En 2026, Wolvertem va perdre une Coupe des Nations, mais gagner des talus, des fossés, des haies et quelques sueurs froides. Les Brussels Stephex Masters dégainent une nouveauté qui sent l’herbe, le galop et les décisions prises une demi-seconde trop tard : le tout premier Brussels Derby Challenge. Une épreuve inédite, pensée pour faire parler le terrain autant que le chronomètre.

La Coupe des Nations sort, le derby entre par la grande porte
Il fallait remplir le vide sans donner l’impression de poser un pot de fleurs sur un cratère.
Cette année, les Brussels Stephex Masters feront l’impasse sur la Coupe des Nations (cf notre article « Brussels Stephex Masters: La Coupe des nations sacrifiée sur l’autel du bien-être équin. ». Une absence qui aurait pu raboter le programme. À Wolvertem, on a préféré sortir les pelleteuses.
Le samedi 29 août, les pistes de Stephex Stables accueilleront le premier Brussels Derby Challenge de leur histoire. Pas une épreuve de plus glissée entre deux horaires. Pas un lot de consolation pour spectateurs privés de compétition par équipes. Un vrai morceau de bravoure, avec du terrain, du galop et des obstacles qui ne ressemblent pas à des meubles de salon.
Le derby débarque à Bruxelles. Et il ne vient pas pour faire de la figuration.

Le jumping enlève la cravate
Le saut d’obstacles moderne aime les trajectoires propres, les foulées comptées et les chronomètres qui ne pardonnent rien. Le derby, lui, ajoute un peu d’herbe sur le costume.
Ici, les barres colorées partagent l’affiche avec des talus, des haies, des fossés et des dénivelés. Le cheval ne doit plus seulement sauter juste. Il doit comprendre vite, rester franc et accepter que la piste cesse soudainement d’être plate, sage et prévisible.
C’est précisément pour cela que le format fascine.

Un terrain qui attendait qu’on l’utilise vraiment
Les derbys sont devenus rares sur le circuit international. Non pas parce qu’ils manquent de charme, mais parce qu’ils sont gourmands.
Ils veulent de l’espace, de vraies pistes en herbe, des obstacles naturels construits avec soin et des mois de préparation. Bref, tout ce que les concours modernes n’ont pas toujours sous la main.
Stephex, si.
Avec ses grandes étendues vertes, ses pistes soignées comme les greens d’un tournoi PGA et son décor de parc équestre XXL, le site de Wolvertem semblait presque attendre qu’on lui propose autre chose qu’un parcours classique en douze obstacles.
Le Brussels Derby Challenge se déploiera entre la Sablon Arena et la Place de l’Atomium. Deux espaces, une seule épreuve, et la promesse d’un parcours qui utilisera enfin le relief comme un acteur à part entière.
« Nous voyons une occasion unique de tirer pleinement parti de nos magnifiques pistes en herbe en apportant l’excitation d’un derby dans un format moderne », explique Ken Ruysen, directeur sportif des Brussels Stephex Masters.

L’idée est limpide : faire du site autre chose qu’un joli fond d’écran.
Le samedi aura les bottes sales
Le premier Brussels Derby Challenge sera ouvert aux couples engagés dans les CSI2* et CSI3* (un coup d’essai avant de glisser en 5* ?). Départ annoncé le samedi 29 août à 13h30.
Sur le papier, l’horaire est précis. Sur la piste, beaucoup moins.
Les chevaux devront avaler des obstacles naturels, changer de rythme, s’engager dans des combinaisons inhabituelles et conserver suffisamment de fraîcheur pour ne pas finir le parcours en apnée. Les cavaliers devront choisir entre contrôler et laisser galoper, entre protéger et attaquer, entre le tour propre et le grand numéro.

Autrement dit, exactement le genre d’épreuve où un favori peut se faire surprendre par un fossé et où un outsider peut devenir la star de l’après-midi en trois minutes.
Le dimanche gardera le prestige. Le samedi pourrait bien garder les images.
Le Rolex Grand Prix conserve la couronne
Car le grand patron sportif du week-end ne change pas.
Le dimanche à 14h30, le Rolex Grand Prix présenté par Audi réunira les meilleurs couples du monde pour le sommet de la semaine. Là, retour au grand jumping cinq étoiles, aux trajectoires chirurgicales et aux barrages où un dixième de seconde ressemble à une éternité.

Les Brussels Stephex Masters restent donc fidèles à leur recette : du CSI1*, du CSI2*, du CSI3*, du CSI5*, des jeunes chevaux, les meilleurs cavaliers mondiaux et un dimanche taillé pour les poids lourds.
Mais en 2026, l’événement ajoute une aspérité à son programme.
Et dans un calendrier où beaucoup de concours finissent par se ressembler, une aspérité, c’est déjà beaucoup.

Wolvertem veut autre chose qu’un beau concours
Depuis 2014, les Brussels Stephex Masters ont appris à maîtriser les codes du grand événement international : les pistes impeccables, les tribunes pleines, les champions olympiques, le village commerçant, les restaurants et le décor premium.
Cette année, ils ajoutent un peu de désordre contrôlé.
Le Kids Day du mercredi, les animations, les boutiques, la restauration, l’entrée et le parking gratuits resteront au programme. Une nouvelle tribune couverte permettra aussi de suivre le sport sans négocier avec la météo belge, ce qui relève déjà de l’innovation majeure.

Mais le vrai supplément de relief sera ailleurs.
Dans une haie à franchir franchement. Dans un talus qui casse le rythme. Dans un cheval qui hésite une fraction de seconde avant de faire confiance. Dans un cavalier qui décide d’avancer quand tout lui conseille de temporiser.
Les Brussels Stephex Masters ne remplacent pas simplement une Coupe des Nations.
Ils « upgradent » le terrain de jeu.

(Photo cover ©BSM)





