À quinze ans, Le Coultre de Muze vient de décrocher le premier Grand Prix 5 de sa carrière. Ce dimanche, à Lyon, l’étalon belge a permis à Julien Épaillard de remporter l’étape de la Coupe du monde devant Richard Vogel et Édouard Schmitz. Une consécration tardive pour ce fils de Presley Boy, longtemps associé à Philippe Rozier, qui semble avoir trouvé une seconde jeunesse sous la selle du Normand. Comme quoi, certains chevaux préfèrent attendre l’âge de raison pour commencer à faire des folies.*
Épaillard, encore lui
Julien Épaillard possède un talent assez irritant pour ses adversaires : celui de transformer les barrages les plus relevés en promenades chronométrées. À Lyon, le Français a encore frappé. Cette fois avec Le Coultre de Muze, un étalon gris de quinze ans qui n’avait pourtant jamais remporté de Grand Prix 5*.

Face à Richard Vogel et Cloudio, ou encore Édouard Schmitz et Gamin van’t Naastveldhof, le Normand a trouvé la bonne formule pour s’imposer dans cette étape de la Coupe du monde. Quatre ans après sa victoire avec Caracole de la Roque, Épaillard retrouve ainsi la première marche du podium lyonnais.
Mais derrière ce nouveau succès français se cache surtout une belle histoire belge.
Un produit de Muze, façonné par Rozier
Né en 2011 chez Joris de Brabander, Le Coultre de Muze possède un pedigree qui ne laisse guère de place au hasard. Fils de Presley Boy et de Geneve de Muze, par Vigo d’Arsouilles, le gris appartient à cette génération de chevaux issus de l’élevage de Muze qui ont progressivement conquis les plus belles pistes internationales.
Après ses débuts en Belgique, il rejoint Philippe Rozier en 2018. Le champion olympique français va passer sept saisons à construire ce cheval, à lui donner de l’expérience et à l’installer au plus haut niveau.
Le couple se distingue notamment en 2023 avec une quatrième place dans le Grand Prix du Global Champions Tour de Monaco. Les classements s’accumulent, mais la grande victoire se fait attendre. En 2025, Rozier et Le Coultre terminent encore douzièmes de l’étape de Coupe du monde de Lyon.
Lorsque Philippe Rozier décide de prendre du recul par rapport au très haut niveau, le cheval de Christian Baillet change de selle. Direction les écuries de Julien Épaillard, en novembre 2025.

Quinze ans et une nouvelle carrière
Le changement aurait pu ressembler à une transition tranquille vers la fin de carrière. C’était mal connaître Épaillard.
Le Normand découvre un cheval expérimenté, mais sensible, avec lequel il doit construire de nouveaux automatismes. Les premiers résultats arrivent rapidement. En 2026, le couple s’impose à plusieurs reprises sur 1,50 m, remporte une épreuve à 1,55 m à Paris et prend la deuxième place du Grand Prix 4* de Cabourg.
À Gassin, en septembre, une faute prive le duo d’un podium dans le Grand Prix 5*, malgré le meilleur temps de la seconde manche. La vitesse est déjà présente. Ne manque plus que le parcours parfait au bon moment.
Une semaine avant Lyon, Le Coultre de Muze confirme sa forme en remportant l’épreuve majeure du vendredi au Jumping de Liège. Une victoire qui ressemble rétrospectivement à une répétition générale.

À Eurexpo, le scénario se déroule cette fois sans accroc.
La victoire de deux cavaliers
Ce premier Grand Prix 5* possède forcément une saveur particulière. Pour Épaillard, il confirme une nouvelle fois sa capacité à tirer le meilleur d’un cheval, même à un âge avancé. Pour Le Coultre de Muze, il récompense une carrière construite avec patience, loin des trajectoires fulgurantes de certains cracks.
Et difficile de ne pas associer Philippe Rozier à cette réussite. Pendant sept ans, le Français a façonné un cheval capable d’affronter les plus grosses épreuves du circuit. Épaillard a ensuite apporté sa touche personnelle, cette vitesse et cette efficacité qui font aujourd’hui sa signature.
À quinze ans, Le Coultre de Muze n’avait donc pas besoin d’apprendre à sauter. Simplement de découvrir une nouvelle manière de gagner.

Les résultats complets du Grand Prix Coupe du monde de Lyon ici
(Photos ©FEI/Lucasz Kowalski)



