À domicile, sous un ciel qui n’avait rien de belge, la team nationale de dressage a remis les pendules à l’heure. Victoire en Coupe des Nations à Lier, deuxième succès consécutif à la maison, et surtout une impression qui commence à devenir sérieuse : la Belgique n’est plus une jolie surprise du dressage européen. Elle devient une nation qui compte. À quelques mois des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, les contours de l’équipe prennent forme. Et ils ont franchement de la gueule.
Lier, capitale belge du dressage
Il y a encore quelques années, organiser une Coupe des Nations de dressage en Belgique relevait presque du pari militant. Aujourd’hui, Lier affiche huit nations au départ, une ambiance de grand rendez-vous et une équipe belge qui gagne. Deux fois de suite.
Avec un total de 225,543 points, la Belgique de Jeroen van Lent a dominé la Grande-Bretagne (213,391) et l’Allemagne (211,804). Une victoire nette. Propre. Maîtrisée. Le genre de succès qui confirme une tendance plutôt qu’un simple exploit du week-end.
« Ces cavaliers continuent d’écrire l’histoire du dressage belge », a résumé le chef d’équipe. Et difficile de lui donner tort.
Justin Verboomen et Zonik Plus, locomotive du projet belge
Il y a les équipes solides. Et puis il y a les équipes qui possèdent un couple capable de faire lever tout un stade.
Déjà impressionnants en 2025 lors de leurs débuts en Coupe des Nations, les deux complices sont désormais installés dans une autre dimension. À Lier, ils ont signé un Grand Prix à 80,391 %, avec des pirouettes récompensées par des 9,5. Oui, 9,5. Quelques semaines après un énorme 83,500 % à Fontainebleau.

Le plus inquiétant pour la concurrence ? Verboomen estime lui-même que tout n’était « pas exactement comme prévu ». L’éternelle insatisfaction qui fait les plus grands.
Le hongre, pour sa part, continue sa montée en puissance. Surtout, il donne à la Belgique quelque chose qu’elle n’avait jamais vraiment eu : un couple capable d’aller chercher une médaille mondiale sans devoir s’excuser d’y croire.
Et le message est clair : Lier était la dernière sortie compétitive avant les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle en août.
Une équipe qui ne dépend plus d’un seul crack
La grande nouveauté belge de 2026 est peut-être là. La victoire est collective.
Larissa Pauluis a livré l’une des meilleures reprises de sa carrière avec Flambeau (73,522 %), dans une fluidité rare. Charlotte Defalque a tenu son rang (69,848 %), la connexion avec Valentin suit son cours positivement et Wim Verwimp, de son côté, a apporté son expérience avec 71,630 %.

Autrement dit : la Belgique gagne désormais avec de la profondeur.
Larissa Pauluis ne se contente pas de surfer sur la vague belge. Elle crée la vague aussi.
« C’était probablement le meilleur Grand Prix que j’ai jamais monté avec lui. »

Le détail compte. Parce qu’à haut niveau, les équipes capables de jouer des médailles sont rarement celles qui dépendent d’un seul phénomène. Posséder quatre couples fiables, c’est rare. Et c’est précisément ce que la Belgique commence à construire.
Le projet belge prend de l’épaisseur
Le plus intéressant dans cette victoire n’est peut-être même pas le classement.
C’est le sentiment de continuité.
Même staff. Même dynamique. Même cavaliers qui progressent ensemble. Le dressage belge, longtemps resté dans l’ombre des mastodontes allemands, néerlandais ou britanniques, avance enfin avec une structure claire.
Et symboliquement, voir Wim Verwimp performer tout en dirigeant l’événement résume assez bien l’état du projet : des acteurs investis à tous les étages.
« Voir l’événement grandir comme ça me rend très fier », a-t-il expliqué.
Lier devient plus qu’un concours. C’est une vitrine du nouveau dressage belge.

Aix-la-Chapelle en ligne de mire
Évidemment, personne ne distribuera des médailles en mai. L’Allemagne reste leader de la série Coupe des Nations avec 32 points. La Belgique et la Grande-Bretagne suivent avec 23 unités.
Mais sportivement, quelque chose bouge.
La Belgique arrive à Aachen avec :
- un leader mondial crédible,
- une équipe stable,
- des scores qui montent,
- et surtout une confiance collective qui commence à sentir les grandes nations.
Dans le dressage, discipline où les cycles se construisent lentement, ce genre de dynamique compte énormément.
Et pour une fois, la Belgique n’avance plus sur la pointe des pieds.vElle entre dans le rectangle avec les épaules larges.
Retrouvez les résultats complets de la Coupe des nations de dressage de Lier ici
(Photos © FEI/Dirk Caremans)