Promesse tenue. À Bordeaux, la Coupe du monde ne viendra pas faire du tourisme. Champions olympiques, vainqueurs de finales, outsiders affamés et Bleus sous pression douce : le Jumping International version 2026 ressemble à un casting de blockbuster. Quatre jours pour marquer des points, faire vibrer le public et, pour certains, sauver leur billet pour le Texas.
Un Bordeaux taille patron
On l’avait annoncé, Jumping International de Bordeaux n’est pas une étape de transition. C’est un carrefour. Un carrefour où se croisent ambitions, calculs et coups de poker sportifs. À deux mois de la finale de la Longines Jumping FEI World Cup Final de Fort Worth, personne ne vient en Nouvelle-Aquitaine pour faire joli.
Fuchs, Devos, Deusser : la concurrence débarque armée
Tenant du titre, Martin Fuchs revient un an après avoir raflé Bordeaux. Numéro un mondial, ancien champion du monde, le Suisse ne cache rien : il vient verrouiller sa qualification. À ses côtés, Alain Jufer, impressionnant cet hiver, deuxième à Vérone, presque qualifié… mais pas encore tranquille.

La Belgique, elle, joue sa survie. Pieter Devos, vainqueur ici en 2018, et deuxième l’an passé, est finalement absent. Par contre, Jérôme Guéry, toujours vice-champion du monde en titre sera, lui, bien présent. En embuscade, on retrouvera Frederic Vernaet. Gudrun Patteet sera également du voyage.
L’Allemagne sort l’artillerie lourde : Daniel Deusser, vainqueur de la Coupe du monde 2014, lauréat à Bordeaux en 2019. Et surtout Michael Jung, monument du concours complet passé en mode saut d’obstacles. Une seule étape courue, une sixième place à Leipzig. Suffisant pour semer le doute… et la peur.
Irlande, Autriche, Brésil : pas là pour faire du tourisme
L’Irlande aligne du solide avec Denis Lynch et Jessica Burke, troisième du GP Audi ici même en 2024. L’Autriche avance son homme fort, Max Kühner, déjà qualifié pour Fort Worth après sa victoire londonienne.
Et puis il y a la veste jaune. Celle de Yuri Mansur, onze victoires internationales en 2025, cinquième du GP Audi l’an dernier. Toujours spectaculaire. Toujours dangereux.
Les Bleus, sans pression… mais pas sans ambition
Côté français, pas de panique. Julien Épaillard, numéro un national, vient avec ses atouts. Donatello d’Auge sera de la partie. Kevin Staut, qualifié pour Fort Worth, ne vient jamais pour promener ses chevaux : Vida Loca Z ou Viking d’la Rousserie seront de sortie.

Pour Pénélope Leprevost, il manque encore quelques points avec Baloubet de Talma. Olivier Robert joue gros : victoire ou deuxième place obligatoire pour le régional de l’étape. Autour d’eux, Marc Dilasser, Julien Anquetin, Roger-Yves Bost (de retour au top en 5* depuis le week-end dernier à Hong Kong), François-Xavier Boudant et Marie Demonte complètent une sélection dense et ambitieuse.
Dressage : première et plateau de choix
Nouveauté très attendue, le dressage quatre étoiles frappe fort. Pauline Basquin, écuyère du Cadre noir, retrouve Bordeaux après avoir fait vibrer Versailles avec Sertorius de Rima Z. Face à elle, l’Australienne Simone Pearce, la Portugaise Maria Caetano et la Belge Jorinde Verwimp, finaliste Coupe du monde à Omaha. Pour une première, c’est du haut niveau même s’il manque encore les cadors (l’année prochaine?).
Derby Devoucoux : Jung veut sa revanche

Au Devoucoux Derby, Michael Jung défiera Karim Laghouag. Avec Janneke Boonzaaijer, Mélody Johner et Korntawat Samran, le plateau est olympique. Le local Benjamin Massié tentera de refaire le coup de 2024 avec Héritier d’Uhart, pur produit du Sud-Ouest.
Attelage : battre Exell, mission (presque) impossible
La question est simple : qui peut faire tomber Boyd Exell ? Dries Degrieck, Bram Chardon, Jérôme Voutaz, Christoph Sandmann… Tous ont les armes. Tous ont déjà échoué. Benjamin Aillaud, invité par l’organisation, complète ce casting XXL. L’Australien a montré des signes de faiblesse lors des dernières manches. Réel coup de mou ou préservation en vue de la finale?

Bordeaux n’est plus une étape. C’est un climax de la saison hivernale. Entre enjeux de qualification, retours au sommet et nouvelles disciplines, le Jumping International de Bordeaux confirme son statut : ici, on ne triche pas. Et le public girondin, l’un des meilleurs au monde, saura encore une fois, reconnaitre le haut niveau.
Retrouvez le programme complet du Jumping International de Bordeaux ici
(Photo cover © Jumping International de Bordeaux)