Holst Freda, Sherlock
- Sienna Charles — Chawton, Stardust
- Ben Maher — Catelly, Point Break
- Jessica Mendoza — Ascadina PP Z, Summerhouse
🇩🇪 Germany
Chef d’équipe : Otto Becker
- Rene Dittmer — Cody 139, Corsica X
- Michael Jung — Eclaire Z, Fischerheros Z
- Mario Stevens — Carrie 22, Starissa FRH
- Richard Vogel — Cloudio, Uppsala JPS
🇮🇪 Ireland
Chef d’équipe : Jessica Kürten
- Jordan Coyle — Chaccolino, Cordiamo
- Michael Duffy — Mister Qerly Z, Mr. Cornike
- Niamh McEvoy — BP Rocket Man, Olympic ‘GL’ ‘FVD’
- Shane Sweetnam — Coriaan van Klapscheut Z, Pia Maria H
🇮🇹 Italy
Chef d’équipe : Marco Bergomi
- Piergiorgio Bucci — Hantano, Pallieter vd N.Ranch
- Emanuele Camilli — Chacareno PS, Chacco’s Girlstar
- Emanuele Gaudiano — Chabrello PS, Esteban de Hus
- Giulia Martinengo Marquet — Delta del’Isle, Scuderia 1918 Calle Deluxe
🇸🇦 Saudi Arabia
- Ramzy Al Duhami — Addressee, Cayadino
- Khaled Almobty — Davenport VDL, Qaparezzo-A
🇲🇽 Mexico
- Paola Amilibia — I’M A Star, Quinley
- Federico Fernandez — Davidoff, Romeo
🇳🇱 Netherlands
Chef d’équipe : Wout-Jan van der Schans
- Willem Greve — Grandorado TN N.O.P., Party In de Hus
- Bas Moerings — Ipsthar, Kivinia
- Harrie Smolders — Devino vd Weretherbach Z, Mr. Tac
- Sanne Thijssen — Cupcake Z, Joviality
- Michael Greeve — Denver, Rubens
- Hessel Hoekstra — Olimpic van de Sterhoeve, VDL Mindset Es
- Suus Kuyten — King Kong d’Avifauna
- Lisa Nooren-Garofalo — Lewis PK, Scuderia 1918 Grand Prix
- Johnny Pals — Defender VDS Z, Zarkava Hero Z
- Mel Thijssen — Chic Fou de la Bastide, Cobalt de Quelennec Z
- Leopold van Asten — VDL Groep Kwienbellie, VDL Groep Nino du Roton
- Mathijs van Asten — Cassina Dior, Hotspot
- Elize van de Mheen — Fides du Mas Garnier, Kes TN
- Maikel van der Vleuten — Kentucky TMS Z, Quastor vd Heffinck
- Arne van Heel — Keaton HV
🇳🇴 Norway
- Oda Charlotte Lyngvaer — Carabella vd Neyen Z, Leonardo Da Vinci J.P.P.
🇳🇿 New Zealand
- Luke Dee — Gangster WW
🇵🇸 Palestine
- Egor Shchibrik — Crack HV, Emir de Moens Harcour
🇶🇦 Qatar
- Faleh Suwead Al Ajami — Wathnan Qapella, Wathnan Quatro
- Bassem Mohammed — Wathnan F One Usa, Wathnan Issem
🇿🇦 South Africa
- Paige Jacobs — Leonardo van de Kapel, Q-Jewel’s Touch Of Charm
🇨🇭 Switzerland
Chef d’équipe : Peter van der Waaij
- Martin Fuchs — Fortjump du Beaumenil, Lorde
- Gaëtan Joliat — Chelsea Z, Just Special VK
- Alain Jufer — Dante MM, Dominator MM
- Jason Smith — Picobello van’t Roosakker
🇸🇪 Sweden
- Petronella Andersson — Elegance Bleue VDM Z, Hexode Ste Hermelle
- Wilma McMahon — Aj Bachelor Z, Eleven
🇺🇸 United States of America
Chef d’équipe : Robert Ridland
- Karl Cook — Caracole de la Roque, Foxy de la Roque
- Katherine A. Dinan — Cordani PS, Out Of The Blue SCF
- Marilyn Little — Heidi von Imhoff, la Contessa
- Callie Schott — Diamond Touch, Garant
(Photo © FEI/Leanjo de Koster)





