Barbara Minneci et Freiherr : quinze minutes pour apprendre un Mondial

Publié par Sébastien Boulanger le 19/08/2026

À la veille de son entrée dans le para-dressage des Championnats du monde à Aix-la-Chapelle, Barbara Minneci a profité de la familiarisation pour présenter la grande piste à Freiherr. Un cheval talentueux, mais encore totalement novice à ce niveau. Quinze minutes pour regarder, respirer, prendre des repères et éviter, accessoirement, de saluer le mauvais côté. Pour la Belge, ce mardi n’était surtout pas le moment de refaire le dressage : il fallait simplement rendre l’inconnu un peu moins inconnu.

D’abord, montrer les lieux au petit nouveau

Un quart d’heure. Pas vraiment de quoi révolutionner une carrière. Mais largement assez pour faire connaissance avec une piste qui, ce mercredi, aura une tout autre allure.

Barbara Minneci participait ce mardi à la séance de familiarisation avec Freyr, Freiherr von Nymphenburg, avant leur entrée dans la compétition de para-dressage. Le couple représente la Belgique en Grade III à ces Championnats du monde. La sélection belge associe également Emma Vercammen et Odin en Grade III, ainsi que Kevin Van Ham et Francesca Vanhoeck en Grade V.

Pour Minneci, cette familiarisation avait une importance particulière. Parce que son partenaire découvre encore le très haut niveau.

« C’est très important, d’autant plus que le cheval a zéro expérience. Il se comporte bien, mais tout est nouveau pour lui. »

Voilà pour le programme. Pas de grand chantier technique, pas de dernière trouvaille révolutionnaire à quelques heures du départ. Juste un cheval à rassurer et une cavalière qui, elle aussi, voulait prendre possession des lieux.

Un quart d’heure dehors, un quart d’heure dedans

Avant de pénétrer sur le rectangle, Freiherr a d’abord eu droit à quinze minutes autour de la piste, avec l’entraîneur de Barbara Minneci à ses côtés.

Un détail qui n’en est pas vraiment un lorsqu’un cheval découvre l’environnement d’un championnat.

« Ça a permis au cheval de se détendre un petit peu, d’être à l’aise avec mon entraîneur qui marche à côté. Et puis on a pris quinze minutes dans la piste. En fait, c’est suffisant pour sentir un peu les réactions du cheval et trouver un peu ses lignes. »

Le travail du jour tenait donc davantage de la reconnaissance que de la répétition générale.

« Évidemment, on ne va pas refaire le dressage du cheval dans la piste. C’est juste pour une mise en confiance des deux et trouver ses repères. »

Et les repères, chez Barbara Minneci, ne sont pas une formule toute faite destinée à meubler une interview d’avant-compétition. La Belge reconnaît volontiers pouvoir perdre le nord une fois plongée dans sa reprise.

Alors, tant qu’à disposer de quelques minutes, autant vérifier où se trouvent les lettres, les juges et surtout le sens de circulation.

« J’ai refait un petit peu les mouvements de demain dans le bon sens pour ne pas saluer dos au juge. »

Au moins, le protocole diplomatique est réglé.

Un Mondial qui n’était pas vraiment au programme

L’histoire devient plus intéressante encore lorsqu’on regarde le calendrier du couple.

Freyr et elle n’ont disputé que deux concours ensemble avant ce rendez-vous mondial. La saison devait initialement servir à construire, découvrir et mettre le cheval en confiance. Pas à débarquer directement dans l’une des plus grosses échéances de la planète para-dressage.

« L’idée à la base cette année, c’était juste de le mettre en confiance, pas de venir au championnat du monde. »

Sauf que Freyr a manifestement brûlé quelques étapes.

Au championnat de Belgique fin mai, le couple avait déjà envoyé un petit message : Freiherr von Nymphenburg s’était notamment imposé dans le freestyle Grade III avec 74,322 %.

De là à prévoir un Mondial quelques semaines plus tard ? Pas vraiment.

Zéro pression, beaucoup à apprendre

Barbara Minneci connaît les grandes échéances. Les championnats internationaux et les Jeux paralympiques ne sont plus exactement des terres inconnues pour elle. Mais l’expérience n’empêche pas le joyeux bazar des premiers jours.

« Chaque concours est différent. Moi, je vis un concours à la fois. C’est effectivement un gros concours et il y a beaucoup de règles à suivre. On n’arrive pas à tout suivre au début, donc c’est un peu le chaos. À la fin du concours, on aura tout compris. »

Une philosophie qui pourrait probablement être imprimée sur le manuel d’accueil de la moitié des grands championnats.

Une fois en selle, en revanche, le décor administratif disparaît. Il reste une cavalière, un cheval et une reprise à dérouler.

Et surtout aucune envie de demander à Freiherr ce qu’il ne sait pas encore donner.

« Par rapport à l’enjeu, je suis relax parce que je n’ai pas d’attentes avec Freiherr. Il a zéro expérience. On a fait deux concours ensemble, donc on va voir comment ça se passe. Je ne vais certainement pas lui mettre la pression. »

« Le cheval a beaucoup de qualités »

Voilà peut-être le vrai enjeu de mercredi.

Pas forcément une médaille. Pas encore un pourcentage précis à aller chercher. Mais une première grande expérience à ranger dans la tête d’un cheval qui apprend encore le métier.

« Le cheval a beaucoup de qualités. On manque encore beaucoup de technique parce que tout est très nouveau pour lui et il fait de son mieux pour comprendre mes aides. »

Barbara Minneci ne cherche d’ailleurs pas à situer artificiellement son couple dans la hiérarchie avant même d’avoir déroulé.

« J’ai du mal à me situer sur un gros championnat comme ça avec toute la concurrence. »

Alors mercredi, Freyr découvrira pour de bon ce que signifie entrer sur un rectangle de championnat du monde. Les juges seront là, la reprise comptera et les quinze minutes de reconnaissance appartiendront déjà au passé.

Pour le reste, Minneci a choisi une feuille de route plutôt simple : ne pas brûler les étapes d’un cheval qui les a déjà franchies à toute vitesse.

Et saluer les juges dans le bon sens. Ce sera déjà un excellent début.

La liste de départ du grade III ici

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