Miami. Soleil, palmiers… et une bombe lâchée dans le paddock mondial. La Premier Jumping League (PJL) a officiellement vu le jour, portée par Frank McCourt et une armada de décideurs et de cavaliers. Avec 300 millions de dollars garantis, seize équipes et un casting XXL, la nouvelle ligue ne cache rien : elle veut s’asseoir à la table des grands. Quitte à pousser le Global Champions Tour et la Major League Show Jumping dans leurs retranchements.
Miami, acte fondateur
C’est donc en Floride, que tout s’est accéléré. Frank McCourt, Neil Moffitt, Nick McCabe et Lisa Lazarus ont officialisé la création de la PJL, entourés d’un groupe trié sur le volet de cavaliers internationaux.
Comme la comm, le projet est soigné. Il est aussi clair, chiffré, structuré. Et surtout daté : mars 2027 pour le coup d’envoi.
Quatorze étapes sont annoncées, réparties entre États-Unis, Mexique, Italie, Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne, France et Moyen-Orient — “selon les développements géopolitiques”, précisent les organisateurs. Traduction : on vise global, mais on garde un œil sur les péripéties mondiales.
300 millions pour changer de dimension

Le chiffre claque : 300 millions de dollars de prize money.
Jamais vu dans l’histoire du saut d’obstacles. Et clairement, pas anodin.
La PJL veut corriger ce que beaucoup dénoncent depuis des années : un sport élite… sans modèle économique solide pour ses athlètes.
Frank McCourt résume la philosophie : offrir une carrière viable sans sacrifier les valeurs du sport. Un discours qui trouve un écho immédiat dans le peloton mondial.
McCourt, le revenant qui n’a jamais décroché
L’homme n’arrive pas de nulle part. Ancien associé de Jan Tops au sein du Global Champions Tour, McCourt connaît déjà les coulisses du jumping.
Mais son CV dépasse largement les paddocks :
propriétaire de l’Olympique de Marseille depuis 2016, ex-patron des Los Angeles Dodgers (revendus 2 milliards de dollars après un passage mouvementé), investisseur massif dans le sport spectacle.
Le cheval ? Une obsession qui revient au galop.
Une ligue pensée comme un produit global
La PJL ne vend pas seulement du sport. Elle vend une narration.
Partenariat avec Box to Box Films, diffusion gratuite, formats par équipes, transparence annoncée : tout est calibré pour séduire une audience nouvelle, plus jeune, plus large.
Neil Moffitt, CEO (et par ailleurs père de la cavalière Emily Moffitt, parle d’un “tournant majeur”.
Objectif : injecter énergie, engagement et lisibilité dans un sport parfois jugé opaque.

Sélection, franchises et stratégie anti-conflit
Seize équipes. Un système inédit de sélection parmi 250 cavaliers. Et surtout, un modèle de franchises que la PJL veut vendre à des investisseurs engagés sur le long terme.
Nick McCabe, président et COO, l’assume :
» il faut des propriétaires solides, pas des figurants.«
Côté calendrier, la ligue promet d’éviter les collisions frontales avec les mastodontes existants : Rolex Grand Slam, Longines League of Nations, grands rendez-vous outdoor.
Reste à voir si cette promesse tiendra face à la réalité du calendrier international.
Les cavaliers montent déjà en selle
Et ils ne sont pas anonymes.
Nicola Philippaerts, Abdel Saïd, Lillie Keenan, Laura Kraut, Scott Brash, Ben Maher, Harry Charles, Cian O’Connor, Sophie Hinners, Nina Mallevaey… La liste des soutiens conviés pour l’annonce du lancement ressemble déjà à une start list de CSI5*.
Laura Kraut met les pieds dans le plat :
« Le décalage entre performance sportive et reconnaissance économique est devenu intenable. «
Scott Brash, numéro un mondial, va plus loin :
» La PJL pourrait enfin permettre aux cavaliers de concilier performance, revenus et bien-être, pour eux comme pour leurs chevaux. «

Le cheval, centre du jeu
Sujet incontournable. Lisa Lazarus insiste :
pas de grandeur sans bien-être équin.
La PJL promet des standards stricts sur les déplacements, le repos, la surveillance vétérinaire et la prise de décision.
Un argument clé, alors que la discipline reste sous pression médiatique.
La FEI en arbitre silencieux
Un point reste en suspens : la validation du format.
À ce stade, les règles proposées sont en cours d’examen par le comité saut d’obstacles de la FEI. Les dirigeants de la PJL espèrent un compromis d’ici le printemps, au plus tard à l’automne.
Sans feu vert institutionnel, difficile d’imaginer une mise en route fluide.
Vers une guerre des circuits ?

Impossible de faire semblant.
Avec ses moyens, son casting et son storytelling, la PJL entre directement en concurrence avec le Global Champions Tour et la Major League Show Jumping.
Même si les organisateurs parlent de complémentarité, le marché, lui, a ses limites.
Trop de circuits ?
Ou enfin une vraie concurrence ?
La PJL n’est pas une ligue de plus. C’est une déclaration d’intention. Une tentative de reconfigurer le saut d’obstacles autour d’un modèle moderne, rentable, médiatique.
Le pari est immense. Les moyens aussi. Reste à savoir si, en 2027, le sport suivra… ou résistera à cette révolution annoncée.
Plus d’infos sur la PJL ici
(Photos © Daniel Benson/Wieden+Kennedy London/The Premier Jumping League)