Le dressage a officiellement pris ses quartiers au Jumping international de Bordeaux. Pour son tout premier CDI 4*, la piste girondine a offert un Grand Prix d’ouverture serré, engagé, et déjà très international. À ce jeu-là, l’Australienne Simone Pearce a coiffé Pauline Basquin sur le fil, pour quelques centièmes. Une première réussie, sur et autour du rectangle.

L’Australie était attendue… mais pas là
Au Jumping International de Bordeaux, l’Australie devait briller côté attelage. Boyd Exell, multiple vainqueur de la Coupe du monde, fait, en effet, figure de tête d’affiche annoncée du week-end pour la finale de la Coupe du monde de la discipline..
Sauf que le premier hymne australien de la semaine n’est pas venu des rênes longues, mais du rectangle de dressage. Dès jeudi matin, pour le tout premier Grand Prix 4* de l’histoire du concours, Simone Pearce a pris tout le monde à contre-pied.

Simone Pearce, victoire inattendue et sourire franc
Quatrième à entrer en piste, Simone Pearce n’était pas venue avec une pression démesurée. Bien au contraire. En selle sur Will Marq (Rio Marq x Lanciano), elle a déroulé une reprise sérieuse, engagée, portée par un galop ample, des pirouettes serrées et un cheval déjà bien présent.

À la sortie de piste, le sourire en disait long.
« Je suis super heureuse. Ce concours a été incroyable, vraiment, de l’organisation à l’ambiance. Tout était fantastique », confiait-elle, encore portée par l’émotion.

Avec 71,130 %, l’Australienne s’impose pour quelques centièmes et déclenche Advance Australia Fair. Une victoire d’autant plus marquante qu’elle ne l’avait pas vue venir.
« Non, pas du tout. C’est seulement son quatrième Grand Prix international, donc il est encore très vert. On est venus avant tout pour lui donner de l’expérience », expliquait-elle.
Avant d’ajouter, lucide : « Gagner aujourd’hui, c’était totalement inattendu, mais incroyable. »

Pour la suite du week-end, pas de plan démesuré.
« Demain sera un bonus. Je me suis récemment cassée la main, la reprise libre a été construite en trois semaines et finalisée il y a deux jours. On va juste en profiter. » L’Australienne compte bien en profiter avant de regarder son compagnon, Martin Fuchs, faire, à son tour, son entrée en piste.

Pauline Basquin, la frustration maîtrisée d’une reprise de rentrée
À 65 millièmes près, Pauline Basquin aurait pu écrire une autre histoire. En selle sur Sertorius de Rima IFCE (Sandro Hit x Volataire), la Française termine deuxième avec 71,065 %, au terme d’une reprise volontaire mais assumée comme une reprise de construction.

D’abord, la satisfaction de voir le dressage enfin installé à Bordeaux.
« Voir le dressage avoir une vraie place dans ce concours déjà prestigieux, c’est encore plus satisfaisant. Franchement, ça me fait vraiment plaisir », soulignait-elle. « C’est un très grand concours. Il manquait le dressage hors Battle, et maintenant c’est chose faite. »

Sportivement, Basquin ne s’en cachait pas : elle venait avec des ambitions.
« Oui, clairement. Mes ambitions, c’était de gagner les deux épreuves. C’est raté pour la première»
Philosophe elle reconnait les erreurs sur des changements de pied au temps fautifs. « Il y a eu un petit excès de confiance de ma part. Je l’ai laissé un peu trop aller. C’est clairement ma faute, et cette petite erreur nous coûte la victoire. »

Mais le fond prime sur le résultat brut. Après une saison délicate suite à e blessure, l’objectif était ailleurs.
« L’objectif cet hiver était vraiment de le rassurer et de reprendre la compétition avec un cheval qui avait de nouveau envie de jouer. »
Message reçu : « Aujourd’hui, il avait les oreilles pointées tout du long. En piste, je l’ai trouvé serein, calme, posé. Ça m’a vraiment rassurée. »
Un podium international, un niveau déjà exigeant
Derrière ce duel, João Victor Marcari Oliva a hissé le Brésil sur la troisième marche du podium avec Feel Good VO (70,522 %). Un cheval puissant, montant, capable de porter son poids sur l’arrière-main, parfois un peu fermé, mais déjà bien installé dans le cadre du haut niveau.

Les Belges en construction, entre promesses et apprentissage
Dans ce Grand Prix inaugural, la Belgique était représentée par deux cavalières aux trajectoires bien différentes, mais avec un point commun : Bordeaux comme étape de construction.
Pour Jorinde Verwimp, la huitième place a valeur de repère. Associée à Lotus-S, la Belge disputait tout simplement son tout premier Grand Prix international avec ce cheval. Verdict : 66,413 % et une place dans le top 8, dans un contexte relevé. Un score solide pour une première à ce niveau, qui valide l’orientation du couple et ouvre des perspectives pour la suite de la saison.

De son côté, Alexa Fairchild termine douzième avec 62,304 %. Un résultat plus en retrait, mais dans un Grand Prix exigeant, sans indulgence sur les fautes, où chaque erreur se paie comptant. Là aussi, Bordeaux sert de point d’étalonnage, plus que de verdict définitif.

Bordeaux, un nouveau point d’ancrage pour le dressage
Pour Sabine Zaegel, Directrice du concours, ce premier test est concluant.
« Cette piste convient parfaitement au dressage. Ce premier Grand Prix nous l’a clairement prouvé », expliquait-elle. « Le terrain est réglé avec une très grande précision, presque comme du papier à musique. »

Attirer les cavaliers n’a pas été un problème. « Il y avait une vraie attente. Et pour cette première un plateau à la hauteur de ce premier 4* était au rendez-vous. Il manquait juste peut-être l’un ou l’autre représentant allemand. » Mais d’ajouter sur le ton de la plaisanterie que le président du Jury venait déjà d’outre-Rhin, de quoi peut-être lancer le mouvement.

Grand Prix réussi, des attentes pour le Freestyle vendredi à 16h: « Nous comptons beaucoup sur la Reprise Libre en Musique, programmée en fin de journée, C’est ce que le public préfère. »
Retrouvez les résultats complets du Grand Prix 4* de Bordeaux ici