Monaco ne fait pas de cadeaux, Barcha non plus

Publié par Sébastien Boulanger le 05/07/2026

Les yachts étaient à quai. Les célébrités avaient sorti le costume de gala. Les tribunes avaient fait le plein. Et au milieu de cette carte postale version jet set, un Brésilien est venu voler la vedette à tout le monde.

Samedi soir, sur la piste la plus glamour du calendrier mondial, Stephan de Freitas Barcha s’est offert le premier Grand Prix 5* de sa carrière en remportant le Grand Prix du Prince de Monaco. Une première majuscule, décrochée avec un Dinozo Imperio Egipcio en état de grâce, capable de transformer la piste étroites de la Principauté en terrain de chasse.

À Monaco, il suffit parfois de deux dixièmes pour entrer dans l’histoire.

Neuf numéros gagnants dans le casino de Vezzani

Le décor était somptueux. Le parcours beaucoup moins accueillant.

Pour célébrer les vingt ans du Longines Global Champions Tour en Principauté, Uliano Vezzani avait ressorti son plus beau manuel de torture. Quarante couples se sont présentés au départ. Seuls neuf ont réussi à sortir sans faute du premier acte.

Les autres ont laissé une barre, parfois deux, sur une piste où chaque foulée ressemblait à une partie d’échecs disputée à 200 pulsations par minute.

Le leader du championnat Abdel Saïd a signé le plus rapide des parcours à quatre points. Edwina Tops-Alexander, elle, voyait déjà le barrage avant que la dernière barre ne décide de rester sur le sable monégasque. Cruel. Très Monaco.

Puis la nuit est tombée sur Port Hercule. Les projecteurs se sont allumés. Et le véritable spectacle a commencé.

Le dernier virage valait de l’or

Premier à s’élancer, Piergiorgio Bucci a parfaitement joué son rôle.

Avec Pallieter vd N.Ranch, déjà vainqueur du Grand Prix LGCT de Mexico cette saison, l’Italien a immédiatement posé une référence solide : double sans-faute et 35″60. Le message était limpide : venez me chercher si vous pouvez.

Henrik von Eckermann semblait avoir trouvé la solution. Plus rapide au chronomètre intermédiaire, le Suédois a pourtant tout perdu sur l’avant-dernier oxer rose.

Christian Ahlmann, lui, a préféré la précision au kamikaze. Son prometteur Untouched LB, seulement dix ans, lui a offert un deuxième sans-faute en 36″18, suffisant pour monter provisoirement sur le podium.

Les autres défilaient. Les chronos aussi. Mais personne ne parvenait à faire tomber Bucci de son fauteuil.

Jusqu’à l’entrée de Stephan de Freitas Barcha.

Le Brésilien qui a osé

Le cavalier originaire de Brasília savait exactement où gagner.

Avec Dinozo Imperio Egipcio (Diamant de Semilly x Urbain du Monnai), il prenait déjà deux dixièmes d’avance au passage intermédiaire. Restait encore le plus difficile : conserver cet avantage jusqu’au bout.

Le dernier obstacle arrivait à toute vitesse. Là où beaucoup choisissent la sécurité, Barcha a choisi le risque.

Une foulée engagée. Une trajectoire serrée. Une barre qui reste dans ses taquets.

35″40.

Vingt centièmes de mieux que Bucci.

Monaco venait de changer de propriétaire.

« Cette dernière barre semblait être à des kilomètres. C’est ma première victoire dans un Grand Prix cinq étoiles et la remporter ici, à Monaco, un endroit aussi historique et spécial, c’est incroyable. Je suis très ému parce que cette victoire est pour beaucoup de personnes. »

Le Brésilien venait non seulement de décrocher le plus beau succès de sa carrière, mais aussi son billet pour le Super Grand Prix de Riyad.

Kevin Staut y a cru jusqu’à la dernière seconde

Il restait encore un homme capable de tout renverser.

Dernier à entrer en piste, Kevin Staut bénéficiait du soutien d’un public entièrement acquis à sa cause. Avec Vida Loca Z, le Français attaquait chaque virage comme si la victoire lui appartenait déjà.

Les cellules chronométriques confirmaient l’impression : il était plus rapide que tout le monde.

Puis arriva le dernier obstacle.

La barre tombe.

Le chronomètre affichait pourtant 35″30, le meilleur temps de toute la soirée. Mais à Monaco, la vitesse ne pardonne jamais une faute. De potentiel vainqueur, Staut glissait à la sixième place.

Juste derrière Nicola Philippaerts qui a su assurer le double sans faute avec Moya vd Bisschop. Sans toutefois brusquer le chrono. Entre lui et Staut, une Jessica Mendoza qui revient au premier plan, bien aidée cette fois par sa jument de 10 ans, Ascadina PP Z pour signer le cinquième et dernier double zero de la soirée.

Dinozo, le vrai héros

Dans son émotion, Stephan de Freitas Barcha n’a pas oublié celui qui l’a porté jusqu’au sommet.

« C’est un cheval incroyable. Un combattant. Il veut toujours sauter sans-faute et donner le meilleur de lui-même. Il fait partie des chevaux vraiment spéciaux et j’ai énormément de chance de l’avoir. »

À Monaco, où le moindre détail coûte parfois une fortune, Dinozo Imperio Egipcio valait tout simplement de l’or.

Retrouvez les résultats complets du Grand Prix 5* LGCT de Monaco ici

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