Grégory Cottard, le patron de Chaintré : « J’avais un peu une revanche à prendre »

Publié par Sébastien Boulanger le 24/05/2026

Le CSI4* de Mâcon Chaintré avait promis du sport. Il a surtout offert une démonstration signée Grégory Cottard. Devant un plateau dense et un barrage à neuf couples, le Français a survolé le Grand Prix de la Ville de Mâcon avec Hold Up de Valème, reléguant John Whitaker à près de quatre secondes. Derrière cette victoire, il y a aussi un cheval né à la maison, un concours devenu référence… et beaucoup d’émotion. 

Cottard a plié le barrage avant même la moitié

Grégory Cottard

Le barrage venait à peine de commencer que Grégory Cottard avait déjà frappé fort. Très fort.

Avec Hold Up de Valème (Thais de Pegase x Landsturm B), le Français déroule un tour immense de fluidité, avale les options et coupe la ligne en 37,62 secondes. Une marque qui allait rapidement devenir intouchable.

Même John Whitaker, pourtant maître historique du chrono, n’a pas pu répondre.

John Whitaker

Le Britannique terminera deuxième avec Equine America Unick du Francport (Zandor Z x Helios de la Cour Z), devant Charlotte Léoni et Cyclone L’Epivent (Ulix x Arpège Pierreville). Mais l’écart dit tout : presque quatre secondes. À ce niveau-là, c’est un boulevard.

Et derrière cette victoire, il y avait plus qu’un simple résultat.

« Je suis vraiment heureux car Hold Up est un cheval que j’ai fait naître. C’est beaucoup d’émotions pour moi de le voir gagner à ce niveau aujourd’hui », soufflait Cottard après son tour.

Le Français reconnaissait aussi un petit goût de revanche après une semaine frustrante :

« Cette semaine, j’ai manqué un peu de chance alors je prends un peu ma revanche dans ce Grand Prix. »

Grégory Cottard

Une première manche qui piégeait sans casser

Le parcours dessiné par Cédric Longis a parfaitement résumé l’esprit du week-end mâconnais : technique, intelligent et respectueux.

Treize obstacles à 1,55 mètre, quelques lignes délicates, un temps accordé suffisamment serré pour mettre la pression… et surtout des fautes réparties un peu partout.

Le chef de piste assumait totalement son plan.

« Neuf sans faute et de nombreux quatre points, c’était mon plan. Je cherche toujours à créer de petites fautes un peu partout sur le parcours », expliquait-il.

Et les pièges ont fonctionné.

Olivier Perreau et Himalaya du Temple fautent dès le numéro 1. Rick Hemeryck laisse le dernier vertical à terre. Denis Lynch rate le barrage pour une faute sur le 9. Roger-Yves Bost termine avec huit points. Marlon Modolo Zanotelli, lui, voit la finale lui échapper sur une simple touchette.

Pendant ce temps, les Whitaker faisaient parler leur expérience, Mark McAuley lançait parfaitement le barrage, et Charlotte Léoni continuait discrètement son ascension.

Charlotte Léoni, le sans-faute avant le chrono

Troisième avec Cyclone L’Epivent, la Française confirme surtout une régularité de plus en plus solide à ce niveau.

Pas encore la plus rapide, mais déjà l’une des plus fiables.

Charlotte Leoni

« Cette troisième place me fait vraiment plaisir. C’est ici notre deuxième Grand Prix de suite sans faute », rappelait-elle.

Lucide sur son Selle Français de 14 ans, elle ne cherche pas encore à brûler les étapes.

« Cyclone n’est pas un cheval très rapide naturellement. Nous arriverons bientôt à gagner en rapidité mais pour l’instant j’assure le sans-faute et cela me satisfait pleinement. »

Même John Whitaker veut déjà revenir

À bientôt 71 ans, John Whitaker continue de traverser les CSI comme une vieille Aston Martin : un peu vintage, toujours élégante, et encore capable de déposer beaucoup de monde.

Le Britannique repart avec une deuxième place et surtout un cheval en pleine confiance.

« Bien sûr, j’aurais préféré gagner mais mon cheval saute extrêmement bien », expliquait-il.

Avant de saluer le concours bourguignon :

« Le parcours était parfait. Le week-end était excellent. J’espère vivement revenir l’an prochain ! »

Quand une légende comme Whitaker coche déjà la date de l’édition suivante, c’est rarement mauvais signe.

Mâcon a changé de catégorie

Le vrai vainqueur du week-end, au fond, c’est peut-être aussi le concours lui-même.

Depuis quelques saisons, le Jumping International de Mâcon Chaintré monte en puissance. Et cette édition 2026 ressemble clairement à un cap franchi.

Cédric Longis ne cachait pas son enthousiasme :

« Ce concours est devenu une référence en termes de qualité d’installations. Pour nous chefs de piste, c’est vraiment un super terrain de jeu. »

Même son de cloche chez les cavaliers. Sanne Thijssen, victorieuse plus tôt du CSI4* 1,45 m avec Farah Z, parlait d’« un super concours », saluant une organisation « calme, fluide et relaxante ».

Et du côté de l’organisation justement, l’émotion était palpable.

« Le public était nombreux cet après-midi et je crois que ces images resteront gravées dans nos mémoires », confiait Isabelle Breul, présidente de Mâcon Chaintré Événements.

Grégory Cottard

Avec un plateau dense, des tribunes pleines et un Grand Prix spectaculaire, Mâcon n’est plus simplement qu’un beau CSI français.

C’est désormais aussi un rendez-vous que les cavaliers entourent en rouge dans leur calendrier.

Retrouvez les résultats complets du Grand Prix 4* de Mâcon Chaintré ici

(Photos © Agence Bouillot)

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