Du 16 au 20 septembre, le petit monde du jumping a rendez-vous à Lanaken. Officiellement, pour y couronner les meilleurs 5, 6 et 7 ans de la planète. Mais réduire la semaine de Zangersheide à un Mondial des jeunes chevaux serait presque insultant. Championnat de Belgique seniors, Sires of the World, sélection d’étalons, ventes aux enchères : pendant cinq jours, le futur, le présent et le portefeuille du saut d’obstacles vont se croiser dans les mêmes allées. Bienvenue à Lanaken, là où l’on vient chercher une médaille, un étalon… ou le prochain crack.
Le Mondial où personne ne vient seulement regarder
Il existe des concours où l’on vient pour le sport. D’autres pour faire du commerce. D’autres encore pour observer les jeunes chevaux et refaire les pedigrees autour d’un café.
À Lanaken, on fait tout en même temps.
Du 16 au 20 septembre, le Domein Zangersheide accueille la 31e édition du FEI WBFSH Jumping World Breeding Championship for Young Horses. Les meilleurs chevaux de cinq, six et sept ans y débarquent pour l’un des rendez-vous les plus particuliers du calendrier international.
Parce qu’ici, une médaille mondiale ne vaut pas uniquement une ligne dans un palmarès. Elle peut changer la trajectoire d’un cheval, attirer les regards sur son élevage, faire grimper sa valeur et donner quelques sueurs froides aux acheteurs qui auraient pu signer le chèque six mois plus tôt.
Lanaken, c’est un peu la Fashion Week du cheval de sport. Sauf qu’ici, les mannequins sautent 1,40 mètre.
Et certains coûtent nettement plus cher que la collection entière Chanel.

À cinq ans, les Belges arrivent déjà avec une couronne
Dans le championnat des cinq ans, tous les compteurs sont remis à zéro. Une nouvelle génération découvre le Mondial et, côté belge, deux noms arrivent avec un petit supplément de confiance.
Contigo vh Legitahof Z, monté par Aurelia Guisson, et Vivaldo TMD, associé à Seppe Wouters, viennent de se partager le titre de champions de Belgique des cinq ans à Gesves. Une égalité parfaite au barrage, jusque dans le chronomètre : 44’’63 pour les deux couples.
Difficile de faire plus belge comme préparation à Lanaken.
Chez les six ans, un champion du monde revient défendre son statut, même si la catégorie a changé. HHS Private Ryan, sacré chez les cinq ans en 2025 avec Michael Pender, est désormais monté par l’Irlandaise Isabel O’Brien. Le vice-champion 2025 Olympic van ’t Roosakker VK Z revient lui aussi, avec le Néerlandais Doron Kuipers.
Et puis il y a ceux qui connaissent déjà parfaitement le chemin du podium.
Max van de Poll retrouve Lanaken avec Ortane, championne du monde des six ans en 2025. Le duo passe logiquement chez les sept ans avec une cible assez évidente dans le dos.
Dans cette même génération, Christian Ahlmann présentera Toemme de Regor Z. Le couple ne débarque pas exactement en rodage : début août, il remportait la finale des sept ans du CSIYH de Dinard à 1,40 m.
Autrement dit, certains arrivent à Lanaken pour apprendre. D’autres ont déjà commencé à distribuer les cartes de visite.
Michael Pender, propriétaire des lieux ou presque

Et puis il y a Michael Pender.
À force, il faudrait peut-être lui réserver une place de parking avec son nom.
L’Irlandais reste sur trois titres mondiaux lors des trois dernières éditions : HHS Ocala chez les cinq ans en 2023, HHS Mercedes chez les sept ans en 2024, puis HHS Private Ryan chez les cinq ans en 2025.
Trois éditions. Trois titres.

En 2026, Pender revient notamment avec Café vd Berghoeve Z chez les six ans et Tiara vd Berghoeve chez les sept ans, déjà finaliste à Lanaken l’an dernier à six ans.
Il ne sera évidemment pas seul à attirer les regards. Daniel Deusser, Christian Ahlmann, Kendra Claricia Brinkop, Kim Emmen, Willem Greve, Katrin Eckermann ou encore Niamh McEvoy sont annoncés, tandis que la Belgique pourra notamment compter sur Gilles Thomas et Olivier Philippaerts.
Un plateau qui rappelle une chose essentielle : le championnat du monde des jeunes chevaux est peut-être consacré aux chevaux en devenir, mais les cavaliers, eux, sont déjà très largement arrivés.
Gilles Thomas veut récupérer sa Belgique

Pendant que les jeunes pousses tenteront de devenir championnes du monde, les grands auront leur propre règlement de comptes.
Le Championnat de Belgique seniors s’installe lui aussi à Lanaken, avec une première manche dès mercredi et une finale samedi après-midi.
Et forcément, Gilles Thomas sera l’un des hommes à suivre.
Champion de Belgique en 2023, de nouveau titré en 2024 puis médaillé d’argent en 2025, le Belge possède une relation plutôt saine avec ce championnat : il aime beaucoup les podiums et semble assez peu disposé à les partager.
Pieter Devos, troisième l’an dernier, sera également de retour.
Le titre, lui, est à reprendre après la quatrième couronne nationale remportée par Jos Verlooy en 2025.

Au milieu d’une semaine consacrée à détecter les champions de demain, le Championnat de Belgique rappellera donc que ceux d’aujourd’hui ont encore quelques comptes à régler.
Sires of the World : les papas savent encore sauter
À Lanaken, le pedigree n’est jamais très loin.
Vendredi à 16 heures, les étalons approuvés auront droit à leur grand rendez-vous avec le FEI Zangersheide Sires of the World, disputé sur 1,50 m.
Le concept résume presque à lui seul l’esprit de la semaine : on ne demande pas seulement à un étalon d’avoir un joli papier, une belle locomotion et une photo flatteuse dans un catalogue. On lui demande aussi de montrer qu’il sait sauter.
Et plutôt haut.

La veille, une épreuve d’ouverture à 1,40 m permettra déjà de prendre la température.
En parallèle, la sélection des étalons du Studbook Zangersheide se déroulera de jeudi à samedi. Les reproducteurs confirmés feront donc le spectacle sur la piste pendant que leurs éventuels successeurs passeront leur examen à quelques mètres de là.
Le passé, le présent et le futur dans le même champ de vision. Difficile de faire plus Lanaken.
Et quand les barres s’arrêtent de tomber, le marteau commence
À Zangersheide, la journée ne s’arrête évidemment pas avec le dernier parcours.
Jeudi soir, la Zangersheide Quality Auction – Young Horses & Embryos mettra en vente une sélection de chevaux de trois ans destinés au sport ainsi que sept gestations particulièrement haut de gamme.
Parmi elles figurent des gestations directement issues des juments olympiques HH Azur et Ornellaia. Une première pendant la semaine des Championnats du monde à Lanaken pour ce type d’embryons implantés.
Vendredi et samedi, changement de génération : place aux foals.
Au total, 86 poulains doivent passer sous le marteau sur les deux soirées. Dix-sept sont directement issus de mères ayant elles-mêmes évolué au niveau 1,60 m ou davantage.
On retrouvera notamment un frère d’Impress-K van ’t Kattenheye Z, le cheval de Thibeau Spits, champion d’Europe par équipes et double médaillé d’argent mondial, ainsi qu’un propre frère de Like a Diamond van het Schaeck, la jument de Grand Prix 1,65 m de Marlon Modolo Zanotelli.
À Lanaken, on peut donc voir un champion du monde le dimanche et se demander, très sérieusement, si son successeur n’a pas été vendu quelques heures plus tôt.

Le dimanche, fini les pedigrees : il faudra sauter
Toute la semaine convergera vers dimanche.
Finale des cinq ans à 8h30. Finale des six ans à 12h15. Et enfin les sept ans à 15h15.
Trois catégories, trois titres mondiaux et autant de scénarios impossibles à prévoir avant que la première barre ne tombe.
Car Lanaken reste un championnat à part. On y parle beaucoup de génétique, de studbooks, de valeur marchande, de technique et de potentiel. Mais lorsque les meilleurs se retrouvent en finale, tout ce joli vocabulaire disparaît assez rapidement.
Il reste un cheval, un cavalier, des obstacles et un chronomètre.
Et quelque part autour de la Ratina Z Arena, probablement quelques acheteurs qui regrettent déjà de ne pas avoir téléphoné plus tôt.
Cette semaine, Lanaken sera encore une fois le centre du monde de l’élevage et du jumping. Les champions actuels y défendront leur territoire, les étalons leur réputation et les jeunes chevaux commenceront à écrire la leur.
Le futur du saut d’obstacles est encore jeune. Mais à Lanaken, il n’a jamais vraiment le temps de traîner.
nfos pratiques
Le FEI WBFSH Jumping World Breeding Championship for Young Horses se déroule du 16 au 20 septembre 2026 au Domein Zangersheide à Lanaken, en Belgique.
L’accès au championnat est gratuit.
Le Championnat de Belgique seniors débute mercredi 16 septembre et se conclut samedi 19.
Le Grand Prix FEI Zangersheide Sires of the World se dispute vendredi 18 septembre à 16h.
Les trois finales mondiales des jeunes chevaux auront lieu dimanche 20 septembre.
Retrouvez le programme complet ici
(Photo cover © Zangersheide)





