Le dernier mot pour Shane Sweetnam à Falsterbo

Publié par Sébastien Boulanger le 13/07/2026

Être le dernier à partir dans un Grand Prix Rolex, c’est parfois un cadeau. Encore faut-il savoir s’en servir. Dimanche à Falsterbo, Shane Sweetnam n’a pas laissé passer l’occasion. Avec James Kann Cruz, l’Irlandais a avalé la seconde manche en 37 »68 pour décrocher le Grand Prix Rolex devant Richard Vogel et Steve Guerdat. Une victoire construite avec sang-froid… et terminée pied au plancher.

Falsterbo, l’endroit où le chrono devient une obsession

Il y a des concours qui respirent l’histoire. Falsterbo en fait partie.

Une immense piste en herbe, des tribunes « old style » pleines, un soleil presque insolent et cinquante des meilleurs couples de la planète au départ du quatrième rendez-vous Rolex Series de la saison. Pas besoin d’artifice quand le casting fait déjà le spectacle.

Frank Rothenberger avait, comme souvent, préparé un parcours qui ne pardonnait rien : quatorze obstacles, dix-sept efforts et suffisamment de questions pour rappeler qu’un Grand Prix Rolex ne se gagne jamais par hasard.

Le verdict est tombé rapidement.

Martin Fuchs sort avec quatre points. Kent Farrington aussi. Pieter Devos en concède douze. Les favoris comprennent vite que le moindre détail coûtera cher. Très cher.

À l’arrivée de cette première manche, ils ne sont plus que quatorze à afficher un zéro et à s’offrir un ticket pour l’explication finale.

Steve Guerdat continue de surfer sur sa semaine

Parmi eux, Steve Guerdat.

Le Suisse n’était pas venu en Suède pour faire du tourisme. Vainqueur de la Coupe des Nations avec son équipe quelques jours plus tôt, il avait annoncé avant le Grand Prix que son objectif était « simple : gagner ».

Avec Albfuehren’s Iashin Sitte, il fait exactement ce qu’il fallait. Sans faute, propre, fluide.

En seconde manche, il hausse encore le ton.

38 »68.

Pendant quelques secondes, cela ressemble au chrono de la victoire.

Puis Richard Vogel entre en scène.

Richard Vogel gratte cinq centièmes…

L’Allemand ne prend pas beaucoup plus de risques.

Juste ce qu’il faut.

Avec Cloudio, le numéro deux mondial signe lui aussi un deuxième parcours parfait et arrête le chrono en 38 »63.

Cinq centièmes.

À ce niveau-là, ce n’est même plus une foulée. C’est un souffle.

Steve Guerdat descend d’une place. Vogel s’installe provisoirement sur le fauteuil du leader.

Mais il reste un homme à passer.

Et ce n’est jamais une situation très confortable.

Dernier à partir, premier à l’arrivée

Shane Sweetnam connaît exactement la mission.

Il sait qu’il faut battre 38 »63.

Il sait aussi qu’il n’aura pas droit à une hésitation.

Avec James Kann Cruz (Kannan x Cruising), l’Irlandais attaque immédiatement. Pas de tour d’observation. Pas de calcul visible. Le couple déroule un barrage parfaitement maîtrisé, rapide sans jamais donner l’impression de perdre le contrôle.

Lorsque le chronomètre s’arrête sur 37 »68, le suspense disparaît.

Le Grand Prix Rolex de Falsterbo a trouvé son vainqueur.

Deux parcours sans faute. Le meilleur chrono de la seconde manche. Et une démonstration de maîtrise au meilleur moment de l’après-midi.

Les Rolex Series, ce rendez-vous où personne ne respire

Au fond, ce Grand Prix aura raconté exactement ce qu’est Falsterbo.

Une piste où l’on ne peut rien voler. Une première manche pour survivre.

Une seconde pour attaquer. Et un dernier cavalier qui rappelle que, parfois, connaître le chrono à battre est un avantage… à condition d’avoir les jambes, le cheval et le sang-froid pour aller le chercher.

Dimanche, Shane Sweetnam avait les trois.

Retrouvez les résultats du Grand Prix de Falsterbo ici

(Photos © Rolex Series)

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