17 ans, zéro tremblement : À Oliva, Seppe Wouters claque son premier Grand Prix 3*

Publié par Sébastien Boulanger le 02/02/2026

À Oliva, ce dimanche, un gamin de 17 ans a donné une leçon de calme et de précision. Pour son tout premier succès en Grand Prix 3* 1m50, Seppe Wouters n’a pas seulement gagné : il a dominé. En selle sur Quito de Mariposa (Comme IL Faut 5 x Air Jordan Z), premier à partir au barrage, il a posé un chrono que personne n’ira chercher. Une victoire précoce, mais tout sauf un accident.

Le premier à s’élancer… comme un vieux briscard

Huit barragistes. Une belle brochette. Et pour ouvrir le bal, un adolescent. Pas exactement la position la plus confortable quand on joue la gagne. Mais Seppe Wouters s’élance comme s’il avait toujours fait ça. Foulées longues, virages nets, aucune précipitation, aucune crispation. Le regard est froid, le galop est franc. Quito répond à tout.

La semaine précédente, le duo avait déjà montré le bout de son nez avec une faute et un point de temps. « C’était seulement ma deuxième fois dans cette catégorie », nous explique le cavalier. « La semaine passée, on avait déjà fait un très bon parcours, mais cette fois, tout s’est mis en place exactement comme il le fallait. »
Le chronomètre s’arrête à 43’’13. Un temps de patron. À peine descendu de cheval, Wouters le sait : il a fait ce qu’il fallait. « Quand tu pars en premier, tu te dis simplement que tu as fait de ton mieux. Après ça, tu verras bien où tu finis. »

Derrière, ça pousse… mais ça casse

Les concurrents s’enchaînent et la pression monte. Yves Vanderhasselt tente sa chance avec Rikki vh Haneweehof (Don’T Touch Tiji Hero x Nabab de Reve). L’envie est là, le parcours aussi, mais une barre tombe. Le Belge reste pourtant satisfait, notamment de son premier tour. Sérieux, appliqué, mais insuffisant pour faire vaciller le leader provisoire.

Puis vient Lorenzo de Luca. Le Transalpin attaque avec Golden du Breuil (Kannan x Untouchable 27), sans calcul. Mais dès la première barre au sol, le barrage bascule et l’addition grimpe à douze points. À ce niveau-là, l’erreur ne pardonne jamais.

Oliva aux couleurs noir-jaune-rouge

Ce Grand Prix d’Oliva Nova a soudain des airs de championnat de Belgique. Cinq représentants du plat pays sont en lice pour cette ultime manche. Leonie Peeters choisit la sécurité. Le parcours est propre, appliqué, sans prise de risque excessive. Elle cherche le sans-faute, sachant qu’il peut valoir cher. Mais deux barres finissent par tomber et l’espoir s’envole.

Bart Jay Junior Vandecasteele entre ensuite en piste avec Vamos de la Pomme d’Or Z. Lui aussi soigne chaque détail. Le barrage est sans faute, mais le rythme est trop sage. 50’’17 à l’arrivée, soit à deux années-lumière du chrono de Wouters. C’est la septième place.

Niall Talbot et Anna Power s’en sortent avec quatre points. Propre, mais insuffisant. Et plus les passages s’enchaînent, plus une évidence s’impose autour de la piste : pour battre le gamin, il faudra être parfait… et très rapide.

Guéry, le chrono… et la barre de trop

Il reste un cavalier, encore un Belge. Et pas n’importe lequel. Jérôme Guéry. En selle sur Qartouche de la Pomme d’Or Z, un cheval qu’il monte depuis huit mois (avant monté par…Bart Jay Junior Vandecasteele tiens tiens) , le Belge sait qu’il a une carte à jouer. Et il la joue à fond. Le temps est exceptionnel : 42’’91, le meilleur du barrage. Mais au milieu du triple, une barre tombe. Le bon coup était là, à portée de main. Il s’échappe. Ce sera la troisième place.

Après coup, Guéry analyse avec lucidité. « Qartouche a sauté magnifiquement et commence vraiment à passer un cap. On a travaillé tout l’hiver et maintenant le cheval est beaucoup plus avec moi. Il était à deux doigts de gagner le Grand Prix, avec le meilleur temps. C’est très, très positif. Dans quelques mois, il fera des Grand Prix cinq étoiles »

Jérôme ne s’attarde pas. Sous le soleil espagnol qui chauffe déjà bien pour ce début février, il va « skipper » la remise des prix pour une bonne raison, il doit disputer le barrage du Grand Prix Silver avec Kiranova de la Sure (Quickfire de Ferann x Nonstop). Un mal pour un bien, puisqu’il va le remporter…Un bon dimanche…

« C’est eux le futur »

Au tableau d’affichage, le symbole est fort. Trois Belges aux trois premières places. Et un détail qui fait sourire tout le monde : les deux premiers réunis n’atteignent même pas l’âge du troisième qui n’est pourtant pas un vieux croulant. « Seppe, c’est sa première année où il peut courir des Grands Prix trois étoiles », poursuit Guéry, co-propriétaire de Quito de Mariposa avec Alexander Oancea. « La semaine dernière, une faute et un point. Ici, double sans-faute et il gagne. On est vraiment très heureux pour lui. Quito et Seppe le méritent vraiment moi je termine troisième. On ne pouvait pas espérer mieux. »

À noter aussi la réussite de l’élevage de Patrick Huyse, avec deux chevaux « de la Pomme d’Or » sur le podium. Joli coup !

Dans le clan des vainqueurs, l’émotion est palpable. Alexander Oancea, l’autre co-propriétaire de Quito de Mariposa , peine à contenir son enthousiasme et ses émotions. « C’est un rêve. Quito, c’est le premier cheval que j’ai élevé, c’est comme mon bébé. Quand tout le monde disait qu’à 1m45 c’était fini, qu’il n’irai pas plus haut, aujourd’hui on gagne un Grand Prix trois étoiles.

Ce gamin a un talent de dingue. Cette combinaison Seppe–Quito, je pense qu’il n’y a pas de limite. On sait avecJérôme qu’un jour on aura probablement une proposition qu’on ne pourra pas refuser pour ce cheval. En attendant, mon rêve ces de voir ce duo gagner un jour sur sur 1m60 en quatre ou cinq étoiles. Il le feront, j’en suis certain »

La tête froide malgré l’exploit

Et Seppe Wouters, au milieu de tout ça ? Étonnamment calme. « Honnêtement, je suis surpris. La victoire est arrivée plus vite que je ne le pensais », confie-t-il. « On s’était dit qu’on allait aller vite, mais en restant réfléchis. Pas complètement fou. Mon cheval a fait un très bon barrage, avec de grandes foulées et de longues lignes. Je l’ai depuis déjà assez longtemps. On a construit un très grand partenariat, je pense. Je le connais vraiment par cœur, et lui me connaît très bien. C’est un cheval spécial, mais on sait comment travailler ensemble.

Il m’aime, je pense, et je l’aime aussi. C’est une très bonne relation. »

Quand on évoque la suite, pas de plans démesurés. Retour à la maison, puis Opglabbeek en deux étoiles, avant un nouveau trois étoiles quelques semaines plus tard. « Ça n’arrivera pas toutes les semaines ni tous les mois. Je le sais. Mais je vais vraiment profiter de celle-ci. »

À Oliva, il n’y a pas eu de miracle. Juste un cheval en pleine confiance, un cavalier d’une maturité et d’un talent déconcertants et un chrono que personne n’a su aller chercher. À 17 ans, Seppe Wouters n’a pas seulement gagné un Grand Prix 3*. Il a ouvert une porte. Et elle risque de rester grande ouverte.

Retrouvez les résultats complets du Grand Prix 3* d’Oliva ici

Ne manquez pas la newsletter So Horse

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité