New York fait son cinéma, Prague prend le pouvoir

Publié par Sébastien Boulanger le 05/06/2026

À Cannes, il y a les stars qui montent les marches. Et puis il y a celles qui montent les obstacles. Vendredi soir, sous les projecteurs du stade équestre posé à deux foulées de la Croisette, la Global Champions League a offert un scénario digne d’un blockbuster de fin de festival : des rebondissements à chaque séquence, des favoris qui explosent en plein vol, des outsiders qui remontent du fond de l’affiche et un final au suspense insoutenable.

Au générique de fin, un seul nom apparaît en lettres capitales : New York Empire

Pas forcément les plus flamboyants, mais les plus propres. Dans une soirée où les barres tombaient comme des critiques assassines après une avant-première ratée, l’équipe américaine a remporté l’étape cannoise en réalisant l’exploit que personne d’autre n’a réussi : ne faire tomber aucune barre sur l’ensemble de l’épreuve.

Brash, le sang-froid écossais

Quand la pression a commencé à transformer la piste en cocotte-minute, Scott Brash a ressorti son costume de vétéran des grandes soirées.

D’abord un sans-faute précieux avec Hello Jefferson dans la première manche. Puis, au moment où tout pouvait basculer, une seconde manche maîtrisée avec Hello Chadora Lady. Une seule faute de temps. Pas une barre. Pas un tremblement.

À ses côtés, le jeune Max Wachman a joué le rôle du parfait lieutenant. Deux parcours solides avec Fancy de Kergane, quelques secondes envolées au chrono, mais aucune catastrophe. Résultat : cinq points de temps cumulés et une victoire construite à l’ancienne, avec du sang-froid et des calculs.

« L’ambiance ici est toujours incroyable sous les lumières », soufflait Brash après coup. Une façon élégante de résumer une soirée où les décibels montaient aussi vite que la tension.

Les Falcons surgissent de nulle part

L’histoire de la soirée aurait pourtant pu être celle des Doha Falcons.

Sixièmes après la première manche, Jessica Mendoza et Sanne Thijssen ont lancé une remontée qui a progressivement transformé les tribunes en salle de marché en plein krach.

Mendoza a effacé ses huit points initiaux grâce à un parcours parfait avec In The Air. Puis Sanne Thijssen, impériale sur Cupcake Z, a signé un deuxième sans-faute consécutif.

D’un coup, les Falcons se sont retrouvés perchés à la deuxième place, observant leurs concurrents s’effondrer les uns après les autres.

« On regardait les équipes derrière nous perdre des points et on est restés au bord de notre siège jusqu’au bout », racontait Mendoza, découverte émerveillée de la magie cannoise.

Ils échouent finalement à seulement trois points des vainqueurs. Cruel. Mais suffisamment spectaculaire pour marquer les esprits.

Prague, la machine à points

Pendant que New York célébrait, Prague Lions  faisait peut-être l’opération la plus importante de la soirée.

Pas de victoire. Pas d’explosion de joie. Juste une démonstration de régularité.

Thibeau Spits et Pieter Devos ont avancé comme des comptables armés de calculettes géantes. Quelques fautes, jamais trop. Toujours dans le rythme. Toujours dans le coup.

Troisième à Cannes avec douze points, Prague repart surtout avec quelque chose de beaucoup plus précieux : le brassard de leader du championnat.

« Nous étions venus pour protéger notre position », expliquait Devos. Mission accomplie et même davantage.

Avec 89 points, les Lions dominent désormais le classement général.

Cannes, théâtre des chutes inattendues

Comme dans tout bon film catastrophe, il fallait quelques victimes célèbres.

Les tenants du titre, les St Tropez Pirates, ont quitté la scène dès la première manche après une double élimination aussi brutale qu’inattendue.

Même sort pour les Scandinavian Vikings, rapidement coulés après l’abandon de Jur Vrieling.

Plus tard, les Shanghai Swans de Deusser et Cadasei, deuxièmes au départ de la deuxième manche, se sont effondrés sous la pression de la deuxième manche.

Les Riyadh Knights ont carrément vu leur aventure se terminer par une élimination d’Emanuele Gaudiano Alors que Tom Wachman était déjà sorti de piste avec 11 points.

Pendant ce temps, les Basel Cosmopolitans, les Monaco Aces et les favoris locaux des Cannes Stars  regardaient le podiums s’éloigner à chaque barre qui tombait.

À Cannes, vendredi soir, personne n’était à l’abri.

Une bataille pour le titre plus folle que jamais

La véritable conséquence de cette étape n’est peut-être pas la victoire de New York.

Elle se trouve dans le classement général.

Prague mène désormais avec 89 points. Derrière, les Istanbul Warriors sont à une longueur. LesBasel Cosmopolitans à trois. New York bondit au quatrième rang grâce à son succès azuréen. Et les Monaco Aces restent dans le rétroviseur.

Les cinq premières équipes se tiennent désormais en treize points.

Autrement dit : rien.

Lors de chaque anche, la GCL version 2026 ressemble de plus en plus à un sprint lors du dernier tour d’un GP Formule 1.

Retrouvez les résultats complets de la GCL de Cannes ici

(Photos ©LGCT/Stefano Grasso)

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