Il n’a peut-être jamais été le cheval le plus médiatique du circuit, mais pendant un an et demi, Careca LS Elite a été l’un des partenaires les plus fiables de Jérôme Guéry. Généreux, régulier, toujours prêt à répondre présent sur les grosses pistes, le fils de Caruso LS La Silla repart désormais là où tout a commencé : le Mexique. À 15 ans, pas question de retraite anticipée. L’alezan entame simplement un nouveau chapitre de sa carrière sportive.
Le cheval qui ne devait pas être numéro un
Au départ, Careca LS Elite n’était pas censé devenir la locomotive de l’écurie Guéry. Juste un très bon relais. Un cheval “intermédiaire”, comme le raconte le cavalier belge.
Repéré avec Olivier Robert lors de la tournée du Maroc, Careca le cheval tape dans l’œil de Jérôme Guéry. Il en parle à son ami Simon Delestre qui a brièveent monté le cheval. « Simon m’a dit : “Je pense que c’est un cheval intéressant pour toi” », explique-t-il. Quelques semaines plus tard, l’affaire est conclue.
Puis le scénario change brutalement. Quel Homme prend sa retraite. Et Careca se retrouve propulsé dans un costume qui n’était pas taillé pour lui.
« Ce n’était pas son rôle premier à la base, mais il l’a vraiment rempli pendant plus d’une année et demie », résume le vice-champion du monde.

Valkenswaard, Miami, Mexico : le second couteau devenu machine à points
Careca LS Elite n’était peut-être pas le cheval le plus spectaculaire du circuit. Mais il avait un truc que les cavaliers adorent : l’envie de bien faire. Toujours.
Sans faute dans le Grand Prix du Global Champions Tour de Valkenswaard, performant sur les grosses pistes cinq étoiles, précieux dans les étapes par équipes… l’alezan mexicain a surtout offert à Guéry une stabilité précieuse dans le très haut niveau.
Et paradoxalement, c’est en redevenant “simple” deuxième cheval qu’il a peut-être été le meilleur.
Avec l’arrivée de Quito de Mariposa et le retour de Qartouche de la Pomme d’Or, Careca glisse naturellement dans un rôle de luxe. Résultat immédiat : les victoires s’enchaînent. Miami. Mexico. Le cheval est ultra-bankable. Les téléphones commencent à chauffer.

Retour au Mexique, mais pas à la retraite
L’histoire aurait pu continuer encore un peu. Jérôme hésitait d’ailleurs à le garder. Parce qu’un cheval comme Careca, ça rassure un cavalier. Ça fait gagner des points. Et ça ne triche jamais.
Mais à Mexico, après une victoire, un jeune cavalier mexicain vient directement voir le Belge. Son nom : Alejandro Martin Del Campo Ramirez. La question est simple : « Est-il à vendre ? »
Le reste ressemble presque à une boucle parfaitement refermée.

Né à La Silla, issu du croisement Caruso LS La Silla x Rebozo LS, avec pour mère la célèbre Rebeca LS, ancienne jument de Grand Prix d’Édouard Levy, celle-là même qui a fait éclore le Français au plus haut niveau. Careca retourne aujourd’hui au Mexique pour écrire une deuxième vie sportive.
Pas question de partir brouter tranquillement au soleil.
À 15 ans, le bai expérimenté va désormais accompagner son nouveau partenaire dans sa progression sur le circuit international. « Son nouveau rôle va être d’encore faire évoluer ce jeune cavalier », explique Jérôme Guéry.
Une transition presque naturelle pour ce cheval généreux, calibré pour apprendre autant que pour performer.

Le genre de cheval qu’on n’oublie pas
Dans les grosses écuries, les chevaux passent vite. Très vite. Les cracks montent, les investisseurs tournent, les piquets changent de couleur selon les sponsors.
Mais certains laissent autre chose que des résultats. Careca LS Elite fait clairement partie de cette catégorie-là.
« Ce n’est pas un cheval avec toutes les capacités, mais il est tellement généreux », insiste Jérôme Guéry. Le genre de phrase qu’un cavalier ne sort pas pour faire joli. Mais plutôt un hommage pour service rendu.
Le Mexique récupère donc un maître d’école de luxe. Guéry, lui, perd probablement l’un de ses plus fidèles soldats. Et Careca, finalement, ne quitte pas vraiment les grandes pistes. Il change simplement de mission.




