Farrington remet le brassard : 19 petits points et le monde du jumping retient son souffle

Publié par Sébastien Boulanger le 06/05/2026

On savait que Kent Farrington finirait par récupérer son trône mondial. Mais personne n’avait vraiment anticipé un scénario aussi serré. Dix-neuf points. Pas plus. Voilà ce qui sépare désormais l’Américain de Scott Brash au classement mondial Longines du mois de mai. Un mouchoir de poche à l’échelle du très haut niveau. Derrière eux, ça tient encore debout… mais ça commence sérieusement à tanguer dans le bas du Top 10.

Le brassard blanc change encore de biceps

Trois mois. C’est le temps qu’aura duré le règne de Scott Brash au sommet du classement mondial. Suffisant pour rappeler que l’Écossais reste une machine à résultats. Juste le temps pour contenir le retour de Kent Farrington.

Vainqueur de la finale Longines de la Coupe du monde le mois dernier, l’Américain a repris la première place mondiale avec une marge microscopique : 19 points. Autant dire une barre qui tremble sans tomber.

 (Brash lâche le brassard pour 19 points.)

Le plus fou dans l’histoire ? La bataille aurait déjà pu tourner autrement. Brash a bien terminé quatrième de l’étape du Longines Global Champions Tour de Shanghaï avec Hello Chadora Lady PS le week-end dernier. Sauf que le concours chinois, lancé le 1er mai, n’a pas été intégré dans le calcul du classement actuel. Pendant ce temps-là, Farrington engrangeait des points à Monterrey dès le 30 avril. Timing cruel. Comptabilité impitoyable.

Et voilà donc l’Américain, ambassadeur Rolex de retour avec le brassard blanc Longines.

Vogel verrouille, Thomas confirme, Mallevaey impressionne

Derrière les deux patrons, peu de bouleversements… mais quelques confirmations très solides.

Richard Vogel reste tranquillement installé à la troisième place mondiale. Même stabilité ensuite pour Ben Maher, quatrième, et surtout pour Gilles Thomas, toujours cinquième et meilleur Belge du classement. À seulement quelques mois des grands rendez-vous estivaux, le Flamand continue de se sentir bien parmi les références mondiales.

Juste derrière, Nina Mallevaey reste sixième. Et à force, il va falloir arrêter de parler de “surprise”. La Française est désormais une habituée des sommets.

(© FEI/Shannon Brinkman)

Shane Sweetnam conserve lui aussi sa septième position.

Ça secoue en bas du Top 10

C’est surtout entre la huitième et la dixième place que le classement a décidé de mettre un peu de désordre.

Le champion olympique, Christian Kukuk gagne un rang et grimpe au huitième étage mondial.

Encore mieux pour Steve Guerdat. Le Suisse récupère deux places et revient neuvième. Mine de rien, revoir Guerdat dans le Top 10 donne toujours un petit parfum d’ordre naturel des choses.

(© FEI/www.sportfotos-lafrentz.de / Stefan Lafrentz)

Et puis il y a le retour de McLain Ward parmi les dix meilleurs cavaliers du monde. Douzième le mois dernier, l’Américain boucle désormais le Top 10.

Les victimes collatérales ? Laura Kraut, sortie du Top 10 et désormais onzième, ainsi que Julien Épaillard, qui chute de quatre places pour se retrouver douzième.

Le clan français entre éclaircies et nostalgie

Même hors du Top 10, Julien Épaillard reste le Français numéro un. Mais la dynamique est moins flamboyante qu’en début de saison.

La bonne nouvelle vient de Simon Delestre, qui réintègre le Top 20 en passant de la 23e à la 19e place.

(©FEI/Mackenzie Clark)

En revanche, le classement de Kevin Staut raconte presque une petite page d’histoire du jumping français. Le Normand recule jusqu’à la 41e place mondiale et quitte durablement le Top 30, qu’il occupait sans interruption depuis… l’été 2009. Une éternité dans un sport où les cycles se consomment souvent plus vite qu’un barrage indoor. Et surtout une performance quand on connait la difficulté qui est celle de s’accrocher au top 30.

À surveiller aussi : Antoine Ermann, désormais 50e mondial et deuxième du classement U25 derrière Thibeau Spits, récent vainqueur du Grand Prix 5* de Fontainebleau.

Plus loin, Mégane Moissonnier, Marc Dilasser, Julien Anquetin, Roger-Yves Bost et Alexa Ferrer complètent la présence tricolore dans le Top 100 mondial.

Calme presque plat pour le plat pays

Aucun changement notable côté noir-jaune-rouge : ils sont toujours cinq cavaliers dans le Top 30 mondial. Une stabilité qui confirme surtout la profondeur actuelle du jumping belge au plus haut niveau.

En locomotive, Gilles Thomas reste solidement installé à la cinquième place mondiale et conserve son statut de meilleur Belge du classement. Derrière lui, la Belgique continue d’empiler les cartouches de luxe avec Nicola Philippaerts 15ème (+1) , Gréfgory Wathelet (-3), Abdel Said (-1) et Pieter Devos (+7).

(©LGCT/Stefano Grasso)

Avec la saison extérieure qui monte en température, chaque Grand Prix 5* risque désormais de peser lourd dans cette bataille entre Farrington et Brash. Très lourd.

Le brassard blanc a changé de biceps. Mais manifestement, idifficile de savoir pour combien de temps il restera au bras de l’Américain.

Retrouvez le classement mondial de jumping de mai ici