À Gassin, la France gagne à la maison, la Belgique gagne son billet

Publié par Sébastien Boulanger le 21/09/2026

Il y avait le soleil de Saint-Tropez, les tribunes françaises et un parcours qui n’avait aucune intention de participer à la carte postale. Au bout d’une Longines League of Nations sous haute tension, la France s’impose à domicile avec quatre points, devant le Brésil et une Belgique héroïque. Troisièmes après une deuxième manche parfaite, les hommes de Peter Weinberg décrochent surtout ce qu’ils étaient venus chercher : leur billet pour la finale de Barcelone.

La France avait réservé la meilleure table

Gagner à Saint-Tropez, c’est bien. Gagner à Saint-Tropez devant son public, avec le Brésil dans le rétroviseur et une deuxième manche où la moindre barre peut transformer le champagne en eau gazeuse, c’est encore mieux.

La France d’Édouard Couperie a parfaitement négocié la dernière étape qualificative de la Longines League of Nations 2026. Nina Mallevaey et Destine to BeAntoine Ermann et Floyd des PresSimon Delestre et Gatsby du Tillard, ainsi que Julien Epaillard et Donatello d’Auge terminent avec quatre petits points au compteur.

Après les quatre points de Nina Mallevaey en première manche, et ceux de Simon Delestre effacés par le discard score, les Bleus ont fermé la boutique au second tour : Ermann, Mallevaey et Delestre, trois parcours, trois sans-faute.

Dans le format LLN, où le joker disparaît en deuxième manche, c’est à peu près l’équivalent de rendre une copie sans rature pendant que le surveillant regarde par-dessus votre épaule.

Le Brésil, pourtant impeccable au premier tour avec un score vierge, a fini par céder. Stephan de Freitas Barcha avait déjà laissé une barre au sol lorsque Marlon Modolo Zanotelli et Charly Heart ont fait tomber l’avant-dernier obstacle.

Huit points au total. La France n’en avait que quatre.

Les jeux étaient faits.

Delestre, Gatsby et le silence avant l’explosion

Encore fallait-il mettre le couvercle sur la casserole.

Avec Gatsby du Tillard, hongre Selle Français de dix ans qui disputait sa première Coupe des Nations, Simon Delestre s’est élancé avec une équation assez simple : rester à zéro et mettre toute la pression du monde sur le dernier Brésilien.

Mission accomplie.

Gassin s’est tu pendant quelques dizaines de secondes. Puis Gatsby a franchi la ligne sans toucher une barre et le Polo Club Saint-Tropez – Haras de Gassin a retrouvé sa voix.

« Aller en dernier dans ce genre de compétition avec la possibilité de gagner pour l’équipe, c’est très difficile », reconnaissait Delestre après son parcours. « Mais quand on y arrive, c’est aussi une sensation fantastique. »

Le Brésil pouvait encore provoquer un barrage. Il lui fallait un sans-faute de Zanotelli et Charly Heart.

L’avant-dernier obstacle en a décidé autrement.

Pour la Belgique, trois zéros qui valent cher

Derrière le duel franco-brésilien, une autre bataille se jouait. Et pour Peter Weinberg, elle avait un nom : Barcelone.

La Belgique arrivait à Gassin en huitième position du classement général avec 165 points, seulement cinq unités devant l’Italie. Autrement dit, le billet pour la finale était encore loin d’être composté.

Après la première manche, les Belges pointaient à huit points. Les douze unités de Jos Verlooy et Nixon van ’t Meulenhof étaient écartées, Niels Bruynseels et Oaky Flandria en comptaient huit, tandis que Jérôme Guery et Quito de Mariposa et Abdel Saïd avec Wathnan Bonne Amie avaient gardé leur compteur à zéro.

Puis le joker a disparu.

Trois cavaliers en deuxième manche. Trois scores qui comptent. Pas de gomme au bout du crayon.

Bruynseels a d’abord effacé son premier passage avec un sans-faute d’Oaky Flandria. Guery a ensuite récidivé avec Quito de Mariposa, signant un double sans-faute pour ce couple qui ne disputait que sa deuxième Coupe des Nations après Dublin, et sa première LLN.

Restait Abdel Saïd.

Avec Wathnan Bonne Amie, lui aussi était sans faute au premier tour. Et avec le podium et Barcelone dans la balance, le Belge n’a pas davantage tremblé au second.

Encore zéro.

Trois Belges, trois sans-faute dans la manche où aucun score ne pouvait être effacé. Guery et Saïd doubles sans-faute sur l’ensemble de la journée.

Difficile de faire plus propre au moment où il fallait justement éviter les taches.

1,12 seconde

La Belgique termine donc avec huit points. Exactement comme le Brésil.

La différence ? 1,12 seconde.

Les Brésiliens bouclent leur deuxième manche en 216,32 secondes, les Belges en 217,44. Une poignée de dixièmes supplémentaires et la Belgique monte sur la troisième marche plutôt que sur la deuxième.

France 4. Brésil 8. Belgique 8.

Mais pour les hommes de Peter Weinberg, l’essentiel se trouve moins dans la couleur de la médaille que dans la destination inscrite sur le billet.

Prochain arrêt : Barcelone

Grâce à ce podium, la Belgique boucle la phase qualificative avec 245 points, à la sixième place du classement général.

Direction Barcelone.

La France termine en tête avec 290 points, devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne, 275. Suivent le Brésil (270), l’Irlande (265), la Belgique (245), puis les États-Unis et l’Italie avec 230 points. Les Pays-Bas et la Suisse restent à quai.

Le week-end varois confirme aussi la place de la Belgique parmi les nations fortes du moment. Au classement servant de référence à la qualification pour la prochaine saison de Longines League of Nations, les Belges occupaient encore la troisième place début septembre, derrière les États-Unis et l’Allemagne.

La France quitte donc sa Côte d’Azur avec la victoire et un deuxième succès cette saison. Le Brésil pourra longtemps repenser à cette avant-dernière barre. Et la Belgique repart avec un podium et, surtout, ce qu’elle était venue chercher.

Barcelone.

Avec trois zéros au moment où il était interdit de se cacher, le billet est plutôt bien mérité.

Les résultats complets de la LLN de St Tropez Gassin ici

Photos ©FEI/Massimo Argenziano

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