Yuri Mansur claque la porte du Brésil avant même les Mondiaux

Publié par Sébastien Boulanger le 17/08/2026

Rififi dans la délégation brésilienne à Aix-la-Chapelle. À quelques heures de la visite vétérinaire et avant même que les Mondiaux de jumping aient réellement commencé, Yuri Mansur a annoncé son retrait. En cause : un sérieux différend avec sa fédération autour de sa place dans l’équipe. À 47 ans, le Brésilien ne s’est pas contenté de déclarer forfait avec QH Alfons Santo Antonio : il annonce qu’il ne représentera plus son pays en championnats ni en Coupes des Nations. Et le communiqué est particulièrement salé.

La bombe avant même le premier obstacle

Il n’aura même pas fallu attendre la première barre pour que ça tombe.

Dimanche 16 août, à la veille de la visite vétérinaire des Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, Yuri Mansur a annoncé son retrait de la sélection brésilienne. Le cavalier de 47 ans devait participer à ces Mondiaux avec QH Alfons Santo Antonio, son expérimenté hongre de 19 ans.

Mais un profond désaccord avec sa fédération concernant sa place dans l’équipe a fait exploser la situation. Et Mansur n’a manifestement pas quitté le navire sur la pointe des pieds.

Dans un long communiqué, le Brésilien raconte plus d’une décennie passée à défendre son drapeau, mais surtout une accumulation de frustrations. Il dénonce notamment « l’incompétence », « un manque de leadership compétent », des « luttes de pouvoir entre les athlètes », du « favoritisme » et une absence de règles et de procédures équitables.

Bref, niveau ambiance, on a connu préparation mondiale plus sereine.

« J’ai été victime de chantage et de mauvais traitements »

Mansur va surtout beaucoup plus loin qu’un simple désaccord sportif.

« J’ai subi le traitement le plus déplorable de la part de cette équipe dirigeante, le pire dont j’aie jamais été témoin. J’ai été victime de chantage et de mauvais traitements. Pourtant, j’ai persévéré et donné le meilleur de moi-même pour ce pays. »

Selon le cavalier, les événements survenus dimanche 16 août ont constitué la goutte de trop.

« Mais les événements de ce dimanche 16 août 2026 ont franchi toutes les limites en matière d’éthique, de respect et d’esprit sportif. »

La conséquence est radicale. Mansur ne se retire pas seulement des Mondiaux : il annonce qu’il ne représentera désormais plus le Brésil dans les championnats ni dans les Coupes des Nations.

Il souhaite bonne chance aux cavaliers brésiliens présents à Aix, avant de réserver sa dernière flèche aux dirigeants concernés :

« Quant à cette équipe dirigeante, je n’éprouve pour elle que de la pitié. »

Tchau. Et quelques morceaux de vaisselle au sol.

Les propriétaires derrière Mansur

Dans ce bras de fer, Yuri Mansur peut compter sur un soutien de poids. La famille Olsen de Almeida, principaux propriétaires du cavalier via Olsen Stables / QH Horses, lui a apporté son soutien total.

« Au nom d’Olsen Stables / QH Horses, nous tenons à exprimer notre soutien total à Yuri Mansur et à sa décision concernant la situation actuelle », ont-ils fait savoir.

Un appui loin d’être anodin alors que Mansur devait justement aborder ces Championnats du monde avec QH Alfons Santo Antonio, l’un des piliers de son piquet de chevaux qui devait sans doute disputer là son dernier championnat de taille.

De la veste verte à l’Oranje ?

Reste maintenant la question qui risque de faire quelques kilomètres dans les allées d’Aix-la-Chapelle : Yuri Mansur pourrait-il prochainement changer de nationalité sportive ?

La piste néerlandaise ne sort pas complètement de nulle part. Son fils Pedro Mansur, 13 ans, représente déjà les Pays-Bas et vient de devenir champion d’Europe Children individuel à Hagen avec Hotmail des Forêts, quelques jours seulement avant les Mondiaux. Il y a également décroché l’argent par équipes.

De quoi forcément alimenter les discussions autour d’une éventuelle veste Oranje pour le père.

Mais pas question de transformer les bruits d’écurie en info à ce stade.

Ce qui, en revanche, ne souffre guère d’ambiguïté après son communiqué, c’est l’ampleur de la fracture avec l’encadrement brésilien.

Je t’aime, moi non plus, version drapeaux 

Les histoires de cavaliers qui finissent par envoyer leur fédé promener ne datent pas d’hier. Abdel Saïd, qui disputera ces Mondiaux sous la veste belge, s’était sérieusement fritté avec la fédération égyptienne avant de changer de pavillon. Sergio Álvarez Moya a lui aussi connu une relation pour le moins compliquée avec sa fédération espagnole, au point d’avoir un temps envisagé d’aller sauter pour le Salvador. Les cas ne manquent pas. En jumping aussi, l’amour du maillot a parfois ses limites.

Mais Mansur vient d’ajouter une petite spécialité maison : le timing. Parce que changer de nationalité après des mois de bisbilles, passe encore. Claquer la porte la veille des Mondiaux, à quelques heures de la visite vétérinaire, avec QH Alfons Santo Antonio déjà dans les écuries d’Aix, c’est tout de même une autre façon de poser sa démission sur le bureau.

Ne manquez pas la newsletter So Horse

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité