Aachen 2026, la Belgique du dressage démarre avec des regrets, l’Allemagne avec les muscles

Publié par Sébastien Boulanger le 11/08/2026

C’est parti à Aix-la-Chapelle. Les Mondiaux 2026 ont ouvert leurs portes ce mardi avec la première moitié du Grand Prix de dressage, première manche de la bataille par équipes. Pour la Belgique, Jeroen Devroe et Wim Verwimp avaient la lourde tâche d’ouvrir la route. Deux reprises, deux imprévus et quelques points abandonnés en chemin : les Belges terminent cette première journée à la 10e place provisoire. Pendant ce temps-là, l’Allemagne a déjà commencé à montrer les dents.

Devroe, les 70 % qui s’envolent

Il y a des endroits plus tranquilles pour commencer un championnat du monde que le grand stade d’Aix-la-Chapelle. Jeroen Devroe le savait évidemment. Lesto, peut-être un peu moins.

Premier Belge à entrer dans l’arène, Devroe présentait son hongre de 10 ans pour ce qui constituait encore une sacrée marche dans la jeune carrière du cheval. Et pendant une bonne partie de la reprise, le couple belge a fait le boulot. Pas de catastrophe, pas de grosse faute technique. Mais quelques frayeurs qui, à ce niveau, se paient comptant.

Lesto s’est notamment inquiété pendant le pas allongé, avant de montrer encore quelques signes de tension dans un coin de la piste. Résultat : 69,990 %. À un souffle de cette barre des 70 % que le Belge était venu chercher.

« D’un côté, je suis très heureux du cheval parce qu’il est encore assez jeune et n’a pas beaucoup d’expérience », expliquait Devroe après sa reprise. « Il n’a pas fait de vraie faute, sauf lorsqu’il s’est effrayé dans le pas allongé. Cela nous a coûté beaucoup de points. » nous confie t’il;

Pas question cependant de ruminer au beau milieu d’une reprise de championnat. « Ça ne peut pas rester dans la tête, sinon on n’est plus assez concentré pour ce qui vient ensuite. » Devroe préfère donc retenir le comportement général de Lesto, « un cheval qui n’est pas très facile », tout en reconnaissant une petite frustration : « On avait espéré les 70 %. »

Pour celui qui dispute ici ses quatrièmes championnats du monde, le retour sur une scène pareille avait aussi une saveur particulière. Et quelques pulsations supplémentaires.

« Cela faisait quelques années que je n’avais plus participé à un grand championnat. Et quand on devient un peu plus vieux, c’est presque encore plus stressant », souriait-il. Avant de rappeler l’évidence : « C’est la plus belle place au monde pour monter, surtout dans le grand stade. »

Verwimp, le grain de sable au galop allongé

Quelques heures plus tard, Wim Verwimp aurait certainement signé pour une reprise sans histoire. Lui aussi va pourtant découvrir qu’à Aix-la-Chapelle, le scénario peut changer en quelques foulées.

Tout se passait plutôt bien jusqu’au galop allongé. Là, Jedai de Massa aperçoit quelque chose au sol, peut-être un reflet du soleil sur un panneau publicitaire, et pile.

Pas vraiment prévu au programme.

« Il s’était senti vraiment très bien tous les jours depuis notre arrivée et nous étions parfaitement préparés », racontait Verwimp. « Malheureusement, au galop allongé, il a vu quelque chose au sol. Je ne sais pas si c’était le soleil qui se reflétait sur un panneau. Peu importe. Il s’est arrêté et je ne m’y attendais absolument pas. »

L’incident coûte des points. Mais surtout, il casse le fil de la reprise.

« J’ai ensuite perdu un peu ma concentration et mon rythme, et j’ai commis une faute dans le zigzag. Plus tard, il est aussi parti de lui-même. Ce n’était pas directement sa faute, c’était une erreur de concentration de ma part. »

La sanction tombe : 68,121 %. Bien loin du score espéré.

Verwimp ne cherche pourtant pas d’excuse. « Je reste satisfait des points obtenus, mais je suis un peu déçu de moi-même parce que je sais que cela aurait pu être meilleur. »

Bref, une reprise avec des « si ». Et les « si », en championnat, ne rapportent malheureusement aucun point supplémentaire.

L’Allemagne pose déjà ses valises devant

Pendant que les Belges comptaient les points abandonnés, les Allemands ont fait exactement ce qu’on attend généralement des Allemands dans un championnat de dressage à domicile : prendre les commandes.

Raphael Netz a d’abord placé Great Escape Camelot à 73,338 %, installant provisoirement l’Allemagne en tête.

Becky Moody et Jagerbomb sont ensuite venus troubler la fête pendant une petite vingtaine de minutes (73.820). Pas davantage.

Car Frederic Wandres avait encore quelque chose à dire.

Avec Bluetooth OLD, l’Allemand signe 75,953 %, meilleur score de cette première journée, et remet immédiatement la Mannschaft tout en haut de la pile.

Après cette première moitié du Grand Prix, l’Allemagne mène donc la danse devant la Grande-Bretagne, l’Australie, la Suède, le Danemark, le Portugal, l’Autriche, les États-Unis, le Canada et la Belgique.

Les Mondiaux viennent à peine de commencer, mais les patrons ont déjà posé leur serviette.

La Belgique dixième, mais les gros bras arrivent

Avec ses deux premiers scores, la Belgique occupe donc la 10e place provisoire. Pas exactement l’endroit rêvé lorsque l’objectif annoncé se situe autour du top 6 ou 7 max.

L’enjeu est majeur : ces championnats du monde distribuent les premiers quotas par équipes pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, avec les six meilleures nations non encore qualifiées qui décrocheront leur billet. Les États-Unis étant déjà qualifiés en tant que pays hôte, leur présence dans le haut du classement peut donc faire glisser la ligne qualificative d’un rang.

Autrement dit, chaque dixième compte. Et ce mardi, la Belgique en a laissé quelques-uns en route.

Mais avant de sortir la calculatrice et les mouchoirs, il reste un détail plutôt important : les deux meilleures cartouches belges n’ont pas encore été tirées.

Mercredi, Larissa Pauluis entrera dans l’arène à 12h10. Puis viendra Justin Verboomen à 17h20.

Et avec Verboomen, la Belgique ne joue plus simplement à limiter les dégâts. Elle possède l’un des couples capables de sérieusement remuer le classement.

La première journée belge aura donc été celle des regrets. Quelques frayeurs, un arrêt, de la concentration perdue et cette fichue barre des 70 % restée juste hors de portée de Devroe.

Mais un championnat du monde ne se gagne pas le mardi matin.

Heureusement pour les Belges, il ne s’y perd pas forcément non plus.

Les résultats complets de la première journée ici

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