À Chantilly, les canchas ont retrouvé leur bruit préféré : celui des sabots qui claquent sur le gazon et des maillets qui sifflent dans l’air picard. Avec plus de 600 chevaux déjà au travail, une saison de 12 goals qui démarre fort dès le 8 mai et une Polo Nations Cup annoncée comme l’un des rendez-vous majeurs de l’été, le Polo Club du Domaine de Chantilly célèbre aussi ses 30 ans. Et comme souvent ici, le polo ne fait jamais les choses à moitié.
Le retour du vert, des Argentins… et des choses sérieuses
À la Ferme d’Apremont, le printemps a une bande-son bien à lui. Un mélange de castillan lancé à toute vitesse, de musique latino qui s’échappe des écuries et de galops matinaux sur des terrains impeccables. Le polo sur herbe est de retour, et avec lui toute la petite mécanique humaine et équine qui transforme Chantilly en morceau de Pampa posé au milieu de l’Oise.

La saison a repris fort. Très fort même. Plus de 600 chevaux sont déjà au travail et 17 équipes sont engagées dès ce week-end dans les différentes catégories. Mais le vrai coup d’envoi du haut niveau arrivera ce vendredi 8 mai avec la Coupe PGH, première grande étape d’une saison de 12 goals particulièrement attendue.
Des équipes françaises, belges et italiennes débarquent avec l’envie de poser les bases avant le grand rendez-vous de juin. Parce qu’à Chantilly, tout le monde regarde déjà dans la même direction : la Polo Nations Cup.
La Polo Nations Cup veut changer de dimension
En seulement quatre éditions, la Polo Nations Cup a réussi ce que beaucoup de tournois mettent dix ans à construire : devenir un rendez-vous identifié du calendrier européen.
Du 12 au 27 juin, dix nations et régions sont attendues à Chantilly pour quinze jours de compétition. Et le casting commence à avoir sérieusement de l’allure.
France Occitanie reviendra défendre son titre avec Isabelle Larenaudie, les frères Simon et Ramiro Zavaleta ainsi que le jeune Français Elouan Badarello, l’un des noms qui monte dans le polo hexagonal.

En face, Córdoba remettra les bottes aux pieds avec Matias Torres Zavaleta, référence argentine du circuit. Un joueur dont Badarello parle presque comme d’un phénomène météorologique.
« Défendre sur lui est très compliqué. Il faut être plusieurs, seul, il te rend la vie impossible. »
Le genre de phrase qui résume assez bien ce qu’est le polo de haut niveau : une guerre de placement, de vitesse et d’anticipation jouée à cheval, à pleine balle.
Le polo féminin continue sa percée
Pendant longtemps, le polo féminin avançait dans l’ombre. Plus maintenant.
L’OniriQ Ladies Polo Nations Cup, organisée à partir du 22 juin, continue de prendre de l’épaisseur. Quatre équipes sont déjà annoncées, avec les Hauts-de-France de Bianca Verneuil en tenants du titre.
Israël, France Normandie et surtout les Pays-Bas viendront tenter de bousculer la hiérarchie. Mention spéciale aux Néerlandaises, seule équipe 100 % amateur et entièrement composée de joueuses du club autour de Sophie Rakic.
Le signal est clair : le polo féminin grandit vite. Très vite même. Les licenciées sont de plus en plus nombreuses et le niveau grimpe saison après saison. Une évolution que Chantilly accompagne depuis plusieurs années sans en faire un simple argument marketing.
Trente ans et toujours le même ADN
Cette saison a forcément une saveur particulière. Le Polo Club du Domaine de Chantilly fête ses 30 ans.

Fondé en 1996 par Patrick Guerrand-Hermès, le club s’est construit une réputation internationale sans jamais abandonner son idée de départ : faire cohabiter le très haut niveau et la transmission.
Ici, les cracks argentins croisent les amateurs du week-end. Les petiseros bichonnent les poneys avec une précision quasi obsessionnelle. Et les débutants peuvent encore apprendre sur les mêmes terrains que certains des meilleurs joueurs du continent.
Le polo version Chantilly, c’est ça : un sport élitiste sur le papier, mais vivant sur le terrain.

André Fabre reprend le maillet
Et parce qu’un anniversaire à Chantilly ne peut pas se terminer sobrement, le club prépare aussi un Tournoi des Légendes pour clôturer les festivités.
D’anciens capitaines, figures historiques du club et vieilles gloires argentines reviendront sur les terrains. Parmi eux : Tomas Goti, Diego Zavaleta… mais aussi André Fabre.
Oui, André Fabre. Le monument des courses hippiques françaises ressortira le maillet pour l’occasion. Et franchement, voir des légendes reprendre le jeu pour le plaisir de se challenger encore une fois, ça ressemble assez bien à l’esprit de ce club.

Trente ans plus tard, Chantilly n’a peut-être jamais autant ressemblé à lui-même.
Le Polo Club de Chantilly en chiffres
Fondé en 1995 par Patrick Guerrand-Hermès, le Polo Club du Domaine de Chantilly s’étend sur 130 hectares avec neuf terrains en herbe et une arena en sable. Plus grand club de polo d’Europe, il accueille chaque année une soixantaine de tournois, dont le prestigieux Open de France depuis 2001. Également siège de la Fédération Française de Polo, le club ouvre gratuitement ses matchs au public d’avril à octobre.
(So Horse avec le Polo Club du Domaine de Chantilly. Photos cover © Justine Jacquemot)