Steve Guerdat adore la Coupe du monde. Et la Coupe du monde le lui rend bien. Dimanche, à Helsinki, le Suisse a remporté le Grand Prix Coupe du monde d’Helsinki avec Albführen’s Iashin Sitte, au terme d’un barrage à sept où tout s’est joué à quatre centièmes. 38’’00 contre 38’’04. Un souffle. Une virgule.
Déjà vainqueur à Leipzig en janvier, le Jurassien s’offre un deuxième succès cette saison et valide son ticket pour la finale de Fort Worth, au Texas, début avril. Objectif assumé : un quatrième titre en finale. Personne ne l’a encore fait.

Helsinki, dernière escale avant le Texas
La finale de la Longines FEI Jumping World Cup se profile. Et Helsinki était la dernière chance pour engranger les points précieux en Ligue d’Europe occidentale. Nouveau format, infrastructures modernisées au Messukeskus, mais plateau plus restreint que dans les grandes années. Peu importe : le sport, lui, était au rendez-vous.
Le Brésilien Guilherme Jorge avait dessiné un parcours à 1,60 m exigeant, tout en rythme. Sept sans-faute pour accéder au barrage. De quoi faire monter la pression d’un cran.
Un barrage à la lame de rasoir
L’Allemande Paula de Boer-Schwarz ouvre le bal avec My Miss Marpel OLD (Mylord Carthago x Contender). Double sans-faute, 43’’36, propre, appliqué.
Le Belge Viktor Daem, novice à ce niveau, fait mieux dès le début de parcours avec Kavaliers Blue (VDL Zirocco Blue / Lancelot) : 42’’49. Il ne le sait pas encore, mais ce sera une formidable troisième place. Et une déclaration d’amour au public finlandais, pays de son épouse.

Puis arrive Kevin Staut. Vida Loca Z file à 37’’54. Le chrono explose. Mais la sortie de double tombe. Quatre points. Cinquième.
La porte est entrouverte. Guerdat s’y engouffre.
38 secondes de maîtrise
Avec Albführen’s Iashin Sitte (Bamako de Muze x Tinka’s Boy), 12 ans, désormais parfaitement à l’aise en indoor, le Suisse trace des courbes serrées, attaque juste ce qu’il faut. 38’’00. Net. Sans bavure.

“Je voulais vraiment bien faire en pensant aux points”, expliquera-t-il ensuite. Le déplacement en Finlande n’avait qu’un objectif : sécuriser la qualification.
Derrière, Oda Charlotte Lyngvaer tente le tout pour le tout. Carabella van de Neyen Z (Carrera VDL x Lux Z) termine en trombe. 38’’04. Quatre centièmes trop lent. Deuxième place, mais surtout premier ticket pour une finale de Coupe du monde. La Norvégienne jubile : “Tout s’est mis en place aujourd’hui.”

L’Italien Giampiero Garofalo joue son va-tout avec Querido van’t Ruytershof (Mosito van het Hellehof x Otangelo). La dernière barre tombe encore une fois. Fin du suspense.
Les Belges dans le coup, les Français au rendez-vous
Outre Daem, Jordy van Massenhove, huitième, signe un sans-faute en première manche avant de prendre un point de temps avec Verdiamo Z (Verdi TN x Andiamo Z). Solide. Ticket pour le Texas in the pocket.
Onzième, Grégory Wathelet peut nourrir quelques des regrets. Double Jeu d’Honvault, le Selle Français de 13 ans, propriété de… Steve Guerdat, touche le dernier oxer. Quatre points au terme du premier tour. “Nous avons encore engrangé quelques points, maintenant il va falloir attendre le décompte final”, glisse le Liégeois.
Côté français, Marc Dilasser avec Arioto du Gevres (Diamant de Semilly x Qualisco III) décroche son barrage et valide sa qualification malgré une faute sur l’avant-dernier obstacle. Julien Anquetin termine neuvième, piégé par une palanque en début de parcours. Sur le papier, cinq Tricolores sont qualifiés pour le Texas, dont le tenant du titre Julien Epaillard (mais la finale n’est pas dans les plans de Leprevost). Du côté belge, seul Jordy Van Massenhove a sa place assurée. Wathelet et Thomas croisent les doigts. Reste à savoir maintenant qui fera réellement le voyage.
Un quatrième titre historique en ligne de mire
Guerdat a déjà remporté trois finales mondiales. Il connaît la musique depuis l’enfance. “Je fais partie de l’histoire de la Coupe du monde et cela continue à me motiver énormément”, confie-t-il.

Opéré du dos l’an passé, absent à Bâle, le Suisse est revenu en pleine lumière plus en forme que jamais. Ses 3 heures de préparation physique quotidiennes y sont, sans doute, aussi pour quelque chose. À Fort Worth, il visera un quatrième sacre inédit. Mais pour l’instant, il savoure.
Helsinki réussit au champion olympique 2012 : il y avait déjà gagné en 2014 avec Nino des Buissonnets. Douze ans plus tard, la précision suisse est toujours là. Le regard aussi.
Retrouvez les résultats complets du Grand Prix Coupe du monde d’Helsinki ici
(Photos: ©FEI/ Kim C Lundin)