Le vendredi suisse : deux Coupes des nations, zéro partage

Publié par Sébastien Boulanger le 11/07/2026

Il y a des journées où tout s’aligne. Ce vendredi, la Suisse a décidé de ne pas choisir entre les compétitions. Quelques heures après avoir décroché son billet pour la finale des Longines EEF Nations Cup Series en s’imposant à Šamorín, elle a remis le couvert dans un CSIO 5* de Falsterbo relevé, théâtre d’une étape des Rolex Series. Deux équipes différentes, deux contextes, deux victoires. À un mois des Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, difficile d’envoyer un signal plus clair.

Deux scènes, un même scénario

Pendant qu’une équipe faisait le travail en Slovaquie, une autre se frottait à ce qui se fait de mieux sur le circuit mondial en Suède. À l’arrivée, le constat est identique : la Suisse repart avec deux Coupes des nations dans les malles.

À Šamorín, la mission était double : défendre le titre acquis en 2025 et décrocher une qualification pour la finale des Longines EEF Nations Cup Series, qui se disputera en septembre à Avenches. Les hommes de Daniel Etter ont rempli les deux objectifs avec autorité en bouclant leur journée sur huit points, devant l’Autriche et l’Italie.

Le double sans-faute de Bryan Balsiger et C-Mistral a constitué la colonne vertébrale de cette victoire.

 (Bryan Balsiger et C-Mistral. ©EEF)
(Bryan Balsiger et C-Mistral. ©EEF)

Anthony Bourquard, auteur d’un premier parcours à quatre points, s’est parfaitement repris en seconde manche avec Fontaineblau Manciais.

(Anthony Bourquard & Fontaineblau Manciais © EEF)
(Anthony Bourquard & Fontaineblau Manciais © EEF)

Adrian Schmid a signé un sans-faute avec Chicharito 11 avant d’être préservé lors du second acte, tandis que le vétéran Pius Schwizer a apporté son expérience avec le prometteur Global de Riverland.

Au-delà de la victoire, la Suisse a confirmé une nouvelle fois la richesse de son effectif. Entre cavaliers confirmés et couples en pleine ascension, la relève continue de prendre de l’épaisseur.

Derrière, on s’est partagé les miettes : l’Autriche et l’Italie départagées au chrono complètent le podium.

Falsterbo, la répétition générale qui tourne à la démonstration

Quelques heures plus tard, changement de décor. Direction Falsterbo et son mythique stade en herbe, où plusieurs équipes avaient déjà les Championnats du monde dans un coin de la tête.

La Suisse, elle, semblait avoir déjà trouvé sa partition.

Steve Guerdat a sans doute signé l’une des plus belles histoires de la journée. Associé à Dynamix de Bélhème, absente à 1,60 m depuis le Rolex Grand Prix de Genève en décembre dernier, le champion olympique de Londres réalise deux parcours parfaits. Une prestation qui devrait peser lourd dans les dernières réflexions avant Aix-la-Chapelle.

(Steve Guerdat & Dynamix de Bélhème. ©Rolex Series)

À ses côtés, Jason Smith et Picobello van het Roosakker ont confirmé une régularité digne des chemins de fer fédéraux suisses avec un nouveau double sans-faute, quelques semaines après avoir déjà brillé à Saint-Gall.

Et quand la Belgique a cru pousser la Suisse dans ses retranchements, Martin Fuchs s’est chargé de rappeler pourquoi il fait partie des références mondiales.

La Belgique y a cru, Martin Fuchs a répondu

Le suspense a longtemps été total.

(Thibeau Spits & Impress-K van het Kattenheye. ©Rolex Series)

L’équipe de Peter Weinberg s’élançait, elle aussi, pour un dernier test grandeur nature avec une décision finale pour les mondiaux. Grâce au double sans-faute de Thibeau Spits et de l’incontournable Impress-K van het Kattenheye, les mousquetaires rouges sont restés au contact jusqu’au bout, obligeant Martin Fuchs et Lorde à sortir le grand jeu pour envoyer les deux nations au barrage.

Le cavalier zurichois n’a pas tremblé.

(Martin Fuchs & Lorde. ©Rolex Series)

Lors de l’ultime affrontement, Pieter Devos et Primo DV ont vu leurs espoirs s’envoler après un refus suivi d’une faute sur les barres. Fuchs, lui, s’est contenté d’assurer. Trois petits points de temps dépassé ont suffi pour offrir la victoire à la Suisse.

(Pieter Devos et Primo DV. ©Rolex Series)

Dans son sillage, Steve Guerdat et Jason Smith avaient déjà fait le plus dur avec leurs doubles sans-faute. Même l’élimination de Gaëtan Joliat avec Just Special VK dans la seconde manche n’aura finalement eu aucune conséquence.

Côté belge, avec zéro et quatre points du côté d’Abdel Saïd avec Quaker Brimbelles Z et quatre et zéro points du côté de Nicola Philippaerts avec Katanga V/H Dingeshof, le chef d’équipe va se gratter la tête avant d’arrêter sa sélection. Le Grand Prix dominical viendra peut-être l’aider…

(Nicola Philippaerts & Katanga V/H Dingeshof. ©Rolex Series)

Des Bleus encore en construction

Du côté français, la quatrième place laisse un goût mitigé. Suffisamment solide pour rester dans la lutte jusqu’au bout, l’équipe menée par Edouard Couperie (Sers, Moissonier, Leoni, Staut) a néanmoins manqué de ce petit supplément de constance qui fait basculer une Coupe des nations. Pas de catastrophe, mais pas non plus de véritable coup d’éclat. La France poursuit ses réglages.

Pendant que certains doutent…

Cette Coupe des nations avait aussi des allures de révélateur.

À domicile, la Suède a complètement craqué lors de la seconde manche et n’a terminé que septième, bien loin du prestige affiché lors de son sacre mondial à Herning en 2022. L’Allemagne, elle, n’a même pas atteint la deuxième manche après une fin de premier tour catastrophique marquée par l’abandon de Philipp Weishaupt et les treize points inhabituels de Richard Vogel.

À l’inverse, les États-Unis ont limité les dégâts pour accrocher la troisième place malgré la chute de Natalie Dean.

CDN Falsterbo
©Rolex Series

Au milieu de ces turbulences, la Suisse est apparue comme l’équipe la plus stable de la journée.

Un avertissement avant Aix-la-Chapelle

Steve Guerdat ne s’en est d’ailleurs pas caché. Cette Coupe des nations devait servir de test grandeur nature pour décider de la présence de Dynamix de Bélhème aux Championnats du monde. La jument a répondu avec deux sans-faute d’une qualité remarquable.

Ajoutez un Martin Fuchs toujours aussi chirurgical, un Jason Smith en pleine confiance, une profondeur d’effectif qui permet de gagner simultanément deux Coupes des nations et une jeune génération qui pousse derrière les cadres, et vous obtenez une sélection qui avance avec de solides certitudes.

Remporter une Coupe des nations relève déjà de la performance. En gagner deux le même vendredi, à plus de 1 300 kilomètres de distance, relève presque de la déclaration d’intention.

Nations Cup Falsterbo
©Rolex Series

Le message est passé en vue des Mondiaux, mais pas seulement. Les Helvètes seront là les années à venir.

Retrouvez les résultats complets de la Coupe des nations EEF de Samorín ici

et les résultats complets de la Coupe des nations de Falsterbo ici

(Photos Cover de g à d: Pius Schwizer, Adrian Schmid, chef d’équipe Daniel Etter, Bryan Balsiger et Anthony Bourquard © EEF et Gaëtan Joliat, Martin Fuchs , Steve Guerdat, Jason Smith et le chef d’équipe Peter van der Waaij ©Rolex Series)

Ne manquez pas la newsletter So Horse

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité