Kaiser DMH et Kim Emmen s’offrent les Sires à Lanaken

Publié par Sébastien Boulanger le 19/09/2026

À Lanaken, vendredi, on venait voir des étalons. On a surtout vu Kaiser. Kim Emmen et Kaiser DMH ont remporté les Sires of the World au terme d’un barrage où la Néerlandaise n’a jamais semblé avoir besoin de sortir la tronçonneuse. Sept couples avaient survécu au parcours initial. Personne n’a fait mieux que leurs 40’’94. Et histoire de rendre la victoire encore un peu plus agaçante pour les autres, Emmen assure qu’elle s’est même offert une foulée supplémentaire en route.

54 au départ, sept au barrage

Il faisait beau à Lanaken. Ambiance de fin d’été, soleil sur le Domaine Zangersheide et, comme souvent ici, suffisamment de beau cheval au mètre carré pour donner quelques complexes au commun des mortels.

Mais pour les 54 couples engagés dans les Sires of the World, le vendredi après-midi n’avait rien d’une simple parade.

Sur cette épreuve à 1,50 m réservée aux étalons, Bernard Mathy et son équipe avaient posé un parcours qui ne distribuait pas les cadeaux. Les fautes sont tombées un peu partout, avec un Liverpool placé en numéro 12 qui s’est notamment chargé de rappeler que le titre ne se gagnerait pas simplement sur un joli pedigree.

Au bout du compte : sept sans-faute. Sept candidats pour un barrage. Et donc sept façons d’essayer de repartir de Lanaken avec l’une des lignes les plus sympathiques à ajouter au CV d’un étalon.

Pylypeiko avait pourtant mis la barre haut

Premier à revenir en piste, Mykola Pylypeiko n’a pas exactement joué au petit bras.

Avec Money Time, Holsteiner de neuf ans par Million Dollar et Clearway, l’Ukrainien a immédiatement envoyé le message : 41’’70, sans faute, avec des distances prises vers l’avant et l’intention très claire de ne pas laisser beaucoup de marge aux suivants.

Une vraie référence.

« Il n’y avait rien de plus que ce cheval pouvait donner à ce stade de sa carrière. Lui et moi avons tout donné », explique Pylypeiko après son passage.

Le problème, quand on donne tout, c’est qu’il reste parfois quelqu’un capable d’aller plus vite en donnant l’impression d’en faire moins.

Cette quelqu’un s’appelait Kim Emmen.

Kaiser, sans forcer

Quatrième à s’élancer au barrage, la Néerlandaise arrive avec Kaiser DMH, 11 ans, KWPN, fils de Cardento VDL et Concerto II.

Et Kaiser qui porte plutôt bien son nom.

Emmen déroule. Pas de geste désespéré, pas de virage façon frein à main, pas de grande séance de bricolage pour arracher trois dixièmes à la montre. Juste un cheval en équilibre, une cavalière qui sait exactement où elle va et un chronomètre qui s’arrête à 40’’94.

Soit 76 centièmes de mieux que Pylypeiko.

Et le plus beau dans l’histoire ?

Kim Emmen estime qu’elle n’a même pas dû pousser la machine dans ses retranchements.

« Je savais que mon cheval était en forme et, même au barrage, je n’ai jamais eu l’impression de devoir travailler très dur. Nous avons même ajouté une foulée à un endroit, mais cela a quand même suffi pour réaliser le meilleur temps », raconte-t-elle.

Une foulée de plus et 76 centièmes d’avance.

Sympa pour les copains.

« C’est une rock star »

Derrière, il restait pourtant du monde pour tenter de déloger le duo.

Egor Shchibrik, le champion d’Asie, a été le dernier à pouvoir changer le scénario. Avec Crack HV, 11 ans, fils de Cornet Obolensky et Candillo, il boucle son barrage en 42’’43. Suffisant pour monter sur le podium, pas pour toucher à Kaiser.

Kim Emmen peut souffler.

Et surtout savourer une victoire qui dépasse légèrement le simple ruban accroché à la bride.

Car Kaiser DMH est issu de l’élevage de son entourage. Un détail qui, à Lanaken, temple européen où le sport et l’élevage passent leur semaine à se regarder droit dans les yeux, compte forcément un peu plus qu’ailleurs.

« Kaiser DMH mérite vraiment un titre comme celui-là, c’est une véritable rock star », lâche Emmen, qui associe à cette victoire son propriétaire et éleveur Erik Berkhof, son entraîneur Sören Kühl, ses grooms et toute son équipe.

Le genre de journée où l’éleveur peut se permettre de regarder la feuille de résultats avec un sourire légèrement plus large que les autres.

Le champion 2024 au pied du podium

Derrière le trio de tête, le tenant du titre 2024 Omar Abdul Aziz Al Marzooqi prend la quatrième place avec Chacco Bay, son Oldenburger de 12 ans par Chaccato et Heops.

Le Néerlandais Lars Kuster complète le Top 5 avec Don Tarpania Z, neuf ans, fils de Dominator 2000 Z et Glasgow van het Merelsnest.

Mais ce vendredi, Lanaken avait trouvé son Kaiser.

Dans une épreuve conçue pour mettre les étalons sous les projecteurs, Kim Emmen a surtout rappelé une règle assez simple du saut d’obstacles : les origines, c’est très bien. Le pedigree, c’est très joli sur le papier.

Mais à la fin, il faut quand même passer la ligne le plus vite.

Et Kaiser DMH l’avait très bien intégré.

Retrouvez les résultats complets de l’épreuve ici

(So Horse avec Zangersheide Photos ©Zangersheide/Sportfot)

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