Rome rêvait d’un héros pour célébrer les 100 ans de Piazza di Siena. Elle l’a trouvé en Piergiorgio Bucci. En selle sur Pallieter vd N.Ranch, l’Italien a signé l’unique double sans-faute du Rolex Grand Prix et offert au public du parc Borghèse une victoire historique. Cinquante ans, 28e mondial et une série de succès qui n’en finit plus.

L’éternelle attendait un héros national
Cent ans de Piazza di Siena. Cent ans d’histoire. avec un grand H. Cent ans de champions venus inscrire leur nom sur les allées du parc Borghèse.
Et ce dimanche, c’est un Italien qui a fait chavirer Rome.
Piergiorgio Bucci et Pallieter vd N.Ranch, étalon BWP de 11 ans par Cornet Obolensky et Toulon, ont remporté le Grand Prix Rolex en réalisant ce que personne d’autre n’a réussi : deux parcours parfaits.

Pas de barrage. Pas de calcul. Pas de suspense artificiel.
Simplement le meilleur couple de l’après-midi.
Pour le cavalier des Abruzzes, le succès a une saveur particulière. Gagner à Rome est déjà un accomplissement. Le faire lors de l’édition du centenaire relève presque du symbole national.
Vezzani avait préparé autre chose que la Dolce Vita
Le Grand Prix n’avait pourtant rien d’une promenade romaine.
Le chef de piste Uliano Vezzani avait sorti les habits de fête pour célébrer l’événement. Un parcours sélectif, exigeant, qui a rapidement rappelé aux quarante cinq partants que les célébrations ne seraient accordées qu’aux plus solides.
Les Belges en ont fait l’amère expérience. Nicola Philippaerts et Gadget Mouche, Gilles Thomas avec Qiara de Kalvarie ainsi que Thibeau Spits associé à Impress-K van’t Kattenheye Z ont tous quitté la première manche avec huit points au compteur. L’addition était encore plus salée pour Emilie Conter, contrainte de quitter la pelouse romaine avec douze points.
Côté français, l’affaire ressemblait presque à un remake de la bataille de Pavie. Mégane Moissonnier et Crooner Tame terminaient avec huit points, Marie Demonte et Forban de Béliard avec seize, tandis que Nicolas Sers et Eleven de Riverland subissaient un véritable chemin de croix jusqu’à totaliser vingt-sept points.
Résultat : seulement sept sans-faute lors de la première manche.
Cinq autres couples à quatre points parvenaient à arracher leur billet pour la deuxième manche.
Le casting avait alors des allures de finale internationale.
Trois Italiens pour porter les espoirs locaux : Martinengo Marquet, Piergiorgio Bucci et Riccardo Pisani.
Trois Allemands pour tenter de reproduire le coup d’Aix-la-Chapelle : Sophie Hinners, Richard Vogel et Jörne Sprehe.

Deux Américaines avec Laura Kraut et Marilyn Little.
À leurs côtés, l’Espagnol Armando Trapote, le Saoudien Khaled Almobty, la Suédoise Wilma McMahon et le Mexicain à la moustache impeccablement entretenue Andrés Azcárraga.
Sur le papier, tout restait possible.
Sur la piste, beaucoup moins.
Une deuxième manche sans pitié
Dès les premiers passages, la deuxième manche a annoncé la couleur.
Andrés Azcárraga préférait finalement lever la main et renoncer.
Khaled Almobty et Eduardo Trapote voyaient leurs ambitions s’évaporer avec huit points.
Puis venait la série noire. la longue litanie:
Martinengo-Marquet. Quatre points, Kraut. Quatre points. Marilyn Little. Quatre points. Richard Vogel. Quatre points. Jörne Sprehe. Quatre points…
Même Sophie Hinners, pourtant portée ces dernières semaines par une Combella en état de grâce, laissait échapper une place au barrage sur une faute dans le double.
Une à une, les cartouches se vidaient.
Une seule cavalière parvenait à résoudre l’équation : Wilma McMahon. Avec Cicci BJN, la Suédoise réalisait le seul parcours sans faute de cette deuxième manche. Mais les quatre points accumulés lors du premier acte l’empêchaient de pousser le jeu jusqu’à une troisième manche.
Restait alors un seul homme debout.
Le seul double sans-faute
Au final, seul « PG » Bucci avec pourtant tout un pays sur les épaules en tant que dernier représentant du Tricolore, sera parvenu à sécuriser un deuxième parcours clair.
Appliqué, Précis, fluide, parfaitement synchronisé. Grazie mille. Arrivederci.
Pas besoin de barrage lorsque personne ne parvient à faire mieux.
Le public romain pouvait enfin exploser.

Une machine à gagner
Ce succès n’arrive pas de nulle part.
Depuis le début de l’année, Bucci et Pallieter vd N.Ranch enfilent les Grands Prix comme d’autres remplissent leur album Panini.
Début mars, le couple remportait le Grand Prix 3* de Valencia.
Un mois plus tard, il s’imposait dans le Grand Prix 4* de Bedizzole.
Il y a à peine cinq semaines, il frappait encore plus fort en décrochant le Grand Prix 5* de Mexico.
Rome vient compléter la série. Trois niveaux. Trois pays. Quatre Grands Prix.
Toujours la même conclusion. Pallieter gagne.
Et quand les étoiles augmentent, le cheval semble simplement hausser les épaules.

« La victoire de toute une équipe »
L’émotion était palpable à l’arrivée.
« C’est une victoire extraordinaire pour nous mais aussi pour tous ceux qui sont derrière et qui contribuent à ces résultats. C’est aussi la victoire de toute l’équipe », confiait Bucci après son triomphe.
Une déclaration à l’image du cavalier italien : sobre, collective et tournée vers ceux qui travaillent loin des projecteurs.

Le ciel est blu azzurro
À 50 ans, Piergiorgio Bucci pointe au 28e rang mondial.
Mais les chiffres racontent mal son état de forme actuel.
Car l’Italien semble évoluer à l’un des meilleurs niveaux de sa carrière.
Et surtout, il dispose d’un piquet capable de faire rêver n’importe quel sélectionneur : Pallieter vd N.Ranch (11 ans), Hantano (14 ans) et Istanbul du Cèdre (8 ans).
Pour l’Italie, le centenaire de Piazza di Siena a trouvé son héros. Pour le reste du monde, le message est plus simple. Piergiorgio Bucci n’a peut-être jamais été aussi fort. À 50 ans, le cavalier de L’Aquila n’est pas en train de prolonger sa carrière. Il est en train d’en écrire le plus beau chapitre. Et de l’autre côté des Alpes, l’horizon n’a jamais semblé aussi blu azzurro.
Retrouvez les résultats complets du Rolex Grand Prix de Rome ici
(Photos © Rolex Series)