Delestre s’offre Madrid : Gatsby du Tillard change de dimension

Publié par Sébastien Boulanger le 17/05/2026

Il y a des victoires qui racontent plus qu’un simple classement. Celle de Simon Delestre à Madrid ressemble presque à une passation de pouvoir. Dans l’un des Grands Prix les plus exigeants de la saison, le Français a signé l’unique double sans-faute du GP dominical avec Gatsby du Tillard pour décrocher le Longines Global Champions Tour de Madrid. Une victoire construite avec lucidité, maîtrise et ce petit supplément de sang-froid qui sépare souvent les vainqueurs des autres.

 

Madrid, ou l’art de survivre

Le Club de Campo Villa de Madrid n’a jamais eu la réputation d’être une promenade de santé. Cette édition 2026 l’a encore rappelé sans prendre de gants.

Une piste à 1,60m tendue comme un câble haute tension. Un temps accordé assassin. Et seulement quatre cavaliers capables de décrocher leur ticket pour le barrage. Même les gros bras ont laissé des plumes : Philipp Weishaupt, Gilles Thomas ou encore Hans-Dieter Dreher ont préféré mettre le clignotant plutôt que de finir dans le décor. 

Dans le lot des recalés de luxe : Katrin Eckermann, Edwina Tops-Alexander, Denis Lynch ou Sergio Álvarez Moya, tous victimes de cette piste madrilène qui ne pardonnait absolument rien. Et puis il y a eu le crève-cœur Jeanne Sadran, privée de barrage pour une dernière barre tombée. Celle qui fait mal. Très mal. 

Delestre a joué aux échecs, les autres au poker

Le barrage ? Quatre cavaliers. Quatre stratégies. Et une seule vérité.

Stephan de Freitas Barcha a dégainé le premier avec Chevaux Primavera Imperio Egipcio (Calvaro F.C. x Paroli). Très vite. Très fort. Trop, peut-être. La dernière barre est tombée, laissant au Brésilien un chrono canon mais quatre points qui sentaient immédiatement l’occasion manquée. 

Puis Simon Delestre est entré en piste avec une idée très claire : ne pas se laisser griser.

Là où les autres ont voulu gagner au chronomètre, le Français a choisi la précision. Un barrage presque froid. Calculé. Intelligent. Aucun geste inutile. Aucun virage désespéré. Juste un sans-faute propre en 52’’30.

Et finalement, c’était le seul qui comptait.

« Je savais qu’en étant sans-faute, je serais au minimum deuxième. J’ai donc vraiment choisi de privilégier le clear », expliquait Delestre après son triomphe. Une lucidité de celui qui sait que parfois les barres valent plus cher que les dixièmes. 

Gatsby du Tillard, la nouvelle pépite française

Ce succès raconte aussi quelque chose d’important : Gatsby du Tillard (President x Diamant de Semilly), 10 ans, est en train de changer de dimension.

Le cheval découvre seulement cette saison le très haut niveau des Grands Prix 5*, mais il donne déjà l’impression d’être installé à cette table depuis des années. Déjà sans-faute à Shanghai il y a deux semaines, le couple confirme avec éclat dans l’une des pistes les plus exigeantes du circuit.

Et Delestre ne cache plus son admiration pour le Selle Français gris:

« C’est probablement l’un des meilleurs chevaux que j’ai montés dans ma carrière. »

Quand un cavalier qui a connu Hermès Ryan, Chesall ou Cayman Jolly Jumper commence à parler comme ça, ce n’est jamais anodin. 

Antoine Ermann continue de faire du bruit

Derrière Delestre, un autre Français poursuit son ascension à vitesse grand V : Antoine Ermann.

Déjà sur le podium à Shanghai, le jeune cavalier remet ça à Madrid avec Floyd des Prés (Vigo Cece x Papillon Rouge Normandie). Encore une fois, il a joué la gagne. Encore une fois, une barre l’a privé du jackpot. Mais deux podiums LGCT consécutifs avec deux chevaux différents, ça commence sérieusement à ressembler à autre chose qu’un simple “bon week-end”. 

Le Tricolore confirme surtout qu’il devient l’un des visages les plus excitants de cette saison 2026.

Delestre prend le pouvoir

Au-delà du prestige madrilène, cette victoire pèse très lourd au championnat.

Avec 117 points, Simon Delestre prend les commandes du classement général LGCT devant Katrin Eckermann (104 points). Zascha Nygaard complète provisoirement le podium avec 76 unités, tandis que Piergiorgio Bucci et Edwina Tops-Alexander restent au contact. 

Surtout, le Français valide déjà son ticket pour le Super Grand Prix de Prague. Et ça, à ce stade de la saison, c’est déjà une énorme opération.

Cannes arrive déjà

Le cirque LGCT va maintenant poser ses valises sur la Côte d’Azur, direction Cannes du 4 au 6 juin.

Après Shanghai et Madrid, la saison 2026 commence sérieusement à prendre des airs de règlement de comptes permanent. Et pour l’instant, c’est Simon Delestre qui mène la danse.

Retrouvez les résultats complets du Grand Prix 5* LGCT de Madrid ici

(Photos ©LGCT/Lijuba Buzzola)